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Cap vert : une descente de volcan en kayak et snowboard

Camille de Faucompret et Eric Deguil, deux sportifs de l’extrême, ont descendu en surf des neiges et en kayak les pentes du Fogo, un volcan en activité situé dans l’archipel du Cap Vert

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28/05/2009

Patrick FILLEUX

Glisser en kayak de rivière et snowboard, à 50 km/h, sur la pente cendreuse inclinée à 40° d’un volcan en activité, n’avait jamais été réalisé : cette “première” a été réussie le 8 mai dernier, sur le flanc du Fogo, dans l’archipel du Cap-Vert, par la championne de France de “planche de neige”, Camille de Faucompret et le kayakiste de l’extrême, Eric Deguil.

Le volcan de Fogo - l’une des îles du Cap vert, au large du Sénégal - culmine à 2 850 m. Sa dernière éruption eut lieu en 1995. Camille, 23 ans et Eric, 27 ans, tous deux de Pau, comptent parmi les jeunes athlètes les plus performants dans leurs disciplines. La jeune fille est deux fois championne de France de snowboard (2 007 et 2 009), catégorie slalom géant parallèle. Elle est l’un des espoirs français pour les JO-2010 de Vancouver.

Eric appartient au club fermé des 8 meilleurs mondiaux en kayak extrême. L’année dernière en Caroline du Nord, aux Etats-Unis, il a remporté la plus difficile épreuve de cette discipline, la “Green race”, sur la rivière éponyme, classée 5+ sur l’échelle de difficultés qui va de 1 à 6 (6 étant considéré comme totalement impraticable).

Trois tentatives
“C’était un défi sportif, le Fogo, une escapade atypique et sans précédent, hors de nos éléments naturels, la neige et l’eau. Nous ignorions si c’était réalisable. C’est maintenant l’un des plus grands et plus beaux souvenirs de notre carrière”, ont dit les deux aventuriers de la glisse.

Première difficulté : escalader la pente cendreuse et raide pendant près de trois heures avec le matériel sur le dos. “Au sommet, paysage lunaire et vapeurs de souffre qui s’échappent du cratère. C’est irrespirable et un peu angoissant. Le monstre va-t-il se réveiller ?”, raconte Camille.

La piste de cendre gris foncé est praticable à mi-pente. “Nos deux premières tentatives ont échoué, ajoute la jeune championne. Le 2e jour, Eric a fini dans le décor à plus de 60 km/h et après plusieurs tonneaux. Moi, j’ai mis un peu de temps à comprendre que la glisse et les virages, sur ma planche, passaient par une importante prise de vitesse”. La 3e tentative fut la bonne le 8 mai. Eric Deguil se glisse dans son kayak de rivière de 2,50 m, comme un pied dans un sabot arrondi en polyéthylène. Epaisse veste de protection, gants et casque intégral. 27 °C à l’extérieur. Au loin miroitent les eaux de l’Atlantique. Camille de Faucompret a chaussé sa planche, harnachée comme son complice.

Une minute 30 de pur bonheur
Eric s’élance les pagaies en mains sur la partie la plus pentue du volcan, longue de 7 à 800 m. Camille se jette dans sa trace, le poids à l’arrière du snowboard devenu “ashboard” pour ne pas “enfourner” dans la cendre abrasive. L’un à la suite de l’autre, sans chute, ils enchaînent une vingtaine d’harmonieux virages entre les tracés directs. Et ça glisse tout seul, avec vitesse et élégance. “Ce fut une minute et trente secondes de pur et inoubliable bonheur, le moment parfait de symbiose avec la nature, une glissade inédite sur un terrain jamais expérimenté, avec les particules de cendre comme autant de minuscules gravillons qui ronflaient sous le kayak et la planche”, racontent-ils. A l’arrivée, le fond du kayak d’Eric était troué par l’échauffement. Le polyéthylène ne fond qu’à… 100 °C !

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