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Sports - Pelote

Un verdict en pleine forme

Hier, le tribunal de Bayonne a estimé qu’il y avait prescription dans l’affaire opposant
la FFPB à Jean Michel Idiart, président de l’EPB. Jugeant uniquement la forme, le fond n’aura pas été débattu et la décision du tribunal ne satisfait pas complètement Idiart qui n’exclut pas poursuivre une action afin de laver son honneur

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28/01/2009

Marc DUFRECHE

Après quarante longues minutes de délibération, Marie-Hélène Ville, la présidente du tribunal de Bayonne, est réapparue pour annoncer son verdict : «le tribunal constate la prescription de l'affaire et l'infraction ne peut donc être poursuivie». C'est donc sur la forme et non sur le fond qu'a pris fin hier le nouvel épisode dans l'affaire opposant la Fédération Française de Pelote (FFPB), à Jean-Michel Idiart, président de l'association Élite Pelote Basque (EPB), pour abus de confiance.

Mais ce verdict n'a, semble-t-il, pas satisfait grand monde. «Je suis soulagé, mais j'aurais bien voulu m'expliquer sur la forme», déclarait Jean-Michel Idiart à la sortie de la salle d'audience. «J'estime avoir été diffamé, mon honneur personnel a été mis en cause et on va réfléchir avec mon avocat si on engage une suite», ajoutait le président de l'EPB.

À quelques pas de là, Roland Dufourg, président de la FFPB à l'époque des faits et de la plainte, déclarait pour sa part être «ahuri», ne comprenant pas pourquoi quatre ans plus tard un tel jugement était rendu. «Pourquoi attendre quatre ans et l'audience pour déclarer la prescription ? Pourquoi en avril 2005 lorsqu'on a déposé les dossiers, ils n'ont pas pris en compte cette prescription ? Aujourd'hui je maintiens qu'il manque 51 000 euros à la fédération».

L'amertume de l'ancien président de la FFPB à la suite de l'annonce du verdict était grande. Mais aujourd'hui simple spectateur du procès en l'absence de débats sur le fond de l'affaire, Roland Dufourg ne peut plus rien. Tout se termine donc ainsi. Mais comment ne pas sentir dans ces déclarations d'après verdict une lutte de personnes ? Un sentiment renforcé par cet aveu de Jean-Michel Idiart «Je fais maintenant confiance au nouveau président de la fédération et à son intégrité intellectuelle. On va maintenant pouvoir travailler. Les choses sont plus simples quand il y a un climat de confiance. Avec le climat délétère qu'il y avait auparavant il était impossible d'avancer». Après le verdict tous sont donc repartis dos à dos et seul aujourd'hui Jean-Michel Idiart semble pouvoir donner une suite à l'affaire pour que le débat s'attaque au fond. Car visiblement la nouvelle direction de la FFPB ne fera pas appel de ce jugement.

Y avait-il dissimulation ?

Hier en début d'après-midi, lorsque la présidente du tribunal de Bayonne annonce Jean-Michel Idiart à la barre des accusés, le contraste est saisissant entre un homme mis en cause par une fédération sportive mais soutenue par une dizaine de pilotari de l'EPB, et un plaignant, la FFPB, dont aucun représentant officiel n'est présent. Le nouveau président Jean-François Pascassio Comte n'avait manifestement pas souhaité faire le court déplacement, tout un symbole. Avant même le premier but, Jean-Michel Idiart avait donc les faveurs de l'assistance.

Le premier coup fut donné par le substitut du procureur requérant «la prescription» car estimant un dépôt de plainte trop tardif au regard de l'article 8 du code pénal qui donne trois ans à un plaignant pour déposer une plainte dans le cadre d'une affaire d'abus de confiance. Les faits reprochés à Jean-Michel Idiart remontent à 2001, la plainte fut déposée le 19 avril 2005, soit un an trop tard. Seule la preuve d'une dissimulation par Jean-Michel Idiart de ses agissements pouvait rendre caduque la prescription. «Il n'apparaît pas que M. Idiart est dissimulé ses activités» ajouta le substitut du procureur.

L'avocate de la FFPB, deuxième à entrée en scène, s'évertua à faire la preuve de cette dissimulation pour faire sauter le verrou de la prescription. Elle s'appuya à démontrer que, à l'époque des faits, Jean-Michel Idiart fut l'auteur d'une «double comptabilité et d'une double facturation», mettant les dirigeants de la FFPB dans l'impossibilité de se rendre compte de ses opérations comptables. «C'est seulement fin 2004 que les dirigeants auraient découvert le pot au rose», selon l'avocate de la fédération.

Un nom a souvent été évoqué lors des diverses plaidoiries, celui de Robert Labachot, décédé entre-temps. Il était le trésorier de la FFPB à l'époque des faits. C'est sur sa qualité d'expert-comptable que c'est en partie appuyé l'avocat de Jean-Pierre Idiart afin de prouver que son client agissait dans une totale transparence envers la FFPB. «C'est une fédération et non une amicale de boulistes du coin», déclara maître Lhoiry. «Labachot était un expert-comptable et les pièces comptables étaient visibles par tous». «D'autre part, si la chose a été dissimulée il faudra qu'on nous explique pourquoi les sociétés qui ont donné l'argent ne sont pas inculpées pour complicité. Toutes déclarent en effet avoir payé l'EPB en connaissance de cause», conclura l'avocat du président de l'EPB avant que la présidente ne se retire pour délibérer.

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