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Pays Basque

Un demi-siècle après, le combat pour le droit des femmes continue

Le Deuxième Sexe de S. de Beauvoir a inspiré la soirée de jeudi. Une soirée film-débat avec la projection de Je veux tout de la vie de Pascale Fautrier et Pierre Séguin

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04/11/2008

Antoinette Paoli

Le cinéma l'Atalante Bayonne propose jeudi 6 novembre une soirée inédite à l'occasion du centenaire de naissance de l'écrivaine la plus engagée pour la cause des femmes au XXe siècle, Simone de Beauvoir. Cette soirée s'inscrit également dans le cadre de la «journée Internationale contre les violences faîtes aux femmes» le 25 novembre prochain. Cette soirée est organisée par l'Atalante en collaboration avec le Collectif contre les violences sexistes du Pays Basque. Et c'est également dans le cadre du Mois du Doc en Aquitaine «Cinequa' Doc» que le film a pu être visible à Bayonne.

Selon les auteurs du film, l'ambition des documentaires est de faire prendre conscience au plus large public, le rôle capital joué par Simone de Beauvoir et son essai majeur, le Deuxième Sexe, dans la révolution des consciences, des moeurs et des lois qui ont marqué le dernier quart du XXe siècle, pour l'émancipation et l'indépendance actuelle des femmes occidentales.

«On ne naît pas femme,

on le devient»

«Je veux tout de la vie, ou la liberté selon Simone de Beauvoir», de Pascale Fautrier et Pierre Séguin, donne la parole à des intellectuels qui expliquent ce que leur a apporté la lecture de la philosophe, et en particulier de son livre le Deuxième Sexe. Le célèbre «slogan» tiré de ce livre, véritable bombe à retardement à l'époque, est devenu l'une des phrases qui ont fait le monde. Chaque section du documentaire commence par une lecture de cet essai, paru en 1949, devenu le livre de chevet de femmes du monde entier qui s'interrogent sur l'histoire et le devenir de la moitié de l'humanité. Parmi les intellectuels interrogés, on peut citer les écrivaines Annie Ernaux, Julia Kristeva, ainsi que l'écrivain Philippe Sollers et l'ancienne Ministre des Droits de la femme, Yvette Roudy.

Des droits menacés :

l'Etat français en retard

En soixante ans, malgré de nombreux progrès, il reste encore beaucoup à faire en faveur du droit des femmes. La réalité ne change pas aussi vite que le souhaitait Simone de Beauvoir. «Selon le ministère de la Santé, une femme meurt de violences conjugales, tous les deux jours dans l'Etat français», rappelle Maider Etxoan, membre du Collectif contre les violences sexistes : «Cette soirée est encore une fois pour nous l'occasion de rappeler qu'il faut une loi-cadre contre les violences, comme cela se pratique déjà dans l'Etat espagnole» ; une loi existe pour, d'une part condamner les auteurs de violences, mais aussi prendre en charge leurs victimes. Selon le Collectif, il existe peu de solutions actuellement et les femmes sont confrontées à une deuxième violence, qui est institutionnelle. Le Foyer des Mouettes à Bayonne accueille les femmes en cas d'urgence ; mais le flou juridique actuel ne les protège pas suffisamment.

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