Pays Basque
Anglet en a assez de payer pour les autres

19/08/2008
Ihintza ERREMUNDEGUY
Guy Mondorge, 1er adjoint du maire, Gérard Cazaux, adjoint au sport et Jean Espilondo, maire d’Anglet ne pouvaient que constater l’ampleur des dégâts ce matin, au Stade des Girouettes à Anglet. Les dégradations causées par 250 caravanes qui y ont séjourné cette année aussi, pendant 15 jours, du dimanche des fêtes de Bayonne jusqu’à hier.
Jean Espilondo dit avoir “mobilisé l’Etat et les acteurs locaux pour qu’enfin l’agglomération du BAB se dote de moyens nécessaires pour un traitement efficace et pérenne de cette problématique, contrairement à l’inertie qui, depuis huit ans, a mené à l’inacceptable situation du moment”.
Des dégâts importants
“Nous ne pourrons pas utiliser le terrain avant un mois” se plaint G. Cazaux. “Il faut remplacer la serrure. Ils ont voulu se brancher à la chaufferie et utiliser les vestiaires. Nous avions ensemencé tout le terrain. Ils ont fait des marécages. Le terrain de rugby est haché”. Selon le maire, il va falloir tout désinfecter car les occupants ont jeté des huiles ménagères sur le terrain. Le bois situé à côté a servi de toilette. D’après lui, cela représente un coût important pour la commune. Au Stade des Girouettes, il y en aurait pour 10 000 à 15 000 euros de remise en état.
Pour pénétrer dans le stade, les gens du voyage ont dessoudé le portail et déplacé les trois rouleaux de béton d’une tonne et demi chacun. “S’ils veulent entrer, ils entreront. Ils ont le droit de rester quelque part, il faut leur trouver un endroit adapté. Un terrain de sport n’est pas une aire touristique. Ce n’est pas fait pour cela” dénonce G. Mondorge.
Les scolaires et associations ne pourront pas utiliser le stade à la rentrée. “Quand nous n’avons pas le choix, nous gérons” dit le maire. Ainsi, ils avaient tout de même mis des bennes à ordures à leur disposition et ils ont retrouvé le stade propre.
La loi bafouée par le CABAB
Pour J. Espilondo, il est “hors de question” que cela se reproduise.
Depuis l’an 2000, une loi oblige les communes de plus de 5 000 habitants à s’équiper d’une aire de grand passage pour les gens du voyage. Le Schéma départemental d’accueil, adopté le 19 novembre 2003, prévoit un descriptif des aires à aménager sur tout le territoire des Pyrénées Atlantiques. Depuis huit ans la CABAB, qui doit gérer la problématique des Gens du voyage, ne respecte pas les dispositions prévues par la loi.
Or les communes ne se conformant pas à l’obligation légale, ne disposent pas de moyens juridiques pour éviter ces occupations, à savoir la possibilité de prendre un arrêté d’interdiction de stationnement ou de mettre en œuvre des procédures d’expulsion spécifiques. “Il n’est pas acceptable que les Angloys payent le prix de l’inertie des pouvoirs locaux. Tout le monde se lave les mains” explique J. Espilondo.
“C’est la dernière fois !”
“Il est indispensable de trouver un terrain de grand passage d’ici l’année prochaine, et sur la Côte basque. Il serait encore mieux qu’il y en ait deux car parfois les gens du voyage ne veulent pas se mélanger”.
Jean Espilondo pense que l’on dirige les gens du voyage à Anglet, que cela est même devenu une habitude. “L’année prochaine c’est clair qu’ils ne rentreront pas ici, à moins que manu militari on réquisitionne le terrain.”
“Tant qu’ils n’auront pas où aller, nous ne pourrons rien faire. A Cantau, ils nous ont expliqué qu’ils avaient quelqu’un de la famille qui était malade et qu’ils ne pouvaient pas partir, qu’ils étaient là pendant l’hospitalisation” explique G. Mondorge. “Nous avons l’impression de faire du racisme royal mais ni le stade des Girouettes ni les cavaliers sont des aires d’accueil” ajoute-t-il.
Après avoir écrit au Préfet à deux reprises, puis porté le sujet au conseil communautaire le 27 juillet dernier, J. Espilondo a demandé une audience à Michèle Alliot-Marie, il y a une dizaine de jours. Il n’y a pas eu de réponse pour l’instant.





