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La récession est-elle là?

22/04/2009
Sébastien VAÏSSE
Comment loger les 40 000 personnes en plus qui viendront gonfler le nombre d'habitants du Pays Basque nord d'ici la fin de l'année 2009 ? Quels transports, quels loisirs, quels équipements ? Telles sont les interrogations paradoxales soulevées par l'Observatoire pour le Développement Socio-Économique du Pays Basque, Gaindegia, qui vient de rendre public un extrait de son rapport 2 008 consacré à la récession économique. Eh oui, au risque de se répéter, la conjoncture actuelle est plus propice aux restructurations qu'aux embauches. Les plans sociaux fleurissent aux quatre coins du Pays Basque et le chômage, cette grande faucheuse économique, plane sur le territoire comme un vautour au-dessus d'une carcasse.
Et si le rapport pointe du doigt le fait que le chômage «augmentera avec force» notamment de l'autre côté de la Bidassoa, il précise néanmoins qu'il ne dépassera pas les 25 % qu'a connus le Pays Basque dans les années 90. À noter que fin 2008, il était en Pays Basque nord de 7 %, «bien inférieur à ce qu'il est en Aquitaine».
Pour Michel Garicoix, professeur à l'IUT de Bayonne et journaliste économique, en «Iparralde» l'année 2008 pourrait se résumer ainsi : «entre crise et résistance». Pourquoi ?
Une onde de choc atténuée
Si en décembre dernier, Michel Garicoix a observé une inquiétude latente et générale liée au spectre de la crise et justifiée notamment par les difficultés de certains établissements financiers, «par exemple à la Caisse d'épargne-Écureuil» et, dans une autre mesure, par la politique de certains commerçants ou petits transporteurs routiers de marchandises «qui ne renouvellent pas les contrats temporaires» ou encore par les rumeurs de licenciements chez Alphacan, il précise «qu'en réalité, comme souvent, l'onde de choc de la crise est atténuée en Iparralde».
Comment explique-t-on cette constante ? Michel Garicoix parle «d'atouts» : d'abord via un tissu économique de 30 000 entreprises, pour l'essentiel des PME dans lesquelles «on sait s'adapter et moduler les horaires ou les effectifs en fonction des commandes. Pour autant ces PME demeurent fragiles avec peu de fonds propres et une présence à l'international souvent inexistante.» Autres points forts du Pays Basque, «des secteurs plus endurants» comme l'aéronautique ou même le tourisme «compte tenu de l'attractivité du territoire». Le rapport souligne d'ailleurs la création «l'arrivée de deux laminoirs» à Boucau qui «devrait conforter le trafic du port de Bayonne».
Des signes de faiblesse
Pourtant, force est de constater que certaines activités montrent des signes de faiblesse et notamment le secteur de la glisse ou encore celui de l'immobilier qui «ne vit plus la flambée historique des années précédentes avec des transactions en baisse de 30 % et un nombre important d'agences immobilières qui ont fermé après avoir été créées au rythme d'une par semaine en 2005-2006». Quant à l'agriculture, Michel Garicoix explique «qu'elle lutte pour sa survie mais la volonté demeure chez les éleveurs de continuer l'exploitation».
Concrètement, si les «difficultés locales sont plus anciennes que la crise elle-même, en 2008, comme les années antérieures et probablement les suivantes, l'économie du Pays Basque nord est également marquée par une croissance démographique ininterrompue. Selon l'Insee, la population totale qui était de 260 000 habitants en 2009 devrait fortement se rapprocher des 300 000 d'ici la fin de l'année».
Enfin, pour Mikel Navarro Arantzi, professeur à l'université de Deusto, la situation semble plus préoccupante en Pays Basque sud avec un taux de chômage qui est passé de 7 % à 10 % : «nombre d'experts considèrent que nous sommes face à une crise sans précédent depuis 1929». Trois facteurs seraient donc à l'origine de la crise : le secteur de l'immobilier qui a connu un «boom tout particulièrement démesuré et des prix qui ont augmenté davantage que dans d'autres pays : 150 %, le secteur financier et celui de l'énergie et des matières premières».
Une chose est sûre, même si le taux de chômage ne devrait pas atteindre «les taux connus durant les années 80 et 90», les temps sont durs !







