Sports - Rugby
Courrent et Lund, les deux nouveaux atouts du BOPB
26/07/2008
Marc Dufreche
Le Biarritz Olympique a été très discret sur le marché des transferts en vue de la saison 2008-2009. Le club a surtout fait parler de lui côté départ, avec Betsen, Dupuy, Avril,... qui ont quitté le club. Autre raison du peu de bruit, aucune grosse star de la planète ovale sur la Côte basque à l'inverse de clubs comme Perpignan avec Carter ou Toulon avec Collins. Mais ce qui pourrait paraître comme du laisser-aller n'en est rien. Le Biarritz Olympique n'a pas voulu se désunir après les turbulences de la saison passée.
La stabilité du groupe sera donc la garantie du bon fonctionnement de l'équipe. Pour le reste, l'adage biarrot pourrait bien être : recruter peu mais recruter intelligent. Les deux dernières arrivées sont d'ailleurs significatives. Ce ne sont pas des internationaux à cinquante sélections. Leurs visages ne figurent pas en tête de gondole des sponsors. Pourtant à l'heure de chausser les crampons, Valentin Courrent en provenance de Toulouse et Magnus Lund tout droit débarqué de Sale, pourraient bien devenir rapidement deux armes redoutables du déjà pléthorique effectif rouge et blanc.
Pourtant la bonne pioche Courrent a failli ne jamais venir sur la Côte basque, en raison des tractations d'un monde du rugby devenu professionnel. Arrivée cette semaine, Valentin Courrent tire un bilan fataliste de la période qu'il vient de vivre. «Je l'ai vécu difficilement. Vers la fin surtout. Car au début c'est surtout moi qui voulais rester à Toulouse. J'avais re-signé deux ans et puis, avec le retour de Fred Michalak, j'ai décidé de demander ma lettre de sortie pour venir ici. Au début ils étaient d'accord après ils ne l'étaient plus car ils voulaient récupérer Lecouls et ça a coincé. Ils disaient qu'ils allaient me libérer mais en même temps ils ont tenu leur stratégie jusqu'au bout et moi j'étais en otage au milieu.»
Les supporters avec lui
La stratégie toulousaine peut paraître méprisante à l'égard d'un joueur qui de «dépanneur» était devenu le garant à l'ouverture du jeu du Stade en début de saison dernière. D'ailleurs côté supporter haut garonnais, Valentin Courrent fait l'unanimité. «Tous les gens que j'ai croisés avant de partir mon dit qu'ils auraient préféré que je reste à Toulouse», raconte le joueur. Mais dans les hautes sphères dirigeantes, les considérations ne sont apparemment pas les mêmes. Valentin Courrent en est conscient : «les clubs sont maintenant des structures professionnelles et chacun défend son beafteak. Toulouse ne voulait pas me libérer comme ça car dans la transaction ils voulaient récupérer un joueur et j'ai servi de monnaie d'échange. C'est juste dommage que ça se finisse ainsi.»
«J'en veux à certaines personnes»
Sans citer de nom car il n'est pas homme de conflit, le neo-biarrot n'hésite pas à avouer «en vouloir à certaines personnes du côté de Toulouse». Cependant, il nuance son propos en précisant que «certaines personnes ont tout fait pour que tout s'arrange sans vouloir déranger mon départ.»
Toulouse n'en voulait plus, Biarritz l'accueille les bras ouverts. Le BO récupère là un joueur talentueux car pouvant évoluer indifféremment en 9 ou en 10 avec la même réussite. Le club basque aura surtout un joueur avec la volonté de réussir. Valentin Courrent avait failli débarquer en février dernier au Biarritz Olympique. Ce n'est donc qu'une demi-surprise de le voir revêtir la tunique rouge et blanche.
Biarritz est un grand club
«D'autres clubs m'avaient contacté. Biarritz est un club qui ces dix dernières années a joué le haut du tableau, qui est bien structuré. Il y a plusieurs joueurs que je connais. Je les ai eus régulièrement au téléphone et mon dit que tout était bien ici.» Même les difficultés passagères du club ne l'ont pas refroidi. «Bien au contraire» rétorque-t-il. «Quand on voit les joueurs qu'il y a ici, il y a de quoi jouer le haut du tableau. Je me suis dit aussi que le fait de faire une saison moyenne l'an dernier c'était pour mieux repartir cette année».
«Je ne pense pas au XV de France»
Motivé, Valentin Courrent l'est indéniablement. Pour jouer à la mêlée ou à l'ouverture, là aussi il commence à avoir une position affirmée : «au départ je suis venu pour jouer demi d'ouverture, après s'il faut dépanner à la mêlée je jouerai en neuf. Mais c'est vrai que j'aimerai bien m'installer en 10.» Avec en vue un poste en équipe de France ?
Promis un temps à cet honneur, le néo-biarrot dit aujourd'hui ne pas penser à la sélection. «À Toulouse lorsqu'on a commencé à parler de moi en équipe de France c'est parce que je jouais régulièrement. Donc il faut d'abord jouer en club et après voir ce qui se passe. Mon souhait est de faire la meilleure saison possible avec le BO, se qualifier pour les demies du Top 14 et faire un bon parcours en coupe d'Europe.»




