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Pays Basque

TVPI et la TNT : « Tout va changer, rien ne va changer ! "

25/10/2008

Mardi dernier, TVPI, la «petite» télévision locale est devenue un peu plus grande... En effet, le conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a donné l'autorisation à TVPI, en partenariat avec le groupe Sud-Ouest à hauteur de 40 %, d'émettre de la Rhune pour une durée de quinze ans. Alors quel impact cette décision aura-t-elle sur les programmations ? Quelle place pour l'euskara ? Le point avec le fondateur et directeur de la chaîne, Michel Lamarque.

Pouvez-vous revenir sur cette aventure TNT ?

Tout d'abord, la TNT c'est la future unique technique de diffusion de la télévision. C'est-à-dire qu'aujourd'hui on peut capter la télévision depuis la Rhune soit en analogique, soit en numérique, or dans deux ou trois ans il n'y aura plus que le numérique. TVPI, qui avait démarré en 2001 en hertzien, depuis le sol navarrais d'ailleurs, se devait d'aller sur la TNT qui est la technologie de demain. Pour cela le CSA a mis en place une sorte de concours et nous a finalement préférés à Médialandes, l'association qui est resté de l'aventure Alegria à Dax, et ETB qui ne partait pas pour gagner mais plus pour insister auprès du CSA sur la nécessité de pérenniser ETB1. Honnêtement ça n'est pas une grande surprise parce qu'on a tout fait pour remporter le concours.

C'est une bonne nouvelle ?

C'est une très bonne nouvelle. D'une part parce que ça pérennise un peu notre entreprise dans la mesure où nous étions toujours dans une certaine fragilité institutionnelle puisque nous n'avions pas de vraies autorisations. D'autre part ça va améliorer notre signal technique qui n'est pas toujours très bon. Enfin, ça va agrandir considérablement notre zone de diffusion puisque nous allons désormais couvrir Urrugne et Hendaye qu'on ne couvrait pas initialement et surtout on devrait émettre jusqu'à Mont-de-Marsan. Maintenant, ça ne sera pas la télévision locale du Pays Basque puisque nous couvrons à peu près la moitié des Pyrénées-Atlantiques, soit 300 000 habitants et désormais la moitié des Landes, environ 200 000 habitants. Ce sera une chaîne basque, gasconne, bayonnaise, dacquoise... Il faut rassembler toutes les couleurs. C'est ce que nous avons essayé de faire depuis des années et c'est ce que nous allons essayer de poursuivre.

Dans quelles mesures cette autorisation comble-t-elle une fragilité institutionnelle ?

En fait, nous avions trouvé un vide juridique de l'autre côté avec possibilité de franchissement des frontières grâce à la directive télévision sans frontières. Nous nous sommes donc faufilés dans le maquis juridique européen, mais ça n'était pas pérenne. Ça nous a surtout permis d'exister et de tester la formule.

Pourquoi un partenariat avec Sud-Ouest ?

C'est-à-dire qu'il faut des actionnaires de références. Et moralement, une télévision ne peut pas appartenir à une seule personne. Le problème c'est que trouver des actionnaires dans le monde des médias c'est compliqué. Avec Sud Ouest, nous nous sommes d'abord opposés, ensuite unis pour se désunir et finalement s'associer de la manière suivante : je reste «petit patron» et majoritaire dans la SARL qui gère le média et Sud Ouest est là en tant qu'actionnaire de référence mais minoritaire à hauteur de 40 % du capital. Je dirai que c'est bien pour tout le monde...

Qu'est-ce qui va changer en 2009 ?

Tout va changer, rien ne va changer ! Nous restons sur une télévision de proximité et de divertissements «utiles», c'est-à-dire documentaires, magasines... On ne change pas cette dimension qui a fonctionné et qui fonctionne bien. Néanmoins, nous allons rajouter de nouvelles dimensions comme la retransmission d'événements. Un gros effort aussi sur les langues régionales en particulier avec Kanaldude et enfin un retour sur l'information avec des débats vu qu'il n'y aura pas de journal d'information parce qu'il y en a déjà et parce nous préférons être un lieu de débat.

Quelle place pour l'euskara dans TVPI de demain ?

En basque nous devrions faire 3 heures de production par semaine pour une diffusion de 15 heures semaine. Aussi, avec les gens de Kanadude, nous allons entrer dans le consortium «Hamaika», comme ça va exister de l'autre côté, c'est-à-dire des chaînes locales en basque qui vont échanger leur programme... Et nous allons nous coller à ce système.

TVPI sur la TNT, c'est pour quand ?

On ne connaît pas officiellement la date de lancement puisqu'elle dépend de la négociation d'une convention pour formaliser l'accord qui nous a été formulé, mais visiblement c'est pour l'été 2009. Maintenant, on ne sait pas si ce sera le 1er juillet ou le 1er septembre.

Sébastien Vaïsse

inprimatu