Pays Basque
CCI : les salariés manifestent pour le maintien de la structure Bayonne/Pays Basque

26/11/2008
Sébastien Vaïsse
«Gardons notre CCI à Bayonne»... Tel était le slogan scandait à grands coups de hauts parleurs hier matin par la soixantaine de salariés grévistes de la Chambre du Commerce et d'Industrie de Bayonne Pays Basque (50 % du personnel) réunis à l'appel de l'ensemble du personnel devant la sous-préfecture. Un rassemblement matinal dans un froid hivernal pour défendre la structure CCI du Pays Basque qui risque prochainement de disparaître via la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) souhaitée par le gouvernement.
Une coïncidence plutôt pertinente dans la mesure où les présidents des CCI se réunissaient hier à Paris pour choisir «entre deux scénarios». Le choix retenu sera d'ailleurs présenté lors des États Généraux des CCI, le 9 décembre prochain également à Paris. Selon Colette Deburggraeve, délégué du personnel, «ce choix sera déterminant pour l'avenir de la CCI de Bayonne Pays Basque».
Deux scénarios
«Il y a deux scénarios possibles : l'un descendant et l'autre montant» explique Colette Deburggraeve. Selon les salariés, la première option repose sur la «région qui centraliserait et capterait toutes les ressources» enlevant du même fait, «toute l'autonomie décisionnaire» à la CCI du Pays Basque. Bien évidemment ce choix est rejeté en bloc puisque «cette décision irait à l'encontre de l'intérêt de nos PME TPE qui perdraient le service d'ingénierie de qualité, de proximité dont elles ont bénéficié lors de leur création». «Nous sommes pour le maintien de notre autonomie décisionnaire et budgétaire ainsi que pour le maintien des emplois et des salaires parce qu'on pense que la CCI de Bayonne a quand même une action très importante sur le tissu économique local» tonne la déléguée du personnel. Rappelons peut-être qu'aujourd'hui sur le Pays Basque 96 % des entreprises ont moins de dix salariés et qu'en 10 ans le nombre de CDD a augmenté de plus de 70 % surtout dans le secteur économique résidentiel.
Le second scénario, défendu par les salariés de la CCI hier matin, est celui «qui propose une réduction de 10 % en cinq ans de la participation de l'État sur le budget de la CCI Bayonne Pays Basque». Selon les tracts, tamponnés du sigle de la CFDT et distribués à la pelle hier matin, «la participation de l'État ne représente aujourd'hui que 18 % du budget, soit 90 000 euros sur un budget global de 23,8 millions d'euros». De plus «la CCI Pays Basque, par l'augmentation de ses propres ressources, est en mesure de pallier le désengagement de l'État et aussi de préserver l'emploi qualifié sur la CCI de Bayonne par une politique de développement de ses activités».
Reçus par le maire
Les salariés grévistes ont dans un premier temps été reçus par le député maire de Bayonne Jean Grenet avant de rencontrer le secrétaire du sous-préfet - «Ils se sentent concernés par nos revendications et tiennent beaucoup au maintien de la CCI à Bayonne. Le député maire a aussi signalé qu'il était derrière nous et qu'il n'était pas question pour lui qu'il n'y ait pas de CCI sur Bayonne» souligne Colette Deburggraeve.
Alors que se passera-t-il, si la décision du 9 décembre rendue lors des États Généraux, favorise la première option (descendant - Centralisation au niveau de la région) ? «On peut imaginer un scénario catastrophe dans lequel on aurait juste une antenne avec quatre ou cinq personnes qui répondraient à des formalités tout à fait simples. Néanmoins, les toutes petites et moyennes entreprises qui voudraient faire appel à la CCI seraient dans l'obligation d'aller sur Bordeaux... Il n'y aurait plus ce service de proximité auquel nous tenons» conclut la déléguée du personnel.
Aujourd'hui, la participation de l'État ne représente que 18 % du budget de la CCI Bayonne Pays Basque
Délégué du personnel CFDT
«Nous sommes pour le maintien de notre autonomie décisionnaire et budgétaire»





