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Sports - Cyclisme

Carlos Sastre ou Cadel Evans?

Le contre-la-montre aujourd'hui sera décisif pour la victoire demain à Paris. Evans rattrapera-t-il son retard, à moins que Menchov ne se mêle à la lutte

26/07/2008

Benoit Petit

La question brûlait les lèvres hier à la veille de la grande explication du contre-la-montre entre le leader espagnol du Tour et son rival australien, qui accuse 1 min 34 sec de retard mais tient la corde chez les suiveurs.

«Cela me fait de la peine de condamner Sastre mais c'est Evans le favori, indique Raymond Poulidor. Il suffit de voir leur référence dans le premier chrono : Evans avait pris 1 min 16 sec en 29 km. Et là il y en a 53 à faire... On aura une indication au bout de cinq kilomètres. Si Sastre n'est pas dans le tempo, ce sera bouclé.» Bernard Thévenet se fait moins catégorique. «Dans l'Alpe-d'Huez, j'ai trouvé qu'Evans était bien mais sans plus. Est-ce qu'il n'est pas dans une pente descendante ? Et Sastre n'est-il en forme ascendante ? Ce qui expliquerait son chrono moyen à Cholet (28e à 1 min 43 de Schumacher) ?» «Ceux qui pourraient dire comment se sent Evans, ce sont les gars de la CSC, ils passent toute leur journée à le regarder», s'amuse le double vainqueur du Tour, qui fini par livrer le fond de sa pensée : «Petit avantage pour Evans, je dirais que c'est du 55/45.»

Un autre Bernard plusieurs fois vainqueur de Tour, Hinault, souligne de son côté qu'il n'y a «rien de fait». Plutôt que des deux coureurs, qu'à son avis on n'a «pas vu énormément» et auxquels on ne «donnera pas le grand prix de la combativité», le «Blaireau» préfère parler du rôle de leur directeur sportif, crucial. «S'il connaît bien son coureur, le directeur sportif va savoir quoi lui dire pour le motiver et ce ne sera pas forcément la vérité...»

Denis Menchov en embuscade

Vincent Lavenu, le manager d'AG2R, trouve la tactique risquée. «Il faut envoyer les messages les plus positifs possibles à ton coureur, dit-il. Tu peux mentir sur quelques secondes mais pas sur 15 ou 20 secondes. Après, il perd toute confiance en toi.» L'avis de Lavenu c'est «attention à Menchov !». Le Russe de Rabobank ne doit pas être oublié de l'explication finale. «S'il est dans les mêmes dispositions que l'an dernier à la Vuelta, il peut reprendre 2 min 39 sec à Sastre et 1 min 05 sec à Evans», assure Lavenu. Lors de la 8e étape du Tour d'Espagne, en septembre, le Russe avait en effet devancé Evans d'une minute sur un parcours de 52 km.

Quant à la théorie du maillot jaune qui transcende, souvent entendue, pas toujours vérifiée, personne n'y croit guère. «Cela peut tout autant le perturber», glisse Raymond Poulidor. «On est bon en chrono ou on ne l'est pas, c'est tout, tranche Gilbert Duclos-Lassalle. Le maillot jaune ça ne compte pas. «L'écart n'est pas suffisant pour Sastre», souligne encore «Duclos». «La CSC ne l'a pas mis assez loin dans l'Alpe-d'Huez. Quitte à condamner Frank Schleck, pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?»

Pourquoi les CSC n'ont pas attaqué dans la Croix de Fer?

Car le point sur lequel tous se retrouvent, c'est la perplexité devant la tactique des CSC dans la grande étape des Alpes Embrun - Alpe-d'Huez. «Avec le potentiel que les CSC avaient, ils auraient dû attaquer dans la Croix-de-Fer», assure Hinault. «La CSC a amené Evans dans un fauteuil, regrette Poulidor, on aurait dit qu'il était avec des équipiers... Si Evans gagne le Tour, il l'aura gagné dans l'Alpe-d'Huez.»

Faute de conditions suffisantes, le Bodysurf Challenge d'Anglet reporté à une date ultérieure

Malgré toute la motivation des organisateurs, la première étape du Bodysurf Challenge qui devait se dérouler aujourd'hui à Anglet doit être reportée à une date ultérieure, faute de conditions de houle suffisantes. «Nous surveillons depuis quelques jours les houles prévues, avec des prévisions contradictoires et fluctuantes. Malheureusement, pour demain, les prévisions semblent aujourd'hui (vendredi) bien calées, à la baisse, avec une toute petite taille, et qui plus est une marée haute qui tombe au plus mal. il est donc préférable de reporter cette étape, sachant que de nombreuses personnes viennent parfois d'un peu loin», ont déclaré hier les organisateurs dans un communiqué. La date du report n'a pas été communiquée.

Sylvain Chavanel remporte enfin à Montluçon son étape du Tour

Le Français Sylvain Chavanel (Cofidis) a remporté la 19e étape du Tour de France, hier à Montluçon, devant son compagnon d'échappée, son compatriote Jérémy Roy. Chavanel a signé la 3e victoire française depuis le départ de Brest. Le peloton, réglé par l'Allemand Gerald Ciolek pour la troisième place, est arrivé avec un retard de 1 min 13 sec.

Souvent à l'offensive dans ce Tour de France, l'aîné des frères Chavanel a enfin touché au but. À 29 ans, il a enlevé son premier succès dans le Tour, le septième de la saison pour lui. L'étape, longue de 165,5 kilomètres, est partie sur des bases élevées (45,8 km dans la première heure). Mais le quatuor qui s'est dégagé dans la première montée n'a pu creuser un écart supérieur à 1 min 10 sec. Stefan Schumacher, Pierrick Fédrigo, Egoi Martinez et Alessandro Ballan ont été rejoints au 69e kilomètre après une course-poursuite acharnée, conduite par deux équipes (Liquigas, Caisse d'Epargne). Sylvain Chavanel a attaqué quelques minutes plus tard, en deux temps. Il a emmené avec lui Jérémy Roy à partir du 75e kilomètre pour compter une avance maximale de 5 minutes. Sylvain Chavanel quittera l'équipe Cofidis en fin de saison pour rejoindre la formation belge Quick Step.

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