Pays Basque
Les témoins des évènements du dimanche des fêtes s'interrogent
07/08/2008
Goizeder Taberna
Ils buvaient un verre et discutaient avec leurs compagnons de fête au milieu de la rue Tonnelier, regardaient la fin de la fête depuis la fenêtre, ou traversaient le Petit Bayonne pour rentrer chez elles. Les personnes présentes à la conférence de presse d'hier ont relaté à la première personne les événements du dernier jour des fêtes de Bayonne, survenus à la hauteur des bars Xilko et Patxoki.
Elles ont toutes récusé la version répandue par la sous-préfecture : les policiers en civil chargés de vérifier la fermeture des bars ne se seraient pas présentés à ces bars-là.
Les personnes réunies devant le Patxoki ne comprennent donc pas la charge de CRS qui s'est produite vers 3 h 45. Bien que Le Journal ait publié qu'une personne avait témoigné d'un jet de cannette sur des agents des forces de l'ordre, il s'avère que cette information a été émise par la sous-préfecture. C'est une «invention» selon Jeannot Fourcade, responsable du bar associatif Patxoki et membre de la Commission extra-municipale des fêtes.
Le président du groupement des associations de Bayonne, Laurent Roux, a défendu le travail mené par le Patxoki ces 20 dernières années. Pour lui, les personnes présentes à la conférence sont des «victimes plus qu'autre chose». Bien qu'il reconnaisse des progrès dans le bilan des fêtes, ces événements «viennent le ternir».
«Pourquoi les CRS ?»
Serveuse au Xilko, Emilie Martin demande, «alors que pendant les fêtes de Bayonne de nombreux bars n'ont pas respecté l'heure de fermeture et que certains ont subi des sanctions administratives, pourquoi faire intervenir les CRS ?». Le sous-préfet Eric Morvan a également parlé de sanction en début de semaine, mais, n'a pas donné de suite, étant en congé en ce moment.
Giuliano Cavaterra a vu venir la charge des policiers depuis la rue Pontrique. Ayant été demandé des explications à des agents, on lui a répondu que c'était normal, «car c'est un lieu basquisant», avant de se faire asperger de gaz.
Hier, l'état de choc était encore palpable devant le Patxoki. Béatrice, elle, est éducatrice au Ministère de la Justice. Elle rentrait chez elle lorsqu'un policier lui a demandé de partir. Bien qu'elle ait suivi son ordre, elle a reçu un coup de flashball derrière le genou et s'est retrouvée avec neuf jours d'arrêt maladie. Camille Duboy a relaté son histoire par écrit. Elle s'est retrouvée avec un traumatisme crânien après avoir reçu des coups de flashball. Les victimes de la charge vont envoyer des lettres groupées à la Procureur de la République, car les premières personnes ayant été portées plaintes dénoncent avoir subi un interrogatoire au commissariat.



