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Pays Basque

La Justice s'attaque à la nature même de Laborantza Ganbara

04/09/2008

Goizeder Taberna

Le dossier d'Euskal Herriko Laborantza Ganbara est ressorti du tiroir de la Procureur de la République de Bayonne, Anne Kayanakis. En effet, le président de l'association, Mixel Berhocoirigoin est convoqué le 18 septembre au tribunal correctionnel. Un nouvel épisode judiciaire qui a mobilisé plusieurs élus et acteurs sociaux, hier, à Bayonne.

Le conseiller régional Jean Lissar (Verts), le conseiller général Kotte Ecenarro (PS), les maires Christine Bessonart et Jean-Michel Galant et l'ancien maire André Darraidou ont répondu présents à la conférence de presse. Les membres du Parti socialiste François Maitia et Christiane Allaux, les maires de Mauléon, d'Hendaye, de la Bastide-Clairence, d'Ostabat et bien d'autres n'ont pas pu y assister et ont exprimé leur soutien, comme de nombreux autres acteurs sociaux qui étaient dans la salle.

Après trois ans d'enquête

«C'est une démarche très grave» celle qu'a entreprise l'Administration judiciaire, selon le président de la Chambre d'Agriculture d'Ainhice-Mongelos, M. Berhocoirigoin. Après trois ans d'enquête, elle va ouvrir le procès qui oppose le Préfet du département à l'association Euskal Herriko Laborantza Ganbara. Un procès qui vient après une perquisition, et l'audition de plusieurs membres de l'association par la police.

Le préfet reproche à ce projet de semer la confusion avec la Chambre d'Agriculture de Pau, de par son nom en basque et de part les missions qu'il s'est attribué. Rappelant les autres procès intentés contre les communes qui ont subventionné ce projet, Patxi Noblia pense que «n'ayant pas réussi à asphyxier financièrement l'association, nous assistons à un acharnement partisan sans base juridique sérieuse», parlant au nom de l'association de soutien Euskal Herriko Laborantza Ganbararen Lagunak. Et d'ajouter : «C'est une atteinte à la liberté d'association».

Les membres de Laborantza Ganbara lancent un appel au rassemblement le 18 septembre, devant le Palais de Justice de Bayonne, à 13 h 30. Cependant, l'avocat Jean-René Etchegaray va demander le report du procès, pour prendre le temps de préparer la défense. Le président de l'association risque 15 000 euros, un an de prison, voire la cessation d'activité de l'association.

OEuvrant pour le développement d'une agriculture paysanne et durable, Colette Pince, représentante du CADE (écologistes) considère le travail mené par cette chambre d'agriculture d'intérêt public, or, «l'Etat complique la tâche de ceux qui agissent dans le bon sens».

Maryse Cachenaud, vice-présidente de la Chambre d'Agriculture à l'Etat, conclut : «Au vu de la situation des agriculteurs, ce procès est criminel, car notre association aide les paysans à trouver des solutions et des alternatives».

inprimatu