Pays Basque
Logicoop : la vente directe se poursuit... sur les quais !

04/04/2009
Sébastien VAÏSSE
Comme prévu, la décision du tribunal administratif de Pau reconnaissant l'occupation illégale de l'ancienne criée de Saint-Jean-de-Luz par les pêcheurs luziens adhérents de la coopérative Logicoop, n'a pas calmé le climat d'extrême tension qui règne sur le port de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure depuis quelque temps déjà.
Rappelons que la justice a condamné Logicoop ainsi que tous les pêcheurs qui avaient réinvesti l'ancienne criée luzienne sans titre d'occupation, à quitter les lieux sous astreinte d'une amende de 150 euros/jour de retard à compter de la notification.
L'action continue... sur les quais
Pour la CCI Bayonne-Pays Basque, cette décision vient «conforter» la structure dans sa mission qui consiste à «garantir l'égalité de traitement entre tous les usagers du port». Une idée que rejettent en bloc les pêcheurs de Logicoop qui, à l'image de Ramuntxo Iturrioz, regrettent la tournure des choses tout en s'interrogeant sur les réelles compétences de la CCI en matière de gestion du port : «Quand on commence à assigner ses propres pêcheurs en justice, ça veut bien dire qu'on est arrivé au bout de ses compétences» explique le pêcheur luzien qui s'empresse de rajouter que «de toute façon, nous allons continuer à vendre sur les quais de Saint-Jean-de-Luz mais à l'extérieur du bâtiment». En effet, le référé accordé à la CCI par le tribunal administratif a reconnu l'occupation illégale du bâtiment mais il n'a jamais été question de vente illicite : «nous avons été condamnés pour occupation illégale or les quais ne concernent plus la Chambre de Commerce mais le Conseil général».
Bien évidemment, cette poursuite du mouvement va à l'encontre de la volonté de la CCI qui «dans un souci d'apaisement, engage les pêcheurs qui souhaitent vendre directement le produit de leur pêche au consommateur, à utiliser les installations prévues à cet effet sur le quai à Ciboure, conformément à la décision prise par le Conseil portuaire». Inutile de préciser que l'idée n'est pas l'ordre du jour du côté des pêcheurs de Logicoop.
Dialogue de sourds
D'un côté, la CCI reste persuadée que la mise en place de ce service de vente directe (quai Elissalt à Ciboure), validée en 2008, représente une bonne chose en «répondant aux besoins des pêcheurs». D'un autre côté les pêcheurs de Logicoop assurent, au sortir d'une réunion au Conseil général, que ce dernier s'est engagé à «entamer une série de discussions sur les ventes directes pour répondre aux attentes des pêcheurs». On l'aura compris, il y a clairement de la friture sur la ligne entre la CCI et la coopérative luzienne.







