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Pays Basque

"113 000 euros pour scolariser 20 enfants"

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28/02/2009

ENTRETIEN/  Dominique IDIART / animateur d'Integrazio Batzordea

Integrazio Batzordea a 10 ans cette année et mène actuellement une campagne visant à récolter les 113 000 euros nécessaires à l'intégration, en milieu ordinaire et en basque, de 20 enfants en situation de handicap, répartis sur 14 ikastola. Entretien avec Dominique Idiart, animateur de la structure.

Integrazio Batzordea fête cette année ses 10 ans. Durant toutes ces années, vous avez privilégié différents modes de mobilisations. Après les concerts annuels, vous avez fait du radiothon d'Irrat 6 un moment central de votre action. Le radiothon est-il abandonné ?

On reste sur le principe de garder Irrat 6 tous les deux ans. L'année où il y a la Korrika on fait une campagne plus «légère», ce qui est le cas cette année, on refera donc Irrat 6 l'année prochaine.

Les partenaires continuent d'organiser des initiatives décentralisées ?

La campagne actuelle vise à poursuivre notre travail de sensibilisation de la société et à chercher de nouveaux partenaires. Nous en avons aujourd'hui 1300, associations, particuliers et entreprises, qui organisent des initiatives de soutien et/ou envoient des dons. C'est grâce à eux que nous en sommes là où on est et que l'on va pouvoir continuer à mener nos actions.

Nous travaillons ces derniers temps sur la sollicitation des collectivités locales. Depuis deux, trois ans, plusieurs municipalités nous versent chaque année une subvention. Nous voulons élargir le partenariat au maximum de manière à pouvoir financer nos besoins. On a commencé il y a 10 ans avec 2,3 enfants, aujourd'hui nous en avons 20, et les moyens nécessaires à leurs besoins ont augmenté en conséquence.

Quels sont ces besoins ?

Cette année nous sommes sur 20 intégrations, plus deux autres qui vont se mettre en place. Il nous faut trouver 113 000 euros.

Comme chaque année, cela nous paraît énorme, mais, comme chaque année, on a la surprise d'arriver à sensibiliser assez de monde pour récolter cette somme. Au fil des ans, le travail a été fait, mais la source n'est pas intarissable et un jour on touchera la limite, d'où le travail vers les collectivités locales.

Que financez-vous ?

Les huit postes d'AVS (Auxiliaires de Vie Scolaire, contrats aidés) sont pris en charge par l'Education Nationale, bien que pour les scolarisations en cours d'année, il n'y a plus de financement possible. Il nous reste donc quatre postes d'AVS à financer, plus les postes de conseillère pédagogique et de la coordinatrice.

Notre spécificité est qu'en plus des AVS, on part du principe, comme le dit la loi de 2005 sur le handicap, (bien que nous ayons commencé bien avant), qu'il faut s'approcher au plus près des besoins de l'enfant.

Au niveau pédagogique, ayant vu ce qui se faisait au Sud et dans d'autres pays européens, on a mis en place un autre accompagnement pédagogique par le biais de Monitrices-Educatrices. Celles-ci reprennent individuellement les connaissances dispensées en classe, jusqu'à ce que les enfants puissent les enregistrer et leur permettent de poursuivre leur scolarité en vue d'acquérir le plus d'autonomie possible au niveau social. Les Moniteurs-Educateurs ne sont pas reconnus par l'Education Nationale. Nous avons donc cette année encore ces huit postes à notre charge.

Le statut des AVS est-il satisfaisant ?

Les AVS sont en poste sur 2 x 3 ans, malheureusement il n'y a pas beaucoup de formations qui leur sont proposées, et après six ans, c'est l'ANPE. Leurs expériences ne sont pas valorisées, alors que c'est une richesse d'avoir du personnel avec cette expérience-là. Les AVS se sont montées en collectif et nous ont rencontrés. Nous reconnaissons leur travail, qui devrait être pérennisé et professionnalisé en tant qu'élément essentiel de l'Education Nationale.

32 enfants ont été scolarisés en 10 ans. Comment se poursuit la scolarisation de ces adolescents et jeunes adultes ?

Dans le primaire les choses sont en place. Au collège c'est la classe qui a plusieurs enseignants, donc d'autres problématiques se posent. Nos enfants ont la capacité de poursuivre des études pendant un certain temps qui n'est pas le même pour tous.

Certains, après le collège, pourraient continuer dans les UPI (Unité Pédagogique d'Intégration, système mixant enseignement classique au sein d'une classe de collège et spécifique). Ce qui préoccupe Seaska c'est qu'il n'existe pas d'UPI bascophone. On essaie de travailler sur l'ouverture d'une UPI dans le privé au niveau de Seaska, d'ici deux ans car il y aura un effectif d'enfants assez important pour la création d'une UPI.

S'il n'y a pas d'UPI au niveau de Seaska, ils ne pourront pas continuer une scolarité normale.

Yann EMMANUEL

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