Culture
Des prostituées saisissent l'appareil photo pour la Vie
26/07/2008
Loïc VENNIN
Pour montrer la véritable image des prostituées les plus marginalisées de Londres, ou tout simplement les aider à survivre, une association londonienne a mis dans leurs mains un appareil photo.
«Noël approche, déjà...» : la photo de Holy n'a pas de titre mais le portrait de ce petit gâteau posé sur une assiette en carton à côté de couverts pour une seule personne pourrait bien porter la mention «solitude». «Je ne peux pas m'empêcher de pleurer», écrit-elle dans un commentaire accompagnant le cliché.
Ce sont les prostituées les plus marginalisées de Londres : sans domicile fixe, battues, violées, elles sont très souvent sous crack. Elles meurent jeunes, parfois très jeunes, et dans l'indifférence générale.
Il y a deux ans, Jan se rendait à une exposition de PhotoVoice, une autre organisation à but non lucratif qui aide les marginalisés en leur mettant dans les mains un appareil photo : enfants des rues en Afghanistan, malades mentaux aux Etats-Unis, réfugiés à Londres...
«J'ai vu comment ces victimes se servaient de la photographie comme d'un moyen de faire face à leur vie. ça s'est avéré très efficace» : convaincu, le président décide de lancer en commun avec PhotoVoice le projet «Change the Picture» («Changer l'image»).
On installe du matériel dans le centre d'accueil de U-Turn et, pendant huit mois, des femmes y apprennent les rudiments de la photo avant de s'emparer de l'appareil pour dresser le portrait de leur vie.
«L'objectif est d'utiliser la photographie comme un podium où elles peuvent parler des questions qui leur tiennent à coeur», souligne Tiffany Fairey, cofondatrice de PhotoVoice. «Mais également de faire prendre conscience de la situation de ces femmes, largement inconnues».
La réponse a été «extrêmement positive», se souvient-elle : les jeunes femmes ont saisi cette "occasion d'apprendre quelque chose dont elles puissent être fières".




