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Pays Basque

Fertiladour: au "non" des victimes

26/06/2009

Ramuntxo GARBISU

Une page de l'usine boucalaise Fertiladour vient d'être tournée hier matin à Bordeaux, comme nous l'annoncions vendredi dernier : la Région Aquitaine a budgétisé la possibilité d'être acquéreur pour 6 millions d'euros de ces 8 hectares de foncier à destination de l'activité économique du Port de Bayonne, mais la dépollution par l'industriel des terres souillées par de la radioactivité, adoptée à la majorité, sera donc préalable à toute transaction des terrains.

C'est par une intervention sans détours du groupe des Verts, défendue par Jean Lissar, qu'a été finalement ajoutée une clause obligatoire qui prévient toute possibilité pour le propriétaire de l'ex-usine Fertiladour du Boucau d'échapper au principe du pollueur-payeur.

Dénonçant les «conditions calamiteuses tant qu'environnementales que sanitaires», ayant affecté les travailleurs de l'usine («qui ont déjà payé un lourd tribut au prix de leur santé»), mais également les riverains, Fertiladour est, pour les Verts, «un scandale comparable à l'amiante».

Des associations «sur le terrain»

Une page inattendue, mais espérée depuis de nombreuses années par des associations comme le CADE ou Aloes-Boucau qui n'ont eu de cesse d'exiger des relevés radiamétriques des 8 hectares, quand ils ne menaient pas eux-mêmes de multiples mesures sur des points présentant des taux de radioactivité 20 fois supérieurs à la limite autorisée.

Ce ne sera pas celle de l'oubli, de cette «radioactivité naturelle» comme l'a décrit le Directeur de Fertiladour, ni celle de l'enfouissement satisfaisant des terres sous une couche de graviers et d'une radioprotection acceptable «à un mètre du sol».

Non, ce sera bien celle d'une expertise indépendante, confiée à un organisme d'étude comme la Crii-Rad : en octobre dernier, Roland Desbordes, son Président, ne cachait nullement sa colère, dans nos colonnes, sur ce traitement de «crotte de chat».

Un tribut payé par ses salariés

Les Verts ont tenu à rendre hommage aux associations confrontées à l'attitude d'un industriel qui, «loin d'assumer ses responsabilités, a au contraire tenté de tout faire pour se dérober à ses obligations», mais également, celle, «détestable», du représentant de l'Etat qui n'aura diligenté aucune action coercitive contre Fertiladour.

Et elle se conclut par la nécessité du «respect envers la mémoire des victimes de ce scandale, mais aussi pour éviter dans le futur qu'il ne se reproduise pour le personnel qui aura à travailler sur ce site».

Sa vente sera donc retardée

La déclaration de cessation d'activité de Fertiladour, envisagée pour cet été, comportera son nombre de servitudes et de contraintes que Michel Amiel, l'inspecteur de la DRIRE, chargé de la surveillance du site depuis 2000, considérait comme «dans les clous» et acceptables pour l'acquéreur.

Celui-ci, la Région désormais, ne se fiera plus à ce seul avis, et il faudra sans doute attendre début 2010 pour obtenir les conclusions de l'organisme indépendant.

Un trop grand écart entre ces deux rapports prouverait alors que, malgré la loi qui les impose pour la sécurité des citoyens, certains «garde-fous» sont en place depuis trop longtemps.

inprimatu