Pays Basque
François Fillon et MAM signeront le Contrat territorial sous les critiques
06/09/2008
Goizeder Taberna
Ils l'avaient annoncée pour le mois de juin, on y croyait plus. La venue du Premier ministre François Fillon a fini par surprendre. Lundi prochain, il viendra signer le Contrat territorial Pays Basque à Bayonne, accompagné de Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur. La conclusion officielle de cette démarche initiée par la réflexion Pays Basque 2 020 se déroulera au siège du Conseil général, à 11 heures.
Comme à chaque déplacement de personnalités politiques de poids, les mobilisations se multiplient. Les agriculteurs du syndicat ELB ont déjà annoncé un rassemblement pour exiger des mesures concrètes concernant la crise qui les touchent particulièrement.
C'est au tour des groupes politiques de le faire. Abertzaleen Batasuna, d'une part, et un collectif de personnes réclamant un statut d'autonomie, d'autre part, ont appelé à la mobilisation pour cette occasion. Tous deux avaient présenté la lecture qu'ils font de la démarche Pays Basque 2020, puis du Contrat territorial. Une analyse nuancée, mais qui réclame une reconnaissance plus franche du Pays Basque de la part de l'Etat français.
Le Collectif réuni autour de la revendication de l'autonomie revient avec une liste d'adhérents plus complète qu'en juin, qu'il va présenter aujourd'hui. Au total, le texte convenu rassemble une trentaine de signatures. Ils sont de sensibilité abertzale diverse, sont élus ou militants, et parlent en leur nom. Ils sont d'accord sur au moins une chose : le besoin de reconnaissance du Pays Basque.
«Admettez que le Pays Basque existe ! Autonomia !» sera le slogan qu'ils clameront lundi. Ils classent la France parmi les états européens les plus réactionnaires et lui demandent de «reconnaître enfin ce peuple».
Instrumentalisé
Un peuple basque qui voit défiler les propositions (Pays Basque 2010, Pays Basque 2 020), mais qui en demande plus, à en croire ce collectif. «La démarche Pays Basque 2 020 est instrumentalisée par les notables locaux et l'Etat. En réalité, il leur permet de faire taire tout débat», d'après le texte accordé. Ce dernier relève que malgré le potentiel de cette région, les moyens accordés par l'Etat ne sont pas à la hauteur. «Nous avons besoin d'une vraie politique d'aménagement du territoire», réclament ces abertzale.
La démarche Pays Basque 2 020 a, en effet, déclenché une réflexion sur le développement des trois provinces basques dans plusieurs domaines. Cet exercice orchestré par le Conseil de Développement du Pays Basque a apporté une liste de propositions qui ont inspiré le Contrat territorial. Ce texte a reçu l'aval du Conseil des élus du Pays Basque, celui du Conseil général et du Conseil régional, et n'attend plus que la signature des représentants de l'Etat.
Les abertzale réclameront une plus grande reconnaissance lundi matin




