Pays Basque
Le pays basque était l'invité d'honneur de douarnenez
Depuis toujours les marins basques fréquentent le port de Douarnenez, au XIVe siècle pour les pêcheries de sardines, aujourd'hui pour le thon ou les anchois. Une très longue et véritable histoire
26/07/2008
La ville de Douarnenez et tout ce que la Bretagne compte comme association de préservation du patrimoine maritime organisent tous les deux ans, un grand rassemblement de bateaux à voiles. Le petit port de Penn Sardin avec ses étroites ruelles en pente qui donnent toutes sur les quais et ses falaises surplombant la baie est comme les marches d'un gigantesque théâtre romain dont la scène serait le plan d'eau naturel, bordé de plages, de rochers, de prés ou de champs cultivés. Cette année, 1000 bateaux étaient officiellement inscrits pour participer à la rencontre. Le plus imposant d'entre eux était un géant de 118 mètres de long, symbole de la fierté russe, appelé le «Kruzenshtern», deuxième plus grand voilier du monde dont l'impressionnante mâture dépassait les toits des maisons du port. Tous les autres étaient soit des rescapés de l'époque de la marine à voile et classés monument historique soit des répliques plus ou moins récentes construites par des passionnés.
À voiles, à rame, à vapeur
Tous les pays européens étaient représentés, du drakkar norvégien au galion espagnol en passant par de magnifiques deux et trois mâts hollandais ou britanniques. Des centaines d'embarcations à voiles ou à rames, de toutes tailles, de toutes formes, toutes ingénieusement conçues et améliorées par des générations de marins pour résister au mieux au type de mer auquel elles seraient confrontées.L'espace de quatre jours le petit port breton se couvre d'une forêt de mats comme dans les années d'après guerre, les photos d'époque et les souvenirs des anciens en témoignent. Amarrés les uns aux autres pour passer la nuit, les bateaux finissent par ressembler à une petite ville grouillante de monde, celle éphémère du peuple de la mer. On y mange, on y boit beaucoup, on y fait de la musique, on s'entraide pour effectuer une réparation, on y échange une grande quantité d'informations. Sur les quais, des artisans montrent leur savoir-faire au milieu d'un bric-à-brac de quincaillerie de marine. Cette année le Pays Basque était l'invité d'honneur. Une petite flottille représentative des petits bateaux traditionnels d'Euskal Herria était emmenée par le «Brokoa», réplique de la «Txalupa Haundia» qui fut successivement utilisé, au fil des siècles, pour la pêche, le cabotage, le transport et même pour la piraterie.
Elle fut construite par l'association Itsas Begia dans le cadre du concours des côtes de France lancé par la revue le Chasse-Marrée en 1990. Sans Douarnenez 86, le «Brokoa» n'aurait jamais existé ! devait dire Mikel Epalza, l'aumônier des gens de mer du Pays Basque à la cérémonie d'inauguration qui se déroula en présence de toutes les autorités civiles et militaires locales, et de l'équipage en grande tenue sur le quatre-mâts géant russe. Avec des mots très forts pleins d'humanisme sur le métier de marin, son avenir, la solidarité et l'amitié entre les peuples, Mikel sut toucher son auditoire avant de clore son discours par un aurresku joué à la xirula et parfaitement exécuté par un jeune marin de la délégation basque.
Ambiance et tradition
Sur le quai central, un ikurriña indiquait la présence du village basque occupé par les associations Itsas Begia, Ur Yoko et Endaika expliquant la tradition maritime et leurs activités. L'Institut Culturel Basque faisait une présentation du territoire, de sa langue, des coutumes et traditions au moyen d'une vidéo et des bornes interactives. Face à eux, des commerçants présentaient un échantillon de ce qui se fait de mieux en gastronomie basque et sous un chapiteau, mené de main de maître par Raphaël Indo, 250 repas typiques étaient servis midi et soir. L'ambiance musicale était assurée par la chorale d'Ibaialde et Patxi Pérez réussi même à faire danser des mutxiko aux Bretons.
Sur l'eau, le «Brokoa» se mêla à la ronde permanente des voiliers et les équipages des traînières firent des démonstrations de régates sous l'oeil attentif d'un public connaisseur de toutes les subtilités de la navigation. Quatre jours à admirer un spectacle permanent à vous couper le souffle, avec des autochtones qui affirment de plus en plus leur identité culturelle et linguistique bretonne et sont friands d'échanges avec leurs cousins basques, comme ils disent. Ces rencontres, à taille humaine, sont vraiment un rendez-vous authentique. C'est promis, à dans deux ans...Kenavo...



