Pays Basque
José Bové et Europe Écologie pour "penser autrement l'économie"

09/05/2009
Sébastien VAÏSSE
Pas d'élection européenne sans campagne et pas de campagne sans programme... Mercredi dernier, le célèbre militant à moustache, figure emblématique du mouvement alter mondialiste et de la lutte anti OGM, José Bové était à Tarnos pour présenter les objectifs de la liste Europe Écologie dont il est le chef de file pour la zone Sud Ouest.
Après avoir pointé du doigt les nombreux paradoxes de la politique européenne et notamment «la pensée» unique soutenue par le Président de la commission européenne José-Manuel Barroso, la tête de liste Europe Écologie Sud Ouest a souligné la nécessité d'imposer des contre parties aux subventions européennes économiques, industrielles et bancaires.
«Penser autrement l'économie»
Aussi, outre la volonté clairement affichée de repenser une PAC (politique agricole commune) qui bien loin d'être équitablement répartie, ne fait que cautionner une agriculture extensive peu respectueuse de l'environnement, José Bové a rappelé que les luttes (paysannes) s'accompagnaient aussi de victoires. Appuyant ses propos par l'abandon récent de l'exportation de boeuf américain aux hormones vers l'Europe : «80 % des subventions agricoles européennes concernent 20 % des grands exploitants céréaliers. Ce n'est plus acceptable, d'autant que ce sont eux qui, derrière, appauvrissent le plus les ressources naturelles, polluent massivement par les pesticides et les engrais et sont de loin les pourvoyeurs d'emplois les plus restreints du monde agricole». Et de poursuivre sur cette «volonté de penser autrement l'économie» en citant l'exemple des salariés de Célanèse «qui travaillent autour de projets de production alternatifs, non polluants».
Interpellé sur la question du port de Bayonne (Fertiladour, ADA), via notamment la diffusion d'un reportage du journaliste d'Eitb, Ramuntxo Garbisu, José Bové a souligné l'importance de mettre en place des réunions locales entre riverains, élus et salariés pour réagir collectivement face à cette «colonisation des territoires par l'industrie» et penser autrement l'industrialisation du port.
Une Europe «sans Barroso»
Néanmoins, si José Bové entend porter haut et fort un programme pour une autre politique européenne, priorité est donnée au Président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso : «Nous sommes tombés d'accord avec 27 plateformes environnementalistes européennes, mais également avec le PS de Martine Aubry : la première chose à faire aujourd'hui, c'est de virer José-Manuel Barroso !».
À noter enfin que José Bové sera aujourd'hui à Bayonne (19h - salle Lauga) et demain du côté de Saint-Pée (Herri Urrats).







