Pays Basque
Antenne relais : Bayonne passe à l'attaque avec la création d'une commission de concertation

23/12/2008
Antoinette Paoli
Les récents conflits qui ont opposé les communes de Bayonne, Anglet, St-Pierre-d'Irube et Ustaritz avec les opérateurs de téléphonie mobile ont fait des vagues.
Lors du dernier conseil municipal du vendredi 19 décembre, la question sensible des antennes-relais est revenue sur le tapis.
Un groupe de travail mené par Martine Bisauta, adjointe au développement durable, a abouti à la création d'une commission communale de concertation réunissant des représentants de l'État, les opérateurs de téléphonie mobile, des élus, experts indépendants et associations spécialisées, et des compétences juridiques. Une commission qui sera définie en janvier-février prochain.
Marge de manoeuvre
«Le dossier des antennes est très complexe car il y a les dimensions scientifiques, juridiques et sanitaires». Face à la loi en vigueur «les communes et intercommunalités n'ont aucune marge de manoeuvre, et perdent devant les tribunaux» déplore Martine Bisauta. «C'est un bras de fer permanent qui ne sert pas à grand-chose si l'on n'essaye pas de bouger». L'objectif à long terme est d'élaborer une loi ou au moins un cadre qui réglementera l'implantation de ces antennes.
À la commission, est associé le Priartem, qui milite pour plus d'informations en terme de risques sanitaires avec des experts scientifiques, et sera représenté par M.Oberhausen, expert à Bordeaux.
Seuil d'exposition
Le rapport Bio Initiative, rejoint la position des associations comme Robin des Toits, et demande une limite d'exposition de 0,6 volt /mètre (obtenu dans un Lander en Allemagne) ; l'État français autorise quant à lui une exposition à v/mètre. «On sait que les risques sont avérés, mais la communauté scientifique est encore divisée», souligne prudente Mme Bisauta. Des symptômes reconnus comme des fortes migraines et vertiges venant d'une hypersensibilité électromagnétique ont récemment poussé des collectifs de riverains à se mobiliser au Pays Basque et en Béarn. L'Hexagone compte actuellement 47 000 antennes, mais les opérateurs multiplient les implantations depuis trois ans avec la 3G et la circulation d'images, photos et vidéos. Une spirale sans fin qui entraîne consommateurs avides de technologie et opérateurs avides de profit.
Mme Bisauta compte sur le projet d'enquête parlementaire mené par le député-maire Jean Grenet, afin de faire évoluer la loi : une possibilité prévue par le guide des opérateurs avec l'association des Maires de France, ce qui rend Mme Bisauta optimiste.





