Pays Basque
Le collectif CAP'Eau pour "une nouvelle politique de l'eau en Adour-Garonne"

12/05/2009
Sébastien VAÏSSE
Hier matin, la question sensible de la gestion de l'eau était au coeur du débat à l'occasion de la conférence de presse du collectif CAP'Eau, qui regroupe une cinquantaine d'associations et fédérations du bassin Adour Garonne. Un collectif dont la première initiative est de «sensibiliser l'opinion publique et les élus sur l'urgence à mettre en oeuvre une nouvelle politique de l'eau». Une urgence d'autant plus significative que «la situation du bassin Adour-Garonne en matière de préservation et de reconquête de la qualité des eaux et des milieux aquatiques est alarmante».
À noter que ce travail mené par le collectif CAP'Eau, se résume via «un kit de 13 fiches» rentre dans le cadre de la révision du SDAGE (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux) et souligne «qu'une nouvelle politique de l'eau est nécessaire et possible afin de se donner les moyens d'atteindre les objectifs affichés par la Directive Cadre sur l'eau en Adour-Garonne».
Objectif 2015 : pas atteint ?
Concrètement, si la DCE (Directive Cadre Européenne de 2000) et sa transcription sur le territoire français (Loi sur l'eau et les milieux aquatiques de 2006) ont fixé des objectifs écologiques ambitieux en matière de qualité des eaux d'ici 2015, force est de constater qu'on sait dès aujourd'hui «que le bon état des eaux risque de pas être atteint en 2015, alors que cet objectif ne concerne que 60 % des masses d'eau sur le bassin Adour-Garonne» explique Julien Iladoy du syndicat ELB, «le reste étant reporté à 2 021 et 2 027».
Un constat plutôt négatif qui s'explique notamment par l'absurdité de la politique actuelle : «on pollue, puis on traite pour répondre à des normes sanitaires. Il faut désormais sortir de cette situation, adopter une démarche ambitieuse de prévention» explique-t-on du côté du collectif.
L'eau «sous pression»
Pourtant, la pollution des eaux du territoire Adour-Garonne est une réalité. Des «écosystèmes montagnards fortement perturbés» aux «eaux souterraines et aux rivières durablement polluées par les pesticides et les nitrates, entraînant par la même occasion l'abandon progressif de captages d'eau potable dans les eaux souterraines» en passant par «une consommation d'eau peu voire pas maîtrisée en période d'étiage» (plus de la moitié du bassin est classée en zone déficitaire tandis que la consommation agricole a été multipliée par 10 ces trente dernières années), la situation est préoccupante. Pour le collectif CAP'Eau, la «politique de l'eau» subit «la pression des lobbies économiques au détriment de l'intérêt général».
C'est donc pour tenter d'apporter des solutions concrètes à cette problématique de la gestion de l'eau et pour répondre aux exigences de la DCE, que le collectif CAP'Eau Adour Garonne propose via son kit, «des actions concrètes applicables immédiatement» pour mettre en place «une nouvelle gouvernance, basée sur une ouverture des instances de décision à la société civile, et un renforcement de l'évaluation des biens environnementaux».







