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Pays Basque

Jean-Louis Larre a disparu il y a 25 ans, les questions demeurent

06/08/2008

Yannick Emmanuel

Demain à Hélette, à 19 h, un omenaldi, un hommage, sera rendu à Jean-Louis Larre, «Popo», un militant de l'organisation armée Iparretarrak, disparu lors de la fusillade qui opposa, le 6 août 1983, quatre militants d'Iparretarrak à la police et que l'histoire retiendra sous le nom de fusillade de Léon. Ce jour-là, à la sortie du camping Lou Pantaou à Léon, une fusillade éclate entre des membres de la gendarmerie et quatre militants de l'organisation Iparretarrak. L'un des militaires est mortellement touché, l'autre blessé à la main. Les militants d'Iparretarrak prennent la fuite dans la R4 des gendarmes, puis s'emparent d'une voiture de vacanciers et échappent au dispositif policier. D'après les témoignages des anciens militants de l'organisation armée, Gabi Mouesca ou Filipe Bidart, Popo Larre ne participa pas à la fusillade et s'enfuit dès qu'elle éclate dans la forêt toute proche. À partir de ce moment-là, le militant abertzale ne redonnera plus jamais aucun signe de vie, à personne. Quelque temps après, l'organisation Iparretarrak, revendique dans un communiqué sa participation à la fusillade et rend publique la disparition de Popo Larre, après, d'après Gabi Mouesca dans son livre La Nuque raide, l'avoir cherché en Pays Basque et à l'étranger.

L'affaire Pascal Dumont

15 jours après la fusillade, le 23 août 1983, les gendarmes découvrent un corps sur la plage de Porge, près du camping de Léon. Quelques jours avant, une famille de Carbon-Blanc signale la disparition de son fils, Pascal Dumont, âgé de 15 ans. «Les gendarmes ont tout de suite voulu faire admettre aux parents Dumont que le corps retrouvé au Porge était celui de leur fils Pascal» rapporte Filipe Bidart à Eneko Bidegain, dans son livre Iparretarrak, erakunde politko-armatu baten historia «Pourtant, Mme Dumont ne reconnut pas dans le corps qu'on lui présenta celui de son fils et depuis toujours elle affirme que c'est la dépouille d'un inconnu qui a été enterrée dans la tombe familiale, comme étant son fils Pascal» poursuit Filipe Bidart.

Malgré les demandes de la famille Dumont, aucune analyse ADN ne fut autorisée, ce qui renforça les doutes de l'organisation armée. En janvier 2003, des militants de cette organisation ouvrent la tombe de Pascal Dumont et effectuent des prélèvements pour des analyses ADN. Ceux-ci sont confiés à des laboratoires, qui seraient arrivés, d'après les anciens militants d'IK, à la conclusion que les prélèvements étaient trop altérés pour en retirer de l'ADN exploitable. Le Parquet niera que cette opération ait eu lieu, ce qui renforcera les questionnements de ses proches, qui qualifieront la version officielle de «mensonge d'Etat».

Qu'est devenu Jean-Louis Larre ?

Lors du procès de la fusillade de Léon en 2000, dans lequel furent jugés Gabi Mouesca, Filipe Bidart et Ttote Etxeveste, la question «Nun da popo» sera de nouveau posée, sans qu'aucune réponse ne soit apportée à sa disparition. Quelques mois après la fusillade, l'organisation Iparretarrak accusait clairement la police française de l'avoir tué. Depuis, les murs du Pays Basque se sont couverts de cette obsédante question «nun da popo ?» Ses amis, sa famille, n'ont jamais cessé de la poser.

Omenaldi à Hélette

25 ans après, sa «disparition» à l'occasion de cet omenaldi, auquel participeront gaitero, joueurs de txalaparta et de nombreux artistes tels qu'Eneko Labeguerie, Kiki Bordatxo, Aire Ahizpak, le bertsu Amets Arzalus, Niko Etchart ou Erramun Marticorena, ainsi que d'anciens danseurs de la troupe Arola, dans laquelle dansait Popo Larre, et où sera évoquée la vie de ce jeune de 25 ans, engagé dans la vie associative et culturelle du Pays Basque nord, ses proches reposent la question «Nun da Popo ?».

La Car, la Commission anti répression, l'association Lagundu et des jeunes du mouvement Ideia Zabaldu ont tenu une conférence de presse invitant à participer à l'Omenaldi d'Hélette. Betti Bidart pour Lagundu, Terexa Michelena pour la Car et Ortzi Hegoaz ont rappelé le contexte de l'époque, alors que Filipe Bidart était devenu l'ennemi public N°1 et faisait l'objet de recherches intensives. Ils ont souligné leur volonté de voir la vérité sortir au grand jour et leur engagement en ce sens. Ils entendent, bien, tôt ou tard avoir une réponse.

Disparu à Léon

Jean-Louis Larre a disparu le 6 août 1983 lors de la fusillade de Léon qui a opposé des militants d'Iparretarrak à la gendarmerie

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