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Pertur : sur la piste des fascistes italiens

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25/03/2009

Goizeder TABERNA

Trente-deux ans après les événements, en novembre, le juge de la Audience Nationale espagnole Fernando Andreu a ouvert l'enquête sur la disparition d'Edouardo Moreno Bergaretxe dit «Pertur». Après avoir soupçonné pendant des années un règlement de compte entre membres de l'ETA, la Justice espagnole va examiner deux autres hypothèses. C'est pour poursuivre les recherches sur l'une d'elles que le juge d'instruction se rend à Rome, aujourd'hui.

Il se déplace pour interroger sur cette disparition trois prisonniers néofascistes condamnés à perpétuité en Italie. Effectivement, ce magistrat prend en considération cette nouvelle hypothèse, alors que pendant des années la famille de Pertur, la Garde Civile et la Police Espagnole ont pointé du doigt les Commandos Spéciaux, sous prétexte de différents au sein ETA politico-militaire. La seconde piste officielle est celle de l'implication de groupes d'extrême droite liés aux services des renseignements espagnols, qui étaient appelés Bataillon Vasco Español, Triple A ou encore Guerrilleros de Cristo Rey.

L'enquête a été rouverte à la demande de la famille de ce Donostiar dont la disparition est restée sans explications depuis 1976. En septembre 2007, un film a ramené cette affaire sur le devant de la scène. L'année de tous les démons (disponible en basque, Deabru guztien urtea) d'Angel Amigo se penche sur l'implication jamais examinée de fascistes italiens, alors qu'il laisse parler les différentes versions de l'affaire.

Dans ce documentaire, le membre historique de l'ETA Eugenio Etxebeste «Antxon» accuse les renseignements généraux espagnols d'être responsables de l'enlèvement d'Eduardo Moreno Bergaretxe à Béhobie. Une action à double effet selon lui : d'une part, il était une «personne importante» dans l'ETA, d'autre part, sa disparition engendrerait des «divergences» en son sein.

Idéologue renommé

Né en 1950 à Donostia, Pertur est déjà un idéologue renommé en 1976. On le compte parmi les dirigeants de l'organisation armée. Un des rares qui a échappé au «nettoyage» dû à l'infiltration de l'agent secret El Lobo.

Au lendemain de ce 23 juillet 1976, plusieurs partis ont dénoncé l'enlèvement, accusant «les groupes fascistes». D'après l'hebdomadaire de l'époque Punto y Hora, ANV, EHAS, ETA-pm, MCE, PSOE et le Parti communiste d'Euskadi ont publiquement condamné l'enlèvement. Quatre jours plus tard, la Triple A (Alianza Apostolica Anticomunista) le revendique et annonce la mort du militant abertzale.

Cependant, ces événements se déroulent dans une période trouble, «l'année de tous les démons» comme l'appelle Angel Amigo. L'incertitude provoquée par la mort du Caudillo, la montée du fascisme, la mort de l'industriel Orbegozo... autant d'événements contraires à l'apaisement.

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