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Sujet à la une

La solution microcrédit

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02/06/2009

Claire REVENU-JOMIER

«Des gens qui ne me connaissaient pas m'ont fait confiance, c'est ce qui m'a le plus aidée» : avant se lancer son activité de vente ambulante sur les marchés en 2003, Roza Sbais était au RMI. C'est l'Adie (Association pour le Droit à l'Initiative Economique) qui accompagné son projet.

L'association donne un coup d'accélérateur à l'incitation faite aux personnes modestes désireuses de créer leur propre activité, dans un contexte économique difficile. «Le public de l'Adie c'est 60 à 70 % de chômeurs de longue durée et de bénéficiaires du RMI» explique Charlotte Bouguet, responsable de l'accompagnement en Aquitaine Sud, basée à Jorlis à Anglet. «Les gens s'adressent à l'Adie parce qu'ils ont besoin d'un financement. L'Adie prête jusqu'à 11 000 euros selon certains critères qui sont l'esprit d'initiative, la capacité de rebondir, un réseau. Ensuite nous étudions leur capacité de remboursement. Ils viennent vers nous quand les banques ont refusé de leur prêter la somme dont ils ont besoin. Certains même ne se sont pas tournés vers une banque parce qu'ils n'ont pas osé».

Création d'emploi

L'Adie est une association reconnue d'utilité publique qui aide des personnes exclues du marché du travail et du système bancaire classique à créer leur entreprise grâce au microcrédit. Créée en décembre 1988 par Maria Nowak en adaptant au territoire français le principe du microcrédit développé au Bangladesh par le lauréat du Prix Nobel de la paix 2006, Muhammad Yunus, l'Adie connaît depuis le début des années 2000 une forte croissance de son activité. En 2008, elle a accordé dans l'Hexagone près de 13 000 microcrédits à des porteurs de projets qui n'avaient pas accès aux banques. Elle table sur une progression de 30% en 2009.

Face à la crise, le microcrédit est pour beaucoup de personnes en difficulté un moyen de créer leur propre emploi. Cette création est encore facilitée par le statut d'auto-entrepreneur et les services d'accompagnement portés par l'Adie.

«L'Adie connaît un meilleur taux de remboursement que les banques» poursuit Charlotte Bouguet. «C'est dû à l'accompagnement des personnes que nous aidons, à la confiance que nous leur accordons qui fait qu'ils mettent un point d'honneur à nous rembourser, et également au fait que l'Adie est très réactive en cas de difficultés signalées».

Concrètement, l'Adie emprunte à ses banques partenaires et prête ensuite l'argent aux entrepreneurs. 90% des dossiers sont déposés par des entreprises individuelles ou des auto-entrepreneurs, les autres par de très petites sociétés. L'Adie a participé à la mise en place du statut d'auto-entrepreneur qui connaît un succès grandissant.

«Nous avons aidé des projets aussi divers que de la vente ambulante, de la vente à la personne, de la petite restauration, de la prestation informatique (dépannage, création de site web), une librairie à Bayonne Saint-esprit, un plombier, une entreprise de décoration, une société d'événementiel, les cabanes d'hôtes à Itxassou... Le nombre de dossiers est en progression : de 70 en 2007, il devrait dépasser la centaine en 2009». Selon la responsable de l'association, la crise économique contribue sans doute à une prise de conscience qu'il y a des alternatives à l'emploi salarié.

Confiance

Roza Sbais, elle, s'est lancée dans la vente ambulante. À Ciboure, Socoa, Hasparren ou Peyrehorade elle fait les marchés, où elle vend chapeaux, sacs en cuir, babouches, ceintures et paniers. «La confiance que Charlotte Bouguet, de l'Adie, m'a accordée m'a motivée plus que tout. Quand mon dossier a été accepté en quelques jours, j'ai craqué, j'ai pleuré, j'avais peur de franchir le pas, de passer du statut de «rien» à celui d' «entrepreneur». Je veux souligner l'importance de l'accompagnement. Depuis mon installation, j'ai encore fait appel à l'association, pour me relancer car j'avais un problème de véhicule. Dès qu'il y a un problème, ils sont là».

Entre 1997 et 2008, près de 500 petites entreprises ont été créées ou développées en Pays Basque, dont 300 sur la Communauté d'agglomération du BAB avec le soutien de l'Adie.

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