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Sports - Pelote

La main nue en Amérique

Son nom est anglais est pourtant le Frontball est né au Pays Basque. Sport au confluent des diverses pratiques de la main nue dans le monde, le frontball embarque aujourd’hui pour New-York. Les pionniers : Jean-Michel Idiart, président de l’EPB, les pilotari Waltari et Larrechea

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03/06/2009

Marc DUFRECHE

Franck Sinatra le chante dans «New York» : «New York it up to you». «Ca dépend de toi» en version française. Sous entendu «vas y fonce, New York est prêt à t'accueillir». C'est dans cet esprit que Jean-Michel Idiart, Agusti Waltari et Olivier Larrechea partent aujourd'hui à la conquête de big apple, et du monde, avec sous le bras une nouvelle pratique de la pelote : le Frontball. «On y va comme des pionniers», dit Jean-Michel Idiart. Après Anglet l'an dernier pour un premier test concluant, c'est cette fois en plein poumon new-yorkais, à Central Park, que le frontball s'installe pour le deuxième tournoi de son histoire. Une nouvelle étape qui devrait permettre la création à l'horizon 2010 d'un circuit international de frontball.

C'est sous l'égide de l'EPB, élite pro pelote, présidée par Jean-Michel Idiart que va se dérouler la compétition new-yorkaise durant toute la journée du samedi 6 juin. Mais avant que la critique ne s'élève, Jean-Michel Idiart tient bien à préciser qu'»il n'est pas question de voir le frontball se substituer un jour à la pelote basque trinquet». «La pelote en trinquet est un formidable sport que l'on continuera à développer,» insiste le président de l'EPB.

«Quel immigrant irlandais vous a appris à jouer à la pelote ?»

Précision faite, place donc au frontball, un sport au confluent de nombreuses pratiques de pelote. Car n'en déplaise à quelques puristes, la pelote n'est pas seulement basque. Une balle et un mur, voilà une pratique tout ce qu'il y a de plus universelle. Ainsi le président de la fédération irlandaise de main nue, Irish handball, en voyage au Pays Basque avait eu cette phrase : «quel Irlandais a émigré ici pour vous apprendre à jouer à la pelote?» En Irlande, le handball c'est 8500 licenciés qui jouent dans des squashs avec une pelote pleine.

Le handball, voilà donc ce cousin de la pelote basque, que l'on retrouve également dans les banlieues populaires des grandes villes américaines. Un sport de rue particulièrement présent dans le Bronx new-yorkais ou encore du côté de Brooklyn. Logique quand on sait que la pelote fut effectivement emmenée dans les bagages des premiers immigrants irlandais. Mais au lieu de trois murs, les Américains utilisent un mur et une balle molle, qu'il nomme la big blue en référence à sa couleur bleue. Mais contrairement à l'Irlande, le handball américain est une pratique sans vraie structure. Un sport de rue.

Jean Michel Idiart raconte comment est né le frontball : «Lorsqu'avec mon ami Oscar Rekalde de Donostia nous avons fait le tour d'horizon des différentes pratiques de la pelote, on s'est dit qu'il serait bien de créer une spécialité au carrefour de tous ces styles de pelotes». L'objectif fut alors de trouver des moyens simples pour permettre aux meilleurs de chaque pratique de s'affronter.

Test en catimini

Jean-Michel idiart va alors développer une pelote spéciale avec la collaboration du fabricant luzien Ander Ugarte. D'un diamètre plus petit que la pelote trinquet, la pelote frontball pèse 70 grammes contre 85 en trinquet et 65 en handball. Pour l'espace de jeu, Idiart préconise une sorte de mini-place libre. La même que celle du handball américain, mais contrairement à ce dernier une raie est tracé sur le mur.

C'est en 2007 et en catimini que le premier test sera fait au pays basque nord avec deux Américains et des pilotari de l'EPB. «On a été surpris par le niveau», raconte Jean-Michel Idiart. Ce dernier décide alors d'embarquer pour les Etats Unis début 2008 où il essaye à nouveau le concept. Essai concluant et à son retour le président de l'EPB se lance dans l'organisation d'un premier tournoi. La ville d'Anglet est enthousiaste et héberge l'évènement à El Hogar. Les meilleurs du handball américain se frottent ce week-end là aux spécialistes du trinquet. Ce test sera un succès populaire avec pour la petite histoire la victoire du Cubain Agusti Waltari. New York ce week-end est donc le second test. Un lieu et un moment important pour cette discipline naissante qui pour se développer devra trouver des partenaires financiers. Rapidement d'ailleurs, Jean-Michel Idiart souhaiterait organiser des tournois un peu partout dans le monde.

Le challenge est dur mais à voir l'enthousiasme du président de l'EPB, il est rafraîchissant. «Ce qui est bien c'est qu'il y a tout à créer dans la discipline, notamment autour des tournois». Bien sûr les arts de la rue, hip-hop et DJ ont rapidement trouvé leur place... mais ce n'est là que le début car Jean Michel Idiart a les cartons pleins d'idées. Mais prudent il ne souhaite rien dévoiler aujourd'hui préférant se focaliser sur la réunion new-yorkaise. Le début d'un rêve américain... non d'un rêve universel.


18 joueurs pour un titre

Jean-Michel Idiart embarque aujourd'hui depuis l'aéroport de Biarritz en compagnie d'Agusti Waltari, d'Olivier Larrechea mais aussi des pilotari du Pays Basque sud A. Errazkin et I. Etcheverria. Ils seront rejoints à New-York par quatre Mexicains dont Medina Espinoza et Martin Caballero. Sur place les attendent les meilleurs mondiaux du handball qu'on avait pu voir à Anglet l'an dernier : PW Castro, Wright, Polanco, Sala,...

Le tournoi se déroulera sous la forme six poules de trois joueurs. Les parties de poule se disputeront toutes samedi 6 juin au matin. Les quatre premiers ainsi que les deux meilleurs seconds se qualifieront pour les quarts de finale. Viendront ensuite les demi-finales et la finale. Le gagnant empochera la somme de 3000 dollars.

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