Pays Basque
Sida : Aides Pays Basque mobilise alors que l'opinion se démobilise

28/11/2008
Yann Emmanuel
Si des associations comme Aides mènent toute l'année un patient travail de terrain, le 1er décembre reste l'occasion d`un coup de projecteur sur la pertinence de la lutte contre le Sida et l'occasion de diffuser un message généraliste de prévention à l'ensemble de la population, alors que celle-ci a tendance à se démobiliser, depuis l'arrivée des trithérapies. C'est ce à quoi va s'appliquer une fois encore l'association Aides, qui a placé les initiatives du 1er décembre sous le signe du partenariat.
Partenariat
Partenariat avec l'équipe de Médecine préventive de la Fac de Bayonne, qui essaie de sensibiliser toute l'année les étudiants à la prévention des risques. Lundi, de 11 h à 14 h, sur le nouveau Campus de la Nive, un parcours ludique d'information sur le VIH abordera avec les étudiants la question du dépistage et de la recrudescence des IST (Infections sexuellement transmissibles). Toute la journée, le public pourra rencontrer les bénévoles et salariés d'Aides, dans leurs locaux de l'avenue Duvergier à Bayonne. Des scolaires sont invités à venir s'informer ce jour-là. Une soirée de soutien financier à Aides aura également lieu le 5 décembre au club 64 à Anglet.
Un partenariat étendu à Biarritz, où la mairie a participé à la mise en place, à l'Atabal, d'une exposition photo, qui ira après à Donostia. «Positif ou négatif, l'un des deux est séropositif» est une exposition de la photographe Joëlle Dolé, présentant des portraits croisés de personnes séronégatives et séropositives, dans l'objectif de «changer le regard» sur la maladie et les malades et de lutter contre les discriminations qui les touchent. Une exposition rendue possible grâce au partenariat de Lesbiennes, Gaies, Bi et Transsexuelles et LGP Impact de Biarritz avec «Gehitu» et le groupe Hommes ayant une sexualité avec d'autres hommes du Pays Basque sud.
«On ne s'arrête pas de draguer à la frontière», souligne Paskal Bernard, «animateur d'action», à Aides qui fait part du travail de réduction des risques mené en commun des deux côtés de la Bidasoa sur les lieux de rencontres et bars gay. Un partenariat étendu au travail en direction des prostitué-es avec l'association Simentarie, dans la même optique de santé communautaire, visant à une prise en charge de la prévention par les personnes concernées.
Car les associations se retrouvent obligées de faire le grand écart entre messages de prévention généralistes et communautaires, alors qu'il ressort du bilan de 25 ans de lutte contre le Sida que les messages communautaires sont les seuls à atteindre leurs objectifs. Un paradoxe accentué par le nouveau visage de la pandémie de Sida, alors que les personnes nouvellement contaminées sont majoritairement hétérosexuelles, la réduction des risques ayant fait ses preuves chez les usagers de drogues comme chez les homosexuels, même s'il existe une tendance lourde au «relâchement» de l'utilisation du préservatif chez ceux-ci.
Dépistage
Alors que l'hôpital de Bayonne organise toute la semaine une campagne de dépistage anonyme et gratuit, visant les 200 personnes séropositives non diagnostiquées, Aides a présenté un nouveau dispositif de dépistage communautaire, Com Test qui va d'abord être testé dans quatre grandes métropoles, avec l'accord de l'ANRS (Agence nationale de recherche sur le Sida) et qui sera après éventuellement étendu. Celui-ci consiste en un test de dépistage à résultat rapide, destiné aux personnes homosexuelles, et réalisé par des militants d'Aides et le projet DRAG, d'utilisation de ces tests dans les centres de dépistage.
Rappelons qu'un dépistage anonyme et gratuit peut être réalisé à l'Hôpital de Bayonne et qu'en cas de prise de risques, il est possible, dans les 48 h d'avoir accès à un traitement d'urgence.
Enfin, il faut bien rappeler que le Sida concerne tout le monde et que la meilleure des préventions reste l'utilisation du préservatif lors de tout rapport sexuel et l'abstention de tout partage de matériel de consommation de drogues (seringues, pailles, cuillères etc.).
En Pays Basque nord, 680 personnes séropositives ou malades du Sida sont suivies à l'Hôpital de Bayonne. Le Pays Basque fait partie des territoires les plus contaminés (avec la Côte d'Azur et les Dom-Tom). On estime à 200 le nombre de personnes séropositives ne le sachant pas, une population ciblée par les campagnes de dépistage menées actuellement.
Sur le territoire français, 36 000 personnes sont contaminées sans le savoir.
Dans le monde, 33 millions de personnes, dont 50 % de femmes sont contaminées, la majorité n'a pas accès aux traitements. Depuis le début de la pandémie, le Sida a tué plus de 25 millions de personnes. Chaque jour, 6 800 personnes sont contaminées.





