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Culture

"Je n'ai pas vu l'affiche. Mais il faut des points d'accroche pour faire venir le public "

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24/01/2009

ENTRETIEN/ Christophe HONDELATTE /Journaliste

Christophe Hondelatte, journaliste né à Bayonne et ayant grandi dans la région, anime Le journal inattendu chaque samedi sur RTL, (succédant ainsi à Laurence Ferrari). En complément de Faites entrer l'accusé, il intervient aussi dans Tandem sur France 2, une émission régulière en première partie de soirée. Il présentera la soirée L'Olympia fête le Sud-Ouest autour d'Anne Etchegoyen et ses Amis sachant qu'il avait fait connaître dans le journal Sud-Ouest son point de vue tranché à propos des cultures locales.

Cet été, vous avez reproché à la culture basque d'être refermée sur elle-même, comme une «culture sous cloche». Sans revenir sur cette position, aujourd'hui on ne peut pas dire que le spectacle L'Olympia fête le Sud-Ouest que vous allez présenter courant février soit une soirée novatrice, bien au contraire ?

Je n'ai pas vu la programmation, c'est Anne Etchegoyen qui m'a demandé de présenter cette soirée. Anne est mon amie, je fais cela gratuitement. Vous savez lorsque je présente une émission, je ne suis pas toujours d'accord avec le contenu mais je le fais quand même et cela fait partie de mon travail de journaliste.

Je crois qu'Anne Etchegoyen s'impose comme une des grandes voix du Pays Basque. Après des concerts au stade de France, ils sont beaucoup à reconnaître la qualité de sa voix. Anne est en train de devenir une référence musicale.

Même si c'est un ami, je n'étais pas particulièrement attiré par le style de Michel Etcheverry mais malgré tout, il faut reconnaître qu'il était un ambassadeur de la musique du Pays Basque.

Avez-vous vu l'affiche de cette soirée ? Si on parle de «culture sous cloche», elle enferme dans des clichés la vision qu'ont les Parisiens du Sud Ouest. (Béret Basque, costume traditionnel...) Cela correspond-il à un modèle de promotion culturelle que vous souhaitez défendre ?

Je n'ai pas vu l'affiche. Mais il faut des points d'accroche pour faire venir le public. C'est très courageux de la part d'Anne Etchegoyen de se risquer à l'Olympia. Pour certains, originaires du Pays Basque, la tentation de remplir la salle parisienne s'est transformée en échec.

Si l'on parle culture traditionnelle, la pastorale est une forme d'expression traditionnelle, très conservatrice avec laquelle on peut être très critique ?

Je suis content de vous entendre dire cela. La pastorale est un spectacle figé sur de nombreux aspects, qui évolue peu et qui reste refermée sur elle-même.

Je voulais surtout mettre en valeur dans l'expression culture «sous cloche» la nécessité d'évolution des cultures. Mais aussi dénoncer une réappropriation à contretemps de la culture avec des arrière-pensées nationalistes. Exemple : les mutikoak sont une fausse tradition ! Moi qui ai grandi à Bassussaury et dansé dans ma jeunesse, je peux vous dire que les mutikoak viennent directement du Pays Basque Sud. Il ne s'agit pas d'une réelle tradition locale.

Alors si vous considérez que la Pastorale est une forme de spectacle refermé sur elle-même, pourquoi présentez-vous la soirée à l'Olympia dans laquelle Pier Pol Berzaiz (un des piliers du spectacle souletin) chantera et de manière traditionnelle ? On pourrait dire la même chose de Pampi Laduche, Pierre Dospital, Pascal Ondarts, ou encore les Choeurs d'Hommes Anaiki et Aizkoa qui ne correspondent pas vraiment à votre définition «de cultures ouvertes qui à l'heure du Rap se nourrissent des autres» et qui seront présents ?

Comme je vous l'ai expliqué, je n'ai pas vu la programmation, je souhaite juste aider Anne Etchegoyen qui est une chanteuse à part, avec des qualités musicales certaines. D'ailleurs elle chante en anglais, en italien, c'est une forme d'ouverture évidente.

Après si j'avais dû organiser cette soirée, je n'aurais certainement pas choisi la même programmation mais cela me regarde. Si des gens ne sont pas d'accord avec cette soirée consacrée au Sud Ouest, rien ne les empêche un mois plus tard de faire leur propre soirée avec les groupes de leurs choix à l'Olympia.

Si on revient aux spectacles traditionnels, ce que je regrette c'est la dichotomie entre la Côte et le Pays Basque intérieur en terme d'offre culturelle et le fait que beaucoup de spectacle se résume souvent au folklore.

En effet, il n'y a pas d'échanges entre les créations de la Côte et celle du Pays Basque intérieur. Trop souvent les offres de spectacle se divisent entre public abertzale et non abertzale plutôt d'influence française.

Jean Sébastien MORA

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