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Sujet à la une

Du camping à l'hôtellerie de plein air : argument commercial ou phénomène de société ?

06/08/2008

Maia Duran

Pourtant Patrick Chirac, sa tente, son slip de bain et sa boîte de Benco seraient plutôt estampillés «camping» tandis que la petite famille en mobil-home pourrait être qualifiée de clients d'«hôtellerie de plein air». Chez Michelin, on explique que l'intitulé du guide se justifie par «une volonté de traduire le mot camping». Hôtellerie de plein air serait un terme récent, plus à même de correspondre aux nouvelles exigences de la clientèle, elle-même aussi parfois récemment convertie aux joies des vacances au grand air.

Toujours très nombreux, les touristes ont développé à l'égard du camping des attentes nouvelles, inspirées du meilleur des différents modes d'hébergement (proximité de la nature, confort de l'hôtellerie classique, animations des clubs de vacances...) qui ont transformé le camping-caravaning en hôtellerie de plein air. Une offre renouvelée a ainsi vu le jour au début des années 80. Elle représente aujourd'hui, juste après l'hébergement familial et gratuit, le premier mode d'hébergement touristique marchand hexagonal avec plus de 8 000 établissements. En complément de l'emplacement libre classique, réservé aux toiles de tentes, aux caravanes et aux camping-cars, la «résidence mobile de loisir» ou mobil-home a fait son apparition et remporte un succès grandissant.

Exception à la règle

De là à déduire qu'il y a deux sortes d'hébergement, camping et hôtellerie de plein air, il n'y a qu'un pas. Qu'on ne peut pas franchir. Joël Arruebo dirige le camping du Pavillon Royal à Bidart. Quatre étoiles, 303 emplacements, «le seul camping du Pays Basque (Nord) avec accès direct à la mer». 33 euros la nuit pour le forfait emplacement + tente pour deux. «Nous n'avons aucun mobil-home. Les gens arrivent avec leur tente ou leur caravane et s'installent sur nos cinq hectares de petits emplacements bien répartis. Nous n'avons pas eu besoin de nous adapter à un nouveau marché, sans doute parce que nous sommes idéalement situés. On a un emplacement de rêve entre Biarritz et Hendaye. On affiche quatre étoiles mais on accueille toutes sortes de clients. Des petits jeunes avec des tentes, ou des Anglais avec des caravanes à plus de 100 000 euros. On côtoie vraiment toutes les catégories sociales». Pour lui, donc, camping et hôtellerie de plein air sont un seul et même concept, qui ne signifie rien d'autre que «vacances en extérieur»!

Monsieur Arruebo est certainement l'exception qui confirme la règle. Pour s'adapter aux nouvelles attentes des touristes, et quel que soit leur niveau de confort, la plupart des campings ont dû développer leur offre en «emplacements locatifs». En 2007, selon les chiffres de l'INSEE, près d'un emplacement sur cinq était équipé d'un mobil-home. L'année dernière, en raison de mauvaises conditions météo, la fréquentation des campings a connu une nette diminution alors que le taux d'occupation des hébergements légers (bungalow ou mobil-home) progressait de 8 % par rapport à la saison précédente.

Haut de gamme

Comme dans l'hôtellerie, les campings haut de gamme ont tiré leur épingle du jeu : le taux d'occupation a progressé dans la catégorie quatre étoiles. On estime que ce bon résultat est dû à une recherche de qualité par la clientèle des campings.

Ainsi le confort des conditions d'accueil en hébergement léger, l'offre d'activités sportives ou récréatives ou les animations équivalentes à celles des clubs de vacances font des bons vieux campings les lieux de villégiature d'une clientèle nouvelle génération. Le camping, quatre étoiles ou pas, reste la formule de vacances la plus économique et la plus... populaire.

Plein air et développement durable

Les professionnels du camping ont su s'adapter aux attentes des consommateurs, notamment dans leurs demandes d'authenticité, de respect de l'environnement et de proximité avec la nature. Ils ont ainsi adopté, depuis plus de 2 ans, en concertation avec les pouvoirs publics et locaux, plusieurs engagements environnementaux et paysagers. Seuls quatre campings du Pays Basque nord possèdent le label Clef Verte et aucun n'a l'Ecolabel européen, plus exigeant. Francis Etcheverry dirige le camping Berrua à Bidart, estampillé Clef Verte. Il incite ses clients aux économies d'énergie, au respect de l'environnement et au tri sélectif : «Certains font attention, notamment à économiser l'eau. On note une petite différence mais ce n'est pas non plus flagrant. C'est vraiment un travail de longue haleine. L'écolabel européen demande notamment de disposer de beaucoup d'espace pour chaque emplacement. Le seul à avoir ce label en Aquitaine est le camping du Col Vert dans les Landes, il a des volumes extraordinaires, ce qui est plus compliqué ici en Pays Basque. Mais il est évident que c'est l'avenir».

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