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Pays Basque

Sans effort,quatres plages du Labourd fermeraient d'ici 2015

26/07/2008

Nathalie Niel

En 2006, une nouvelle directive européenne sur la qualité des eaux de baignade a été adoptée par le Parlement européen en remplacement de l'ancienne qui datait de 30 ans. En cours de transposition en droit français, la directive sera applicable en 2 015.

L'Association Surfrider, créée en Europe en 1990 par le triple champion du monde de Surf, Tom Curren, a depuis longtemps alerté la Commission sur la nécessité de prendre en compte les zones de pratique d'activités nautiques, le suivi de la qualité des eaux toute l'année et à mesure des différents types de pollutions (chimiques, déchets, etc.).

Malgré une pétition de plus de 10 000 signatures, la nouvelle directive européenne impose une surveillance de la qualité des eaux uniquement de certains sites de baignade pendant la seule saison estivale.

Après le Grenelle de l'Environnement et alors que la population semble de plus en plus concernée par l'écologie, l'Association Surfrider vient de réaliser une simulation dont le résultat est particulièrement préoccupant.

La méthode employée est simple : prendre les résultats obtenus à partir des échantillons prélevés durant les saisons entre 2004 et 2007 et appliquer les normes qui seront en vigueur en 2 015. Sur la totalité des plages françaises, 251 plages soit 15,5 %, ne respecteraient pas la directive. Les plages ayant des eaux de bonne qualité passeraient de 420 à 287. Quant aux eaux de qualité suffisante, le nombre doublerait presque, passant de 71 à 120. Mais le changement le plus important est au niveau des plages dont la qualité est à l'heure actuelle déjà jugée insuffisante, leur nombre passant de 4 à 131 !

Concernant le Pays Basque, d'après la simulation, les plages suivantes seraient fermées purement et simplement : à Anglet : La Barre, à Bidart : Ouhabia-Sud, à St-Jean-de-Luz : Grande plage Nord-Cale aux Chevaux et Grande plage Sud.

Il reste encore 7 ans pour anticiper la réglementation et éviter une fermeture des plages concernées. Les municipalités sont très préoccupées par cette simulation. Aujourd'hui à St-Jean-de-Luz, le Syndicat Intercommunal effectue sur toutes les plages de la commune des prélèvements des eaux de baignade tous les matins, avant 9h. Le résultat de ces analyses est connu le lendemain vers 8h.

La Lyonnaise des Eaux effectue quant à elle un contrôle de tous les points critiques du réseau (stations de relèvement des eaux usées, déversoirs d'orages...). Elle transmet toutes ces données à la Mairie. S'il y a un dysfonctionnement, le Maire ou son représentant prend la décision de fermeture des plages. La DDASS effectue elle aussi un prélèvement par semaine. Le résultat des analyses est transmis 3 jours après à la Mairie. Les analyses officielles sont affichées en mairie ainsi qu'au poste de Secours des plages. Voilà pour l'information des baigneurs.

L'opération «Défi Côte Basque», engagée pour la période 2004-2007, portée et animée par le Conseil des Elus du Pays Basque, a engagé plus de 150 millions pour la réalisation des travaux d'assainissement et pour protéger durablement les eaux de baignade. Le rapport 2 007 soulignait la nécessaire poursuite des efforts afin d'anticiper la future réglementation.

Rassemblées au sein du Syndicat mixte Kosta Garbia, les collectivités du littoral basque se sont ainsi dotées d'outils permettant de mesurer et d'évaluer l'impact des efforts entrepris sur la qualité des eaux de baignade. Depuis juin 2005, il existe un réseau de suivi à l'année des zones de baignade et d'activités nautiques du littoral. Il affiche un bilan positif avec 91 % des zones présentant des eaux de bonne qualité par tous temps et toute l'année. Au-delà du suivi bactériologique, d'autres mesures sont effectuées comme la température de l'eau et de l'air, la salinité, les marées, etc., constituant une base de données importantes, traitée en partenariat avec l'Université de Pau et de Pays de l'Adour. Une interface graphique permet de visualiser, chaque jour, l'évolution des différents paramètres et de comprendre les phénomènes responsables de pollution. Ainsi il n'est pas rare de constater qu'une eau de bonne qualité à 8 h 00 du matin à marée haute peut être dégradée à 14 h 00 avec les mêmes conditions météorologiques mais par l'apport d'un déversement. L'objectif : mettre en place un outil permettant d'informer en temps presque réel les baigneurs. La nouvelle directive européenne demande d'ores et déjà aux collectivités concernées de recenser les sites de baignades, de donner les fréquentations et d'identifier les sources de pollution susceptibles d'altérer la qualité d'eaux. Si la situation restait en l'état, les municipalités seraient obligées d'interdire la baignade sur les plages citées.

stravros dimas

Membre de la Commission Européenne

«Une légère tendance à la détérioration a été observée»

Surfrideur Foundation Europe analyse et sensibilise

Une des rares organisations titulaire d'un agrément national à la fois pour ses programmes éducatifs et pour la protection de l'environnement, l'association Surfrider attire régulièrement l'attention du public et des autorités sur la qualité des eaux et la lutte contre les pollutions.

Disposant de plusieurs laboratoires d'analyses, sur la Côte basque et à Marseille, Surfrider procède à des tests de qualité de l'eau sur des échantillons provenant de nombreuses zones de baignades, de spots de surf et d'activités nautiques. Pour l'association, il ne s'agit pas seulement de contrôler mais de comprendre les problèmes, de trouver des solutions adaptées et surtout d'anticiper. Ainsi une des principales revendications formulées par l'ONG : chaque pollution détectée doit être identifiée, traitée à sa source et accompagnée d'un programme de réhabilitation des sites dégradés. Seul un engagement fort de l'Etat aux côtés des collectivités permettra ce travail de reconquête de la qualité des eaux de baignade.

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