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Sujet à la une

Des projets de développement à tendance très durable dans les communes

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04/09/2008

Antoinette Paoli

Depuis les dernières élections municipales, bon nombre de nouvelles équipes y vont de leur projet de développement durable. Le mot est tendance, et pourrait vite devenir un grand sac fourre-tout, dans lequel on y jetterait pêle-mêle l'environnement, les questions sociales, le transport et autres. Certaines collectivités ont échoué à mettre en oeuvre des politiques publiques innovantes de développement durable, ou bien d'autres l'ont réduit à une politique environnementale. Il faut dire que les chantiers en cours sont vastes et ambitieux, car les défis du XXIe siècle sont grands. Alors accès d'opportunisme ou vraie prise de conscience ?

Les communes d'Anglet et d'Urrugne planchent sur des chantiers à long terme où l'ambition affichée, voire l'utopie, est de révolutionner les modes de vie, former les jeunes générations, mieux communiquer, créer des ponts entre les communes et les citoyens grâce notamment à la démocratie participative.

Anglet avec son «Agenda 21» et la commune d'Urrugne réfléchissent donc à des projets dits «transversaux» dans le jargon institutionnel, ce qui signifie appliquer le développement durable à différents domaines de la cité. En s'appuyant sur la prise en compte globale des problématiques, on agit sur le local. La nouvelle équipe de Jean Espilondo à Anglet, a pris le taureau par les cornes, sous la houlette de Bernard Marti, en charge de ce vaste programme : c'est le premier agenda 21 local du département ; celui-ci est issu des préconisations des Nations Unies lors du Sommet de Rio en 1992 ; le projet ne date pas d'hier, et à l'époque, les 178 états présents ont adopté un recueil de grandes orientations en faveur du développement durable et des actions de concertation avec la population. Mais ces projets transversaux concernent essentiellement les moyennes et grandes communes. En milieu rural, les enjeux ne sont pas les mêmes, avec pour l'instant comme action notamment le tri et le recyclage des déchets mis en place en 2002 par le syndicat Bil Ta Garbi, ainsi qu'un récupérateur d'eau dans la communauté de commune Errobi à Cambo. Les actions se situent au niveau de la sensibilisation du public et de la communication.

Concepts de 3e génération

Ce qu'il y a de commun entre les projets d'Urrugne et d'Anglet ce sont les trois piliers du développement durable : l'économie, le social et l'environnement. A Urrugne, commune très éclatée de 9 000 habitants, l'adjointe nouvellement élue au développement durable, Mme D'Elbée, tient compte avant tout de cette caractéristique pour la mise en place des projets : ici l'accent est mis sur la démocratie participative et la création de comités de quartiers, dont le calendrier démarre dès le 15 septembre.

Comités de quartier

Le concept n'est certes pas nouveau, il a été mis en place dans des quartiers dits sensibles de moyennes et grandes agglomérations du Sud-Ouest, mais également ici à Hendaye. Les communes le ressortent de leur chapeau, comme à Urrugne avec le changement de municipalité. Le comité de quartier se définit comme un lieu d'information, de concertation et de proposition. En théorie, tous les sujets qui concernent la vie du quartier peuvent être abordés par le comité. Il participe à l'élaboration de la décision, qui demeure au final de la compétence du conseil municipal, dont la légitimité n'est pas remise en cause. A voir donc par la suite l'efficacité et la marge de liberté, de «démocratie participative» pour les habitants, lors des premières assemblées de septembre. Mme d'Elbée attend beaucoup de ce dispositif : «nous voulons participer à l'amélioration du cadre de vie, à la valorisation des quartiers, détaille l'adjointe ; il faut élaborer des projets, développer le lien social, donner son avis et interpeller les élus». L'adjointe souhaite également «encourager l'expression, faciliter la communication» grâce à ses comités. Utopique ? «oui, c'est un peu utopique, je le reconnais, mais j'y crois profondément.» conclut-elle. Concrètement, ça se met en place quand et comment ?

Etats des lieux

Tous ces processus s'articulent autour d'un diagnostic et d'états des lieux, de dépenses énergétiques, des besoins en terme de transport scolaire et covoiturage pour Urrugne. A Anglet, autre contexte, le chantier est colossal, mais en agissant local, l'énergie est recentrée sur les priorités locales. Une évidence pour Bernard Marti : «il ne s'agit pas de sauver la planète, c'est impossible et presque trop tard dans certains endroits ; commençons par le territoire que nous connaissons, avec ses spécificités». Des objectifs et un calendrier entre fin 2008 et mi 2 009 a été mis en place, l'audit de la ville va se dérouler au cours de ce deuxième semestre 2008, avant de déterminer le carnet de route. La mairie a pour ce faire recruté un chargé de mission pour le projet. La ville s'est inspiré des expériences de Marmande et Mérignac dans l'élaboration de l'Agenda 21. Un logo emblématique a même été créé.

Les priorités

Le forum des Associations qui aura lieu les 6 et 7 septembre à Anglet sera l'occasion d'expliquer au public les enjeux du projet grâce à un pôle Développement durable, avec un espace d'échanges sur ce thème. Les équipes travailleront en priorité sur la question du littoral, des déplacements urbains et des logements sociaux.

LES TROIS PILIERS

En 2008,

le développement durable, c'est l'économie, le social et l'environnement

PENSER GLOBAL

Agir local pour une

pensée globale, telle est

la philosophie des

dispositifs Agenda 21

BERNARD MARTI

«Modestement, on se met en route : nos priorités sont le littoral

le social et les transports urbains»

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