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L'opinion - Tribune Libre

Abolition de la peine de mort en France : au-delÓ du mythe

28/01/2009

Bluelight / AGORAVOX

L'abolition de la peine de mort en France en 1981 fait l'objet d'une hagiographie officielle. Voici des raisons de douter du caractère idyllique du conte médiatique qui en est fait.

Conséquence et non essence du progrès : la France des années 1970 a été suffisamment évoluée pour n'appliquer que peu de peines capitales et n'exécuter aucun innocent.

L'abolition de la peine de mort en 1981 a ainsi moins d'importance que si cette abolition avait été décrétée à une époque où les exécutions étaient courantes, c'est la fin d'un processus, et non l'essentiel du processus contrairement à ce qui est présenté.

Pourquoi l'abolition serait totale ? C'est un progrès indéniable que l'abolition de la peine de mort implique l'abolition de la peine de mort s'appliquant aux innocents, aux «coupables» pour lesquels il existe une possibilité de «rédemption», la violence d'État en étant restreinte, améliorant l'«image» de l'État.

Mais en quoi l'abolition de la peine de mort s'appliquant aux tortionnaires pour lesquels il existe une certitude de culpabilité de génocide, d'actes de barbarie, de meurtres en série, est un progrès ?

Qui peut douter par exemple de la culpabilité de Saddam Hussein, qu'il n'existe pas de possibilité de «rédemption» pour un tel individu (cf. son attitude pendant son procès) ?

Apparemment les représentants du parti Démocrate américain, tel Obama, encensés par les mêmes medias français qui font l'hagiographie de l'abolition de la peine de mort, considèrent l'abolition de la peine de mort comme une régression puisque presque tous soutiennent la peine de mort dans certains cas.

Enfin, quelle est la pire tâche pour l'image de l'humanité, qu'il existe des Etats qui fassent exécuter des tortionnaires avérés, ou que de tels tortionnaires puissent exister ?

Symbole et réalité

(...) Pourquoi les hommes commettent des actes ignobles, est-il possible de l'éviter, que faire des condamnés à perpétuité, est-ce plus «humain» de laisser à vie des condamnés en prison que de les condamner à mort, ou de petits délinquants se suicider à cause des mauvaises conditions de détention ? Il est plus facile de s'attaquer à un symbole que de résoudre ce qui ne peut l'être.

Les partisans de l'abolition totale de la peine de mort pensent qu'elle représente la fin de la violence d'État. Or l'État arme les militaires et les policiers, cela est nécessaire, et statistiquement, une armée et une police modernes, qui effectuent leur travail avec déontologie, tuent plus que s'il existait encore une peine de mort restreinte.

Pourquoi ces morts-là, les morts tués par les militaires ou les policiers, qui n'ont pas été jugés mais tués «dans l'action», ce qui est bien plus arbitraire qu'une condamnation à mort, mériteraient moins d'égards que les autres ?

L'État donne toujours la mort, il existe encore une peine de mort, penser que la violence d'État la plus extrême se résume à la peine de mort relève d'une idéologie du symbole.

Il faut sauver l'image de Mitterrand. Mitterrand, comme ses deux successeurs, est un arriviste, cynique, sans compétences scientifiques ni économiques ni éthiques.

Si ce qui distingue le président actuel parmi les trois médiocres présidents depuis 1981 est la vulgarité, ce qui distingue Mitterrand est son passé, son ambiguïté, sa duplicité. Mitterrand en tant que Ministre de la IVe République ayant été solidaire de l'application de condamnations à mort, Mitterrand n'a pas été plus sincère dans sa position abolitionniste que sur tant d'autres sujets, sinon il se serait exprimé pour faire commuer des peines de morts sous la IVe République.

De plus Mitterrand, en célébrant la Révolution française en 1989 sans aucune distance critique, a instrumentalisé l'Histoire comme si la Révolution n'avait apporté que des progrès, alors que la Révolution s'est terminée dans un bain de sang associé à la peine de mort précisément.

Il est hypocrite de prétendre représenter la fin de l'Histoire en faisant de l'abolition de la peine de mort un symbole de progrès par excellence, et après de célébrer une période historique certes génératrice de progrès mais qui s'est terminée par la Terreur symbolisée par des peines de morts arbitraires.

Ce que Mitterrand aurait pu faire de mieux aurait été de rester fidèle au texte dénonçant le coup d'État permanent en faisant adopter par référendum dans l'euphorie de l'été 1981 une réforme constitutionnelle limitant les pouvoirs du président de la République, cela aurait été utile aujourd'hui, mais Mitterrand a préféré se servir.

Morale médiatique

Une certaine forme de média de copinage a essayé faire croire que Mitterrand était grand parce que sur le tard il a adopté tactiquement les idées des prescripteurs de morale de ses contemporains.

Pourtant l'abolition de la peine de mort par Mitterrand est moins importante que des avancées fondamentales acquises sous VGE, l'IVG et la CNIL, qui concernent tous les citoyens, et non quelques criminels, qui seraient les seuls à être concernés s'il existait une peine de mort applicable seulement aux tortionnaires avérés, ceux dont la culpabilité ne fait absolument aucun doute.

On se rassure avec ce qu'on peut pour se comparer favorablement à des prédécesseurs plus brillants, comme quand Mitterrand s'accroche au fait d'avoir plus duré que De Gaulle à l'Elysée.

Si les voix de gauche ont permis l'adoption de la loi sur l'IVG, il faut croire que VGE n'était pas tant en retard par rapport à une certaine gauche encensée pour ce qu'elle représenterait de monopole du progrès, qui au pouvoir moins de 20 ans avant la présidence de VGE n'avait pas jugé opportun de permettre l'IVG (même processus avec le Général de Gaulle qui a donné le droit de vote aux femmes, avec le soutien d'une gauche qui 10 ans plus tôt avait refusé de donner le droit de vote aux femmes quand elle était au pouvoir).

Aujourd'hui les mêmes médias essaient de faire croire que le président élu par 42 % des électeurs français (inscrits sur les listes électorales) est sérieux (alors qu'il est aussi incompétent que son adversaire socialiste), essaient de faire croire que Bush a été un mauvais président (rendez-vous dans dix ans, sous Bush depuis le 11 septembre 2001 il n'y a eu aucun attentat sur le sol des États-Unis, alors que le 11 septembre 2001 est le bilan diplomatique de Clinton, comme la crise des subprimes est le bilan des New Democrats et non de Bush).

Quand les médias font de la morale sans distance, ils changent de rôle, cf. traitement médiatique du tsunami en Asie du Sud-Est. Les médias n'ont pas à faire de la morale, pas plus que les politiciens n'aient à voter des lois mémorielles.

Que l'abolition de la peine de mort soit préférable à l'existence d'une peine de mort mal appliquée, soit, mais pas de quoi en faire une religion.

inprimatu