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Culture

"Il faut absolument revenir aux petites salles "

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26/11/2008

Asthmatic Lion Sound System est le titre du nouvel opus de Fermin Muguruza, un album réalisé dans différentes villes à travers le monde.

Ce disque revient aux sources de la carrière solo de Muguruza avec une série de collaborations plus étonnantes les unes que les autres, allant de Dave Hillyard (The Slackers) jusqu'à Minsa (Desechos) en passant par Al Rumjen (Asian Dub Foundation) Marina (Ojos de Brujo) ou encore Manu Chao. Il était cette semaine au siège du journal à Urrugne pour répondre à nos questions.

Avec un ensemble de collaborations, une musique très influencée par la dub et la drums and bass, le disque est dans l'esprit de Brigadistak. Quelle idée aviez-vous avant d'enregistrer ?

En fait ce disque fait suite à une tournée de six mois à travers le monde. Une tournée que nous avons faite avec 16 musiciens et avec les lesquels nous avons essayé de retranscrire le son ces villes.

Cela fait 25 ans que je sillonne les scènes et je suis très content de pouvoir enregistrer un disque qui puisse mettre en valeur les rencontres que j'ai pu faire. C'est en quelque sorte un carnet de voyage musical. Nous avons enregistré à Irun mais aussi à Berlin, New York, Tokyo, Niamey ou Jérusalem...

Vous évoquez les 25 années de scènes et vos débuts avec Kortatu. Ce disque résulte d'une évolution musicale personnelle ou d'un calcul musical voire commercial ?

Je n'ai jamais pensé en terme de public, j'essaye de produire la musique telle que je la vis et je la ressens. Malgré la diversité des disques, je pense que mon parcours musical se range dans une suite logique et cohérente, avec ses ramifications comme Ireki Ateak enregistré avec DUT.

Et le titre du disque de votre nouveau disque ?

Le terme «Asthmatic Lion Sound System» est né Rostock dans le collectif contre le G8 en juin 2007.

A cette époque nous étions plusieurs musiciens au campement «Reddelich» et nous avions organisé quatre jours successifs de concerts. Avec Sorkun, Jon Elizalde, le Dj DZ, et la chanteuse Ghanéenne Baijka, nous avions choisi le terme «le lion asthmatique contre le G8» pour mettre en scène le fait que nous aussi nous avions nos faiblesses, que nous manquions d'oxygène. Expliquer également que le chemin à suivre et notre engagement nous maintenaient en vie malgré les difficultés.

Vous poursuivez vos engagements et votre lutte sur le terrain comme vous aviez pu le faire en Palestine ou au Chiapas ?

Moins, aujourd'hui, j'essaie de travailler avec les médias audiovisuels. J'ai par exemple un projet de documentaire vidéo sur la musique palestinienne.

Si on revient à la musique, quels groupes vous plaisent ou attirent votre attention aujourd'hui au Pays Basque ?

Beaucoup de choses, par exemple le hip-hop fusion de MAK, mais aussi Sorkun, Lisabö.

Mais, il manque pour moi une formation avec des membres jeunes tout juste âgés de 20 ans pour lesquels je me dis «ouah». Le dernier en date était pour moi DUT et cela remonte à presque 10 ans. Je pourrais vous citer plusieurs groupes comme Esne Beltza mais les musiciens sont tous trentenaires.

Le problème de la scène musicale basque, c'est l'émergence des grands festivals ces dix dernières années. Il n'y a plus d'espaces de diffusion pour les petits groupes et c'est regrettable. Il faut absolument revenir aux petites salles et aux concerts modestes, que le public est à nouveau envie de découvrir.

De plus en plus de groupes se mettent à chanter en anglais, par exemple les Argentins bilbotar de «Capsula» qui réussissent à exporter leur musique, notamment aux Etats-Unis et en Angleterre. A contrario, certains disent que des groupes comme DUT ne sont jamais sortis du Pays Basque à cause de la langue.

Chanter en anglais est une tentation commerciale plus qu'artistique. Sans parler du fait que le basque ait une forte musicalité, je reste certain que le rock dans sa langue a plus d'authenticité et ne constitue pas un frein à la diffusion.

Que cela soit avec Kortatu ou Negu Gorriak, j'en suis la preuve. A l'époque nous étions totalement à contre-courant : nous gravions en indépendant et nous chantions dans une langue minoritaire, le basque. Pourtant nous avons enchaîné les concerts en Europe et en Amérique du Sud. Nous avons vendu des disques jusqu'au Japon.

Vous avez des projets de concerts ?

Non, pour tous mes albums solos il y a eu un temps de latence entre la diffusion du disque et des dates de concerts. Donc aucun projet de ce côté pour l'instant.

Jean Sébastien Mora

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