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La ligne Bayonne/Garazi abandonne l'électrique pour le diesel

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31/10/2008

Yann Emmanuel

A l'heure des recommandations du Grenelle de l'Environnement, et de la consensuelle mode du développement durable, la situation paraît pour le moins incongrue. RFF s'apprête en effet à remplacer les locomotives électriques de la ligne Bayonne/Saint-Jean-Pied-de-port par des locomotives fonctionnant au diesel. Le passage au diesel pourrait se faire lors du changement de service hiver/été, le 14 décembre prochain. Une date que ne confirme pas la direction de Réseau Ferré de France (RFF), qui fait état d'une décision prise au niveau étatique et qui devrait être confirmée par le prochain Conseil d'Administration de RFF.

La position de RFF...

Mme Larroque, de la direction de RFF, justifie ce passage au diesel par un mauvais état général de la ligne et des caténaires. «C'est un moindre mal» souligne Mme Larroque. «C'était ça ou fermer la ligne. Pour pérenniser le trafic ferroviaire et ne pas remettre les voitures sur la route, nous n'avions pas d'autre choix.» RFF fait état du coût de l'électrification : «A 1 million d'euros le Km, cela représente 30 ME pour 7 trains. Ce n'est ni rentable, ni raisonnable», souligne la responsable de RFF. Pourtant entre 2002 et 2007, le trafic a augmenté de plus 44 %.

...et du Conseil régional

Du côté du Conseil régional, l'autorité de tutelle sur les questions de transports, c'est la surprise : «Les bras nous en tombent», spécifie Fabienne Cala, la directrice adjointe aux infrastructures et aux transports. La région a créé depuis 2003 des dessertes sur cette ligne et avait inscrit la budgétisation de la première tranche de régénération de la ligne sur le tronçon Bayonne/Cambo à hauteur de 18,5 millions d'euros. Le Conseil cite une étude en cours avec RFF, l'Etat et les collectivités locales sur la desserte de la ligne régénérée et les 146,7 millions d'euros inscrits au Contrat de projet pour la sauvegarde des lignes secondaires, ainsi qu'un audit sur l'état du réseau.

Jean-Louis Carrere, premier vice-président du Conseil, chargé des infrastructures et des transports, est intervenu le 20 novembre en séance plénière pour demander la sauvegarde de la ligne : «Cette annonce marque un coup d'arrêt aux efforts entrepris jusque-là par le Conseil régional». Il s'étonne que RFF et la SNCF, «s'il y a urgence au point de mettre en péril la sécurité» ne les aient pas contactés plus tôt. «Il est intolérable qu'une telle décision qui va impacter le territoire, puisse se prendre sans concertation aucune.» La Région demande donc à RFF et à la SNCF l'ouverture d'une consultation en toute priorité «qui permettra de conserver la traction électrique sur la ligne Bayonne-SaintJean Pied de Port.»

La contradiction avec les objectifs du Grenelle de l'Environnement ne s'arrête pas là. Si une locomotive d'un TER électrique tirait deux wagons, une locomotive diesel ne peut en tirer qu'un. Ce qui obligera RFF à mettre deux locomotives pour deux wagons. De plus, la station-service bayonnaise dédiée aux trains, qui n'était plus aux normes, a été fermée, ce qui va obliger RFF à expédier des camions faire le plein à Pau, ou à envoyer chaque jour, les TER se réapprovisionner à Pau en essence.

Recenser les besoins

Le syndicat Lab des transports, à l'origine d'une pétition sur le maintien de la ligne est indigné de cette décision. «La ligne n'a pas été entretenue par RFF, les politiques n'ont pas agi.» Un constat sur le non-entretien partagé par tous, de la Région à RFF.

Rappelant son attachement à ne pas créer de voies nouvelles et à potentialiser l'existant, le syndicat Lab invite «à ne pas prendre le problème des transports par le petit bout de la lorgnette. L'intermodalité demande une synergie des transports inexistante à ce jour. Les collectivités locales sont sectorisées dans leurs compétences, alors qu'il faudrait une vision transversale recensant les besoins en transports de la population».

Jean-Louis CARRERE

Vice-président Conseil régional.

«Il est intolérable qu'une telle décision puisse se prendre sans concertation»

Mme Larroque

Direction de RFF.

«C'est un moindre mal. C'était ça ou fermer la ligne»

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