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L'opinion - Tribune Libre

Appel à la décision du tribunal correctionnel de Laval

13/01/2009

Hervé Eon / Comité de Soutien pour la relaxe d'Hervé Eon

Le parquet de Laval a jugé utile de me poursuivre pour avoir brandi sur le parcours présidentiel à Laval le 28 août 2008 la pancarte sur laquelle était écrit «casse toi pov'con» et donc considéré que j'avais offensé le Président de la République...

Le jugement rendu à mon encontre fait état d'une condamnation de principe à une amende de 30 euros avec sursis. «Si le prévenu n'avait pas eu l'intention d'offenser, mais seulement l'intention de donner une leçon de politesse incongrue, il n'aurait pas manqué de faire précéder la phrase «Casse-toi pov'con» par une formule du genre «on ne dit pas», souligne le jugement.» En guise de «simple avertissement», le tribunal m'a condamné à «une amende de principe de trente euros avec sursis». Je n'accepte pas ce verdict qui laisserait à penser que tel un potache je mérite un avertissement. Une leçon de politesse n'est pas incongrue qu'elle soit à destination du Président ou d'un simple citoyen. La fonction présidentielle ne dispense pas celui qui l'occupe d'être poli avec les citoyens même si la loi protège sa fonction. La décision est politique et doit être combattue, juridiquement et politiquement. Pour ma part, je continue le combat juridique et fais confiance à mes amis politiques pour que le combat politique soit aussi mené. J'y prendrais toute ma place.

J'ai donc décidé, après conseil auprès de Me Dominique NOGUERES et de mes camarades politiques, de faire appel de la décision rendue le 6 novembre 2008. L'affaire sera jugée à la cour d'appel d'Angers (49), la date n'est pas connue à ce jour.

Le tribunal correctionnel de Laval a suivi le réquisitoire du procureur de la république. À ses yeux, l'offense serait constituée et il me condamne à 30 euros d'amende avec sursis. Le 28 août 2008, des fonctionnaires de police zélés ont désigné une prétendue victime qui aurait été offensée de n'avoir pas vu mon carton sur lequel était inscrit «Casse toi pov'con» ; Cela justifiait à leurs yeux une audition au commissariat, et la substitut du procureur tout autant zélée décidait d'engager des poursuites à mon encontre. Je comprends les pressions qui s'exercent sur tous les rouages de l'État. Nous avons conscience de la période politique dans laquelle nous sommes.

J'espérais, tout comme vous, que les fonctionnaires chargés de la justice et du maintien de l'ordre fassent preuve de discernement et s'autorisent à réfléchir d'avantage avant d'engager de telles sanctions à l'encontre des militants ou citoyens engagés. Ce que n'a pas fait, aujourd'hui le tribunal correctionnel de Laval en suivant les réquisitions du procureur.

Je suis convaincu, autant que vous, qui m'avez soutenu, que cette situation est le résultat d'une politique méprisante, arrogante que mène M. Sarkozy et son gouvernement. Nous avons, nous aussi, de la mémoire : Qui insulte des pans entiers de la population en les traitants de «racailles», qui nie au peuple le droit de montrer son désaccord avec les politiques menées : Rappelez-vous ces propos : «ce n'est pas la rue qui gouverne» ou «les réformes se feront de toute façon car je suis le président». Qui transforme nos institutions judiciaires, éducatives... sans concertation ? (...) Relaxé ou condamné le combat politique continue, je défendrais pour ce qui me concerne les valeurs de la République et serais intransigeant avec moi-même et tous ceux qui la mettront en danger.

inprimatu