Culture
"C'est une histoire que je raconte avec le corps "

09/01/2009
ENTRETIEN/Adriana ALOSI / Danseuse, actrice
Adriana Alosi est une danseuse reconnue, native de Milan dans le Piémont en Italie, elle s'est produite avec la Scala de cette même ville, mais aussi avec l'Académie de Rome et l'Opéra de Marseille. Après avoir présenté son spectacle jeune public «Du début à la fin» notamment au festival d'Avignon, elle jouera sa création demain à 17h au Colisée à Biarritz.
Du début à la fin est-il un spectacle de danse pour des enfants ?
J'ai une formation de danseuse mais j'avais envie de mettre en scène la nouvelle de Pierre Delye. Il s'agit d'un spectacle qui allie la narration, le théâtre d'objet et la danse. J'aime le rapport direct pour les enfants et ce type de mise en scène qui est une trame de fond avec une dimension pédagogique.
La danse est relativement abstraite ?
En dépit de mon parcours, j'ai également été intéressé par la danse contemporaine. Le propre de la danse, c'est que le spectateur reconstitue la trame de l'histoire. Bien sûr avec des enfants, c'est difficile d'être dans l'abstraction même s'il faut ouvrir les enfants à l'imaginaire. Je rentre donc dans l'abstraction avec parcimonie, en donnant des pistes avec des objets.
C'est surtout une histoire que je raconte avec le corps. Lorsque j'interpelle le public, c'est pour laisser le temps aux enfants de comprendre, de se mettre dans le rythme de l'histoire.
Vous êtes assez répétitive dans la narration ?
Oui, ce spectacle est construit pour des petits de trois ans et plus. Revenir sur les choses est une manière de fonctionner et d'apprendre à cet âge. L'histoire tourne autour de la débrouille et de l'autonomie d'un personnage nommé «petit pas» qui cherche à se procurer du pain. Il s'agit d'un thème qui parle aux enfants de cet âge car c'est le moment où ils développent leur personnalité, leur autonomie, mais aussi les débuts de la confrontation avec la mère. Par ailleurs, nous avons essayé cette création dans les écoles et nous l'avons modifiée et adaptée en fonction de la capacité à ce que les enfants avaient eu à comprendre l'histoire, mais aussi à ressentir le spectacle. Je pense que du Début à la Faim leur parle.
Jean Sébastien Mora





