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Aïtor.-Légende Cantabre de Chaho

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31/12/2008

Jean Sébastien Mora

Hector Iglesias, du centre de recherche IKER a voulu redonner naissance à l'un des nombreux textes du célèbre écrivain souletin Joseph-Augustin Chaho, à savoir l'extrait d'un ouvrage publié en 1847, l'histoire primitive des euskariens-basques.

Il s'agit d'un long chapitre intitulé Aïtor.-Légende Cantabre. Il avait par ailleurs été édité antérieurement dans l'Ariel, le fameux journal fondé en 1 844 par Chaho lui-même.

Cette légende cantabre d'Aïtor fut par la suite traduite en espagnol par Arturo Campion de 1878-1879.

Mais surtout le texte du célèbre écrivain souletin a été remis au goût du jour tout récemment avec la traduction en arménien par le professeur Vahan Sarkissian. En arménien ? Plus d'un en sera surpris. Cela vient du fait que depuis très longtemps les linguistes font des rapprochements entre les langues caucasiennes et le basque. (principalement en raison de l'Ergativité). Il y a un peu plus d'un an le chercheur Arménien, membre d'honneur d'Euskaltzaindia, avait tenu une conférence sur la théorie basco-arménienne et les parallélismes toponymiques basco-arméniens.

Publié en trois langues

Aujourd'hui le texte de Chaho, Aïtor.-Légende Cantabre, a été traduit en basque par Hector Iglesias du centre d'IKER. Avec sa publication en français (tel qu'il était originellement dans l'Ariel), la traduction en basque et celle en espagnol sont publiées dans un même ouvrage.

Agustin Chaho est probablement un des personnages les plus curieux et les plus intéressants du Pays Basque. Né probablement à Tardets en 1 811 (sa maison transformée en bar est visible à la sortie du village en allant vers Montory), Agustin Chaho a participé à l'éveil du nationalisme ou abertzalisme basque.

À la différence des frères Arana Goiri, Chaho est un homme de gauche, républicain, partisan de la laïcité, qui adhérera aux idées socialistes dès leur apparition. Sa construction de la nation basque se projette dans une vision internationaliste et comme un précurseur de la construction européenne, sur une base démocratique.

Lorsqu'il développe pour la première fois ses théories, Augustin Chaho n'est qu'un jeune journaliste de 25 ans qui publie un premier reportage sur les guerres carlistes.

Une figure oubliée

Les historiens s'intéressent depuis peu à Augustin Chaho, qui dès 1836, à travers ses Paroles d'un bizkaien aux libéraux de la reine Christine puis Voyage en Navarre pendant l'insurrection des basques (1830-1835) énonce soixante ans avant Sabino Arana, des thèses en faveur de l'indépendance du Pays Basque, de sa réunification avec le Pays Basque nord, sous une forme républicaine. Dans le journal politique l'Ariel, il publie des articles en français, mais aussi en euskara, en gascon bayonnais et en béarnais. Chaho sera d'ailleurs l'inventeur de la formule Zazpiak bat.

Plus tard, Chaho créera le tout premier journal exclusivement rédigé en basque Uskal-herriko Gaseta. Dès 1836, Chaho avait préconisé à plusieurs reprises l'enseignement exclusif du basque et l'établissement d'une orthographe unifiée.

Nié par Sabino Arana

En réalité, la vision d'Augustin Chaho dérange les biographes de Sabino Arana Goiri, qui lui-même occultait cet héritage. D'abord parce que Chaho est un Basque du nord, Souletin, ayant vécu la majeure partie de sa vie à Bayonne, né 54 ans avant Sabino Arana, qui ne peut ignorer ses prises de positions. D'autant que le Souletin sera élu conseiller municipal après avoir proclamé la République à Bayonne, à la tête d'une manifestation d'insurgés au moment de la Révolution de 1 848.

Ses prises de positions, contre la dérive bonapartiste du pouvoir du président Louis-Napoléon, le condamneront au bannissement et à l'exil, puis au silence, tant il sera la cible d'un harcèlement policier permanent de la police impériale.

Aïtor.-Légende Cantabre de Joseph-Agustin Chaho ; texte original tiré de la revue «Ariel», 1 845 18 euros.

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