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Boucau : une future zone d'activité sur un ancien site radioactif !

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04/03/2009

Sébastien VAÏSSE

À l'occasion d'une conférence de presse de l'association Port Bayonne Avenir, M. Capdepuy, à l'époque directeur de l'usine Fertiladour de Boucau, indiquait face des valeurs enregistrées sur son site 35 fois supérieures à la radioactivité naturelle, que sur ce terrain, «on ne pourra pas y faire un potager» (cf. JPB 28/10/2008). On l'aura compris, le site en question est celui de l'ancienne usine de M. Capdepuy, Fertiladour, et s'il n'est pour l'heure pas question de «faire un potager», l'idée de vendre des légumes n'est toutefois pas exclue. En effet, ce terrain, qui devrait devenir une zone de pluriactivité, accueillera le futur Intermarché du Boucau (et sa galerie marchande), les sociétés Caterpillar et Calorigen, un restaurant vietnamien...

«Tout d'abord, nous voulions changer un petit peu la physionomie de l'entrée du Boucau» explique Jean Dubourdieu, maire adjoint chargé aux affaires économiques : «Les riverains de cette zone ont subi pendant longtemps certaines nuisances liées aux activités des usines et nous ne souhaitions pas, dans ce projet d'aménagement, d'usines dites polluantes». Alors qu'en est-il de cette zone d'activité ? et de la radioactivité du site ?

150 emplois créés

Donner «un caractère plus gai et plus dynamique» à ce quartier : c'est dans ce cadre précis que l'idée de créer une zone d'activité a progressivement pris place. En fait, le groupe Roullier, propriétaire du terrain, a dans un premier temps contacté la Région ainsi que la Chambre de Commerce et d'Industrie Bayonne Pays Basque avant de finalement faire appel, à défaut d'un accord avec ces deux structures, à un aménageur privé en charge de rechercher des entreprises pour dynamiser le site.

Aussi, de l'avis de Jean Dubourdieu qui n'a cependant pas souhaité communiquer le nom de cet aménageur privé (Atlantic Design construction, NDRL), c'est pour «travailler en synergie avec la commune» et pour connaître les volontés de cette dernière en matière d'aménagement du territoire de cette zone, que le groupe Rouillier s'est tourné vers la municipalité. Trois contraintes ont été émises : respect de l'environnement, création d'emploi et génération de taxes professionnelles. Sur ce dernier point, c'est plutôt mal engagé. Rappelons peut-être que la TP devrait disparaître pour 2010, c'est du moins ce qu'a annoncé le chef de l'État, il y a quelques semaines.

Cela étant dit, en termes d'emplois, la future zone d'activité de Boucau pourrait bien créer 150 emplois sur les 250 personnes qui seront embauchées sur le site : «petit à petit le projet a pris corps et aujourd'hui on peut dire à 90 % que l'ensemble de la zone est occupé par des entreprises ou des commerçants» souligne Jean Dubourdieu qui précise toutefois que les travaux de démolition devraient débuter pour l'été prochain avec mise à nue du terrain pour la fin de l'année et lancement des nouvelles activités pour la fin 2010 : «on peut raisonnablement penser qu'à la fin de l'année 2010, une ou deux entreprises pourront fonctionner».

Zone de «radio» activités ?

Quant à la pertinence d'ériger une zone d'activité sur un ancien site radioactif, le maire adjoint se retranche derrière les services de l'État, en l'occurrence la DRIRE qui contrôle le taux de pollution de chaque site, dont celui de Boucau : «si les services de l'État nous donnent l'autorisation de construire et d'implanter ces entreprises à cet endroit, c'est qu'ils ont estimé que les taux de radioactivité étaient dans les normes acceptables actuellement. Aujourd'hui, nous considérons, à juste titre, que le site est totalement dépollué» conclut Jean Dubourdieu.

Une affirmation qui peut laisser perplexe surtout quand on sait que le 20 avril 2000 un arrêté préfectoral reconnaissait une contamination dangereuse de la monazite broyée dans les ateliers de Fertiladour et préconisait le décaissage de 25 m3 des terres les plus contaminées, le démantèlement de la structure de broyage et la gestion de 11 000 m3 de terres moins contaminées. En juin 2008, ces sacs de terre résultant du décaissage et toujours entreposés dans les usines du site, ont fait saturer un compteur Geiger au-delà de 100 fois la radioactivité naturelle. Quant à l'option choisie de couvrir le sol d'une couche de graviers recouverte de bitume, elle semble ridicule pour le président de la CRII-Rad (organisme indépendant de surveillance nucléaire) : «On enterre les problèmes au lieu de les traiter, renvoyant à la collectivité le soin de gérer dans les prochaines décennies le problème d'un sol qui est loin d'être neutre sur le plan sanitaire».

Concrètement, si aujourd'hui en surface, le sol du site présente un taux de radioactivité en deçà du seuil fixé par les autorités de l'Hexagone, il semble difficile d'envisager quelconques fondations. Inspecteur de la DRIRE à Bayonne, M.Amiel reconnaissait d'ailleurs (cf. JPB 29/10/08) la nécessité d'interdire tout forage ou fondations sur cette zone. Quant au lieu de stockage des sacs contaminés (place des bâtiments actuels), M. Amiel avait évoqué une «zone stérile», c'est-à-dire «probablement impropre à toute activité». À voir !

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