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MAM défend sa position sur la LGV

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11/06/2009

ENTRETIEN/ Michèle ALLIOT-MARIE / Ministre de l'Intérieur

Les déclarations sur la LGV de Michèle Alliot-Marie ont ravivé les braises encore chaudes au Pays Basque nord. Les responsables européens du projet de LGV Sud Europe Atlantique reconnaissent avoir prévu les difficultés pour le tronçon du Pays Basque sud, cependant, la «complexité» de la situation au Pays Basque nord les a surpris. Et les propos tenus par la ministre de l'Intérieur n'ont pas arrangé les choses, admettent-ils. Dans ces colonnes, cette dernière s'explique à travers un entretien réalisé par courrier électronique. Cet entretien coïncide avec l'envoi du Gouvernement français d'un courrier réitérant «l'engagement politique» de la France dans ce projet «de grande importance».

Vous avez pris la décision avec M. Dominique Bussereau d'arrêter les études sur la création d'une nouvelle voie à grande vitesse entre Bayonne et Hendaye. Sans nouvelle voie transfrontalière reliant la Communauté autonome basque et Bayonne et remplissant les critères fixés par l'Union Européenne, les financements européens disparaîtraient. Le tronçon Bordeaux-Hendaye peut-il être réalisé sans la contribution européenne ? Quelle sera la part de chaque participant au financement?

Je suis favorable, comme de nombreux élus locaux et habitants de la Côte Basque, à la liaison grande vitesse entre Bordeaux-Dax-Vitoria-Madrid. Je l'ai toujours dit.

La question posée est celle de la nécessité ou non d'assurer cette liaison d'une deuxième voie qui traverserait l'environnement extrêmement sensible de la Côte Basque.

Les arguments et les réponses faites aux élus et habitants de la Côte Basque depuis plusieurs années étaient flous, voire contradictoires. J'ai donc tenu en avril une réunion de concertation avec Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports et le Président de Réseau Ferré de France pour faire un point.

A cette occasion, le Président de RFF a reconnu que la liaison à grande vitesse pouvait parfaitement être satisfaite avec la voie actuelle, sous réserve de quelques aménagements qui sont prévus. La nécessité d'une nouvelle voie n'apparaîtra que lorsque l'actuelle sera saturée, ce qui, selon RFF, ne devrait pas être le cas avant 20 ans, et ce qui ne serait pas du tout le cas si une voie dédiée au fret était réalisée plus à l'intérieur des terres. Des études, apparemment, sont conduites en ce sens depuis quelque temps.

Nous avons donc ensemble conclu qu'il n'était pas nécessaire de poursuivre aujourd'hui des études pour une seconde voie entre Bayonne et Biriatou qui ne sera peut-être nécessaire que dans 20 ans ou jamais. Ce sont ces orientations que l'on retrouve dans le relevé de décision.

Rien dans ces décisions ne remet en cause la LGV. sur aucune partie de son parcours. Au contraire, sa réalisation pourra être plus rapide car ne nécessitant que des travaux moins importants.

S'agissant du financement, le plan avancé du tronçon Tours-Bordeaux n'est, semble-t-il, toujours pas validé ! Cette question n'est donc a fortiori pas tranchée pour le tronçon Bayonne-Espagne, ou alors cela signifierait que des accords ont été pris dans le dos des élus et des ministres.

Pourquoi demandez-vous à RFF de lancer les études pour la réalisation d'une nouvelle voie pour le fret, alors que les voies existantes pourraient assurer ce transport ? Nous pourrions nous demander si c'est une manoeuvre pour déplacer le problème vers le centre des Pyrénées ? Pourriez-vous préciser la localisation et les échéances pour cette nouvelle voie destinée au fret ?

D'abord je ne demande rien directement car cela ne relève pas de ma compétence.

L'argument majeur des tenants de la construction d'une deuxième voie pour la LGV est la saturation de la voie existante en raison du fret. Si cela arrivait un jour, je m'interroge -ce qui est mon droit et même mon devoir d'élue- sur le meilleur tracé d'une ligne qui serait essentiellement consacrée au fret. Il se trouve visiblement que RFF y réfléchit aussi depuis quelque temps.

Les voisins du sud doutent des garanties que vous donnez sur le maintien du service que leur aurait donné une nouvelle voie à grande vitesse. Pourront-ils bénéficier du même service avec les voies existantes ?

La liaison à grande vitesse peut passer sans difficulté sur la ligne actuelle dès lors que celle-ci sera aménagée. C'est ce que dit RFF. C'est ce qui est prévu. Cette position ne gêne en rien l'arrivée de la LGV Paris-Bordeaux-Espagne à Bayonne, puis la connexion par la voie existante à la LGV San Sebastian-Madrid vers le Sud de l'Europe, comme prévu.

Certains, notamment le Conseil économique et social régional d'Aquitaine, vous ont reproché le manque de concertation. Avez-vous pris cette décision en concertation avec les institutions et les Etats impliqués dans ce projet ? Comment justifiez-vous cette façon de faire ?

Depuis des années, et jusqu'à ces dernières semaines, j'ai rencontré et discuté avec les élus régionaux comme locaux et avec les représentants des Chambres de Commerce. Chacun connaissait, beaucoup disaient approuver, les analyses que je portais, mais visiblement sans jamais y donner suite. Les maires et associations qui participaient à toutes les réunions dites de concertation me disaient avoir le même sentiment que l'on voulait les mettre devant le fait accompli. Il y a un moment où cette forme de mépris est intolérable.

J'ai réuni le Secrétaire d'Etat aux transports et le Président de RFF parce que des engagements que j'avais reçus à plusieurs reprises semblaient être remis en cause par la technostructure.

Comme le projet global n'est modifié ni dans son résultat, ni dans son calendrier, je ne vois pas où est le fondement d'une telle critique. Et ceux qui me reprochent de ne pas les avoir contactés, n'ont toujours pas pris le temps de m'appeler pour vérifier ce qui a été discuté. Cela leur aurait évité des craintes infondées.

Depuis une semaine, de nombreux responsables politiques critiquent cette décision. Les représentants du parti auquel vous appartenez ne vous épargnent pas non plus. Elle a été prise entre les représentants de deux ministères et pourtant, vous vous retrouvez seule à défendre ce choix. Nous pourrions douter de la solidité de cette décision...

Depuis une semaine, j'ai surtout reçu publiquement beaucoup de soutien de la part de ceux qui, tous partis confondus, sont directement concernés par l'environnement de la Côte Basque : les présidents des Communautés de communes concernées, des conseillers généraux, des citoyens.

J'ai la conviction que cette solution répond aux attentes légitimes exprimées par les élus et les habitants de la Côte Basque en matière de développement équilibré et durable de leur territoire.

Propos recueillis par Goizeder TABERNA

 
Jon Anza : MAM reste sobre

Lors de sa visite à Biarritz, le 30 mai, une manifestation attendait la ministre de l'Intérieur. Près de 400 personnes lui demandaient des explications sur la disparition de Jon Anza, dont la famille n'a plus de nouvelles depuis le 18 mai, malgré les recherches de la police judiciaire. L'ETA reproche aux Etats français et espagnol de l'avoir enlevé. Le JPB lui a demandé de réagir, cependant, Michèle Alliot-Marie ne rentre pas dans l'interprétation des faits et déclare : «Le 18 mai 2009, la Police judiciaire de Bordeaux a été saisie de l'enquête relative aux circonstances de la disparition de Juan-Maria Anza-Ortunez. A ce stade de l'enquête, aucune piste n'est privilégiée par les enquêteurs. Les investigations se poursuivent.»

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