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Sujet à la une

Crise, précarité, chômage, pouvoir d'achat : public-privé, même combat !

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28/01/2009

Sébastien VAÏSSE

La journée de demain s'annonce d'ores et déjà comme le point d'orgue de la semaine sociale avec de nombreuses grèves et manifestations dans tout l'Hexagone et bien évidemment au Pays Basque. Une journée d'action à mettre à l'initiative des organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, UNSA, Solidaire...) qui ont lancé un appel unitaire à la grève et à la mobilisation pour dénoncer les effets négatifs d'une crise qui «touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus, alors qu'ils ne sont en rien responsables» de la situation.

Éric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, a estimé hier au micro de France Inter «qu'il y a d'autres moyens de se faire entendre que de descendre dans la rue un peu traditionnellement comme on le fait depuis trente, quarante ans en France avec les mêmes banderoles et des slogans d'ordre général». En bref, des manifestations «pas adaptées» à la situation.

Une annonce face à laquelle les responsables syndicaux du Pays Basque, réunis hier matin à Bayonne en conférence intersyndicale, ont réagi : «on sait ce qu'on a à perdre mais pas vraiment ce qu'on a gagné. Aujourd'hui, la balle est plutôt dans le camp du gouvernement». Et quand Éric Woerth appelle à «se serrer les coudes et à se remonter les manches pour travailler à l'unité du pays», les syndicats du Pays Basque, à l'exception de LAB qui n'était pas convié, répondent d'une seule voix : «l'appel unitaire de huit organisations syndicales est un exemple de solidarité».

Démarche unitaire

Pour Alain Duzères, responsable CGT Pays Basque, cette démarche collective est peu fréquente, voire «rarement vu dans le paysage sociosyndical». Une grève générale, sans doute de grande ampleur, motivée par la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat, des services publics et qui s'adresse à tous les salariés du privé et du public... Bref, à un monde du travail «qui n'est pas dupe» a souligné Alain Duzères.

Un mouvement qui s'annonce bien suivi, notamment chez les enseignants du premier degré puisque selon le SNUipp-FSU 64, demain «85 % des enseignants des écoles de ce département seront en grève» pour dénoncer la suppression de 25 postes de professeur des écoles (dans les Pyrénées-Atlantiques) à la rentrée prochaine «malgré la hausse démographique». Un appel à la mobilisation qui s'inscrit dans une volonté de «construction d'un rapport de force durable». Les syndicats appellent donc le gouvernement à prendre des «mesures urgentes en faveur de l'emploi, des rémunérations et des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique».

Propositions et revendications

Les organisations syndicales du Pays Basque ont également rappelé que leurs revendications s'appuyaient sur des propositions concrètes dans un contexte de crise économique ambiant. Tout d'abord, la priorité doit être donnée au maintien des emplois : «c'est intolérable et inadmissible que des entreprises utilisent la crise pour opérer des restructurations tout en maintenant la rémunération de leurs actionnaires». Pour Alain Duzères «l'argent doit repartir à la production et à la consommation». Quand «à la politique aveugle» en matière de suppression d'emplois dans le secteur public, l'intersyndicale appelle le gouvernement «à renoncer aux 30 000 suppressions de postes dès 2009 et à penser autrement l'évolution des services publics».

Aussi, les organisations se déclarent favorables à un plan de relance économique orienté «vers l'emploi et le pouvoir d'achat», c'est-à-dire vers une politique de relance par la consommation en améliorant le pouvoir d'achat, une politique de développement de logements sociaux, une contrepartie sociale obligatoire pour toute aide accordée à une entreprise, des investissements ciblés, en particulier en matière d'infrastructures, une protection sociale dans un cadre collectif et solidaire...

Travail du dimanche

Autre zone d'ombre, les garanties collectives qu'il faut «préserver et améliorer», à commencer par l'abrogation des dispositifs relatifs à la remise en cause de la réduction du temps de travail, mais aussi par le retrait de la proposition de loi sur le travail du dimanche, par le respect du dialogue social et par la mise en place de «réformes porteuses de progrès social».

Enfin, dernières revendications : la réglementation de la sphère financière internationale... histoire de «mettre un terme à la spéculation, aux paradis fiscaux, à l'opacité du système financier international».

LAB se mobilise

Pour LAB aussi l'heure est à la mobilisation, même s'il reste toujours exclu de l'intersyndicale. Une journée qui «doit constituer une véritable démonstration de force : travailleur-se-s du public ou du privé, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, précaires... agissons dans nos entreprises, quartiers villes et villages pour contrer la politique des profits et la casse des acquis sociaux.» LAB refuse également de payer la crise «d'actionnaires des multinationales et des puissants de la planète qui se partagent les profits et laissent des miettes aux travailleurs et travailleuses qui la produisent. Bénéfices, dividendes, cadeaux fiscaux, bonus et parachutes dorés... Privatiser les profits et socialiser les pertes au nom de quoi ?»

Un appel à la mobilisation qui dénonce «un système ni juste, ni éthique et encore moins moral» face auquel il convient d'exiger «une répartition équitable des richesses».


ILS  FONT GRÈVE DEMAIN

Le personnel hospitalier

UNSA Hôpital : «On en a assez d'être pressurisés dans les services. Les remplacements de longue durée ne sont plus assurés. On arrive à une situation ubuesque, les gens sont crevés. On a tous les jours des rapports d'incidents en rapport avec nos sous-effectifs. Concernant la grève, la continuité des soins est obligatoire, et sur les trois sites du Centre Hospitalier de la Côte Basque, très peu de gens vont pouvoir sortir pour manifester».

Les employés de Dassault

CGT : «On manifeste d'autant plus qu'on est en conflit au sein de l'entreprise sur le pouvoir d'achat. ça fait longtemps qu'on n'a pas eu un appel de huit organisations syndicales, je crois que ça va être très très suivi».

Les enseignants de Seaska

LAB : «En principe, il y aura une bonne mobilisation. On entend dénoncer les dernières réformes appliquées sans qu'il y ait eu de concertation, les suppressions de postes. Notre outil de travail est en train de se dégrader, c'est vraiment du n'importe quoi».

Les employés de Castorama

CGT : «Les salariés vont manifester. On a le sentiment que par rapport aux précédentes actions nationales, il y aura du monde. Metro et Géant Casino, les Galeries Lafayette à Biarritz et nous, Castorama à Anglet, les quatre enseignes seront représentées».

La fonction publique

CFDT Interco 64 : «On sent un mécontentement général. Les deux premiers échelons de la catégorie C qui étaient en dessous du SMIC se retrouvent à nouveau au raz des pâquerettes, le compte n'y est pas pour la catégorie B avec une augmentation dérisoire, et dans la catégorie A, un certain nombre d'ingénieurs quittent le public pour rejoindre le privé».

La Poste

CGT : «La grève sera très suivie, et La Poste a une double revendication, la générale, et celle de la privatisation, qui fait bien sûr partie des revendications du maintien des services publics. On travaille beaucoup avec les communes, on a enclenché le mouvement pour les mettre en garde sur le danger de transformer les bureaux de poste en agences postales communales. On attend beaucoup de monde chez les postiers et aussi chez les télécommunicants».

Pôle Emploi

LAB : «On attend un tiers de personnel gréviste à Saint-Jean-de-Luz et à Bayonne. Mais il n'est pas certain qu'on mesure le taux d'exaspération des personnels au taux de grévistes. Ce qui ressort ici, c'est que comme les salaires ne sont pas très élevés, c'est dur de perdre une journée de travail. D'autre part, en n'assurant pas leur permanence, les employés de Pôle Emploi ont l'impression de pénaliser plus malheureux qu'eux...»

Service minimum : bus, écoles et centres de loisirs

Les représentations syndicales de la STAB ayant déposé un préavis de grève dans le cadre du mouvement de grève de demain, la société de transport annonce qu'elle est en mesure de prévoir le trafic suivant sur le réseau STAB :

un service normal pour les lignes AlloBus St-Pierre-d'Irube et Anglet, un service normal sur la Navette de Biarritz.

La ligne 1 sera assurée avec 1 bus toutes les 20 mn, ligne 2 : 1 bus toutes les 25 à 30 mn, ligne 3 :1 bus toutes les 50 à 60 mn, ligne 4 :1 bus toutes les 60 mn, ligne 5 :1 bus toutes les 2 heures, ligne 6 :1 bus toutes les 2 heures, ligne 7 : 1 bus toutes les 30 à 40 mn, ligne 9 :1 bus toutes les 50 mn. Il n'y aura pas de service assuré sur les lignes 8, 10, 11, 14 et navette de Bayonne, ni sur les lignes AlloBus St-Pierre-d'Irube et Anglet. Les services Endarra - Largenté - Camus - Loste seront par contre assurés.

Côté éducation nationale, pour ce qui concerne les écoles primaires des grandes agglomérations, la mairie de Bayonne a annoncé qu'elle assurerait un service minimum au Centre de loisirs Arrousset de 8 h 30 à 16 h 30. Il est demandé de prévenir aujourd'hui pour demain de la présence des enfants. En effet, seront prioritaires les enfants dont les deux parents travaillent.

Anglet de son côté ouvrira le centre Baroja, de 8h à 17 h 30. Les enfants de Biarritz seront, eux, accueillis au Centre de loisirs Mouriscot, de 7 h à 19h. Un bus assurera la liaison entre la mairie et le centre Mouriscot.

À Saint-Jean-de-Luz, deux écoles élémentaires sur trois seront en grève, dont une en grève partielle. Les services minimums seront appliqués dans les écoles en grève.

À Hendaye, par contre, le service minimum ne sera pas assuré au motif que «la mairie ne dispose pas du personnel requis».

Il est vivement conseillé aux parents de prendre leurs renseignements auprès des mairies dès ce matin pour connaître les services minimums assurés - ou pas - dans les communes du Pays Basque.

inprimatu