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CCI: "Sans la LGV,le Pays Basque serait un goulot d'étranglement"

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13/06/2009

ENTRETIEN/ Jean-Marie BERCKMANS / Président de la CCI Bayonne-Pays Basque

Depuis les déclarations de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie sur la création d'une nouvelle voie LGV, la polémique s'amplifie. Le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie, Jean-Marie Berkcmans, défenseur d'une nouvelle ligne qui traverserait le Pays Basque, revient sur le débat de ces dernières semaines.

En tant que représentant de la CCI, comment avez-vous su que Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat au Transport, le président de RFF et la ministre de l'Intérieur s'étaient réunis et avaient défini des orientations sur le projet de LGV ? A quel stade de l'instruction en sont les décisions prises alors ?

C'est par la presse que nous avons pris connaissance de cette réunion. Aucun courrier relatif aux décisions prises à cette occasion ne nous est parvenu.

Dans l'entretien accordé au Journal du Pays Basque, M. Alliot-Marie dit : «depuis des années, et jusqu'à ces dernières semaines, j'ai rencontré et discuté avec les élus (...) et avec les représentants des Chambres de Commerce». Vous a-t-elle consulté sur l'accord qu'elle a conclu avec D. Bussereau et le président de RFF sur l'arrêt des études sur la nouvelle voie LGV ?

Non. En tant que Président de la CCI de Bayonne Pays Basque ou Président de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie Aquitaine, je n'ai pas été sollicité et n'ai participé à aucune réunion de concertation sur l'arrêt des études concernant la LGV SEA.

Elle déclare aussi que le service donné par les voies existantes serait le même que celui qu'offrirait une nouvelle voie. Elle ajoute : «c'est ce que dit RFF». D'autres spécialistes en disent autant. Qu'en pensez-vous ? Et si vous n'êtes pas d'accord avec cela, expliquez-nous en quoi le service serait différent ou incompatible avec le projet LGV européen.

Toutes les analyses émanant de RFF et largement diffusées lors du débat public, affirment le contraire.

Comment peut-on imaginer que la ligne actuelle, construite en 1842, à une époque où Bayonne comptait 17 000 habitants et Biarritz 1 800, puisse supporter le futur TGV, l'accroissement inévitable du trafic de marchandises généré par le nouvel écartement du chemin de fer espagnol, le développement annoncé par le Conseil Régional des TER, sans parler du transport en site propre entre Bayonne et Saint-Sébastien.

Par ailleurs, les aménagements de la voie actuelle aboutiraient à un enfer écologique pour les riverains de la zone la plus urbanisée du Pays Basque qui devront subir des travaux importants et surtout un accroissement massif du trafic, multiplié au moins par 10.

Enfin, l'aménagement de la voie actuelle conduirait à créer au Pays Basque un «goulet d'étranglement» réduit à deux voies alors que quatre voies arriveront à la frontière à compter de 2015 et aux portes de Bayonne en 2018.

Sur le territoire français, on justifie une nouvelle LGV par le fait qu'elle permettrait de développer le fret, ce qui serait bon pour l'environnement et ce qui pourrait apporter une dynamisation de l'économie là où sont les gares LGV. Cependant, sur le territoire espagnol, et plus précisément concernant «l'Y Basque», on parle d'un service adressé plutôt aux voyageurs. Le coordinateur européen du projet, Etienne Davignon pointe aussi cette incohérence. En tant qu'acteur économique de ce pays, qu'en dites-vous ?

L'analyse précise du projet au Sud et au Nord de la Bidassoa montre qu'il a été conçu comme une ligne mixte destinée au fret et au transport des voyageurs.

J'ajoute que les gains attendus d'une nouvelle ligne, tant sur le plan environnemental que sur le plan économique concernent aussi bien le fret que le transport voyageurs.

Mettre Bayonne à 50mn de Bilbao et de Bordeaux, à 1h45 de Toulouse, 2h40 de Madrid et 3 heures de Paris et cela grâce à un moyen de transport sûr, écologique et au meilleur coût est un progrès considérable, tant pour nos concitoyens que pour nos entreprises dont le développement est aujourd'hui freiné par un transport aérien parmi les plus chers d'Europe.

Goizeder TABERNA

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