Pays Basque
"Les dix dernières années donnent des raisons d'être optimiste "

11/10/2008
Il a suivi l'Office Public de la Langue Basque (OPLB) depuis son origine. Après avoir été son directeur pendant quatre ans, le 16 octobre, Jean-Claude Iriart va devenir l'adjoint au directeur des services du Conseil général à l'antenne de Bayonne.
Quel a été votre parcours avant d'arriver aux fonctions que vous occupez jusqu'au 15 octobre ?
L'OPLB a été créée par un décret en 2004 et le démarrage effectif des activités date de 2005. J'en suis alors devenu le directeur à mi-temps. Le reste du temps, j'étais directeur du Conseil des élus du Pays Basque.
La création de l'Office a été préparée dans le cadre de la Convention spécifique Pays Basque. La première équipe permanente s'est donc inscrite dans la continuité de ce groupe de travail.
L'OPLB est passé de quatre personnes à sept.
Effectivement, l'Office s'est développé et les chargés de mission sont passés de trois à six et le poste de direction est devenu un temps complet, tel que l'activité le demandait.
Quel bilan faites-vous de ces quatre années ?
Au-delà de l'OPLB, l'enjeu de cette dynamique est la mise en oeuvre d'une politique publique en faveur de la langue basque. C'est le point de départ.
Pendant longtemps, on a tendance à l'oublier, le souci de la langue a été porté quasi exclusivement par le milieu associatif. Ces personnes ont revendiqué la nécessité et l'utilité d'une politique linguistique.
Il a fallu, un moment donné, formaliser l'outil qui mettrait en oeuvre cette politique. Mais l'Office n'est pas un outil en soi.
Qu'est-ce qu'une politique publique ?
C'est un ensemble de compétences et un règlement d'intervention. Tout le monde a intégré le fait qu'une mairie a des compétences sur l'ensemble des champs de la politique publique. Jusqu'à aujourd'hui, cela n'existait pas dans le cas du basque. Et à travers l'OPLB on s'est doté d'un outil solide, institutionnel pour attendre cet objectif.
Aujourd'hui, est-ce que la politique publique de l'euskara est définie ?
Oui, aujourd'hui elle existe, elle est recueillie dans un document de 12 chapitres répartis dans trois volets : transmettre la langue, la faire vivre, la fortifier. Ensuite, nous avons fixé des objectifs et des axes de travail concrets. La langue basque fait partie du droit commun des politiques publiques. C'est le préalable à tout débat public. Maintenant, il faut faire des bilans, et améliorer sa mise en oeuvre.
Est-ce que le manque de reconnaissance de l'euskara par l'Etat a engendré des obstacles dans votre action ?
Au début il n'y avait pas de cadre légal concernant les langues régionales. La modification constitutionnelle a changé la donne depuis. Pourtant cela n'a empêché en rien le développement des actions en faveur de la langue. Les ikastola en sont l'exemple. Cela dépendait de la volonté des responsables politiques.
Voyez-vous un risque quelconque dans l'élaboration de la loi-cadre à venir ?
Du moment que le cadre légal s'étoffe, cela ne peut que consolider, légitimer et pérenniser l'action en faveur de la langue.
Le gouvernement autonome de la CAB a accompagné votre action.
Ce partenariat est un élément fort dans ce travail. Grâce à l'OPLB, Jaurlaritza a eu un interlocuteur institutionnel en Iparralde, alors qu'avant il n'y en avait pas.
L'OPLB doit être renégocié en 2010. Est-il remis en cause ?
Les dix dernières années donnent des raisons d'être optimiste et j'ai du mal à imaginer qu'on revienne en arrière. Et je pars du principe suivant : «qui n'avance pas recule».
Goizeder Taberna




