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France-International

Viande : mauvais prix pour le client et le producteur

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28/01/2009

Les prix à la consommation de la viande en France n'ont cessé d'augmenter ces vingt dernières années alors que pendant la même période les prix payés aux producteurs ont chuté, selon une enquête publiée hier par l'association de défense des consommateurs, UFC-Que Choisir.

L'étude porte sur trois types de viande (boeuf, porc et volaille) et elle a pour objectif «d'ouvrir la boite noire de la formation des prix alimentaires», a déclaré Alain Bazot, président de la défense des consommateurs lors d'une conférence de presse.

En clair, il s'agit de savoir à quel stade - intermédiaires, distribution - se font les marges, de comprendre pour quelles raisons les professionnels répercutent les hausses de prix à la production mais «oublient» de répercuter les baisses. Pour M. Bazot, «la distribution est le responsable majeur» de ce décalage entre prix à la production et prix à la consommation.

Menée sur 18 ans, de 1990 à 2008, l'enquête montre que le boeuf a augmenté de 50 % dans les rayons alors que le prix payé aux éleveurs de bovins a baissé de 15 %. Cet écart s'est installé lors des deux crises de la vache folle (1 996 et fin 2000) qui ont entraîné de fortes baisses du prix de l'animal, «jamais répercutées en rayon», selon UFC Que-Choisir.

Une façon pour les intermédiaires (abattoirs, transformateurs, centrales d'achat,...) et la distribution de conserver leurs marges alors que les ventes en volumes sont à la baisse, explique l'association.

Pour le porc, la situation est encore plus «caricaturale», souligne l'association. Selon elle, les prix au détail sont totalement déconnectés de la production. Le porc est la viande la moins chère et la plus mangée en France. Mais c'est aussi la plus rentable. De 1992 à 2008, les prix à la consommation ont augmenté de 16 % pour le rôti et de 26 % pour l'échine alors que dans le même temps le prix du cochon payé à l'éleveur a baissé de près de 30 %. «Pour compenser leurs pertes sur les ventes de boeuf, les distributeurs font leurs marges sur le porc», a affirmé Martial Verschaeve, administrateur de l'association, jugeant que c'était «scandaleux».

La volaille a augmenté de 40 % entre 1990 et 2008, tandis que le prix payé aux producteurs est aussi à la hausse (7 %).

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