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Luz Clinic veut ouvrir les yeux sur Oloron

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06/11/2008

Claire Revenu-Jomier

Luz Clinic est embarqué dans une belle galère, celle de la polyclinique Olçomendy d'Oloron. Une galère dans laquelle le Dr Jean-Louis Douenne, qui a développé une expertise de pointe en microchirurgie oculaire ambulatoire à Saint-Jean-de-Luz, s'est embarqué quand il a vendu sa clinique à la SMAM en 2005.

La mutuelle venait alors d'acquérir la polyclinique d'Oloron. Elle lui adjoint le fleuron de l'ophtalmologie en Aquitaine qu'est Luz Clinic. Jean-Louis Douenne opère à Lohitzune, à Pampelune et à Oloron où il dispose d'un plateau technique de pointe. La demande sur le bassin de la petite ville de Béarn est importante. Quatre ans plus tard, Olçomendy, gérée par la SMAM, et progressivement désertée par la moitié de ses chirurgiens et la totalité de ses anesthésistes, est au bord du gouffre.

Le dossier de reprise par le groupe Kappa Santé, (sollicité in extremis par Jean Lassalle qui espérait notamment sauver la maternité) est actuellement entre les mains d'un administrateur judiciaire.

Dans le mur

A quelques semaines de la délibération du tribunal de Pau, le 25 novembre, le Dr Douenne prend position : «Il y a à Oloron un véritable problème de santé publique. Il faut parler et je le fais. Sauver cette clinique est une vision à très court terme, il faut arrêter la langue de bois ! On n'entend pas les gens sensés, il y a trop d'affectif dans ce dossier. C'est parfaitement compréhensible, des emplois sont en jeu. Mais la polyclinique va dans le mur. Il est inadmissible de laisser s'illusionner les salariés. Si la polyclinique est maintenue, c'est l'hôpital qui risque de disparaître à terme car il n'aura pas développé suffisamment d'activité pour survivre. Il n'y a pas de place pour deux établissements de santé dans une petite ville comme Oloron».

Maternité

Les préconisations de l'ARH (Agence Régionale de l'Hospitalisation) partout en France vont dans ce sens. Ce qui se dessine va plutôt dans le sens de deux pôles de santé par département de toute façon. Ici, ce serait Bayonne et Pau.

L'émotion à Oloron se cristallise surtout autour de la maternité. Sa disparition contraindrait les mamans du secteur et notamment celles de Soule à aller accoucher à Pau. Sa transposition au sein de l'hôpital, si elle semble réalisable, serait tributaire de la présence d'un tandem de pédiatres et d'anesthésistes qui pourraient assurer les gardes qu'une maternité exige. «Il y a pénurie de médecins en France. C'est déjà compliqué d'en trouver qui voudraient travailler à Bordeaux, alors Oloron...» ajoute le Dr Douenne.

Le chirurgien estime par ailleurs que la sécurité des patients est actuellement en jeu. De par son placement entre les mains d'un administrateur judiciaire, les commandes de matériel fonctionnent au ralenti à Oloron. Les livraisons arrivent avec retard, ou n'arrivent pas du tout. Des opérations pourraient ne pas être assurées.

«On a vraiment peur» confie Lynda Constantin, déléguée du personnel, qui parle au nom des 16 salariés de Luz Clinic. «Ce qu'on aimerait c'est défusionner d'Olçomendy, qu'on nous libère et qu'on continue à travailler comme avant». «Et le fait que Kappa Santé ne veuille pas nous désolidariser de la polyclinique me fait craindre qu'il ne s'agisse que d'un coup financier à court terme» assène le Dr Douenne.

Désolidarisés ou pas, le sort de Luz Clinic est lié à celui des 75 salariés d'Olçomendy jusqu'au 25 novembre. Au moins.

Dr Jean-Louis Douenne

«Il n'y a pas de place pour deux établissements de santé à Oloron»

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