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L'opinion

26 juillet 1876 il y a 132 ans :

26/07/2008

Tribunal correctionnel et sauvageons : Une manière agréable, pour certains jeunes gens du Pays Basque, de passer les derniers jours de carnaval, est d'enlever de nuit barrières et clôtures et d'aller les porter à quelques centaines de mètres plus loin. Le sieur Laurent Sallaberry, de Hasparren, a l'habitude, lorsqu'il s'éveille, d'aller prendre l'air à sa croisée (et certainement pisser par la fenêtre n.d.r.). S'étant couché de bonne heure le 12 février dernier, il put remarquer que les barrières et la porte de son jardin avaient été enlevées. Le sieur Sallaberry sortit de chez lui, et se mit à arpenter les environs, afin d'arriver à rencontrer et à reconnaître les farceurs. Lorsqu'il fut sûr de son fait, il alla se recoucher, et fit sa plainte à la gendarmerie le lendemain. Ce n'est qu'au bout de quelques jours qu'il retrouva, près d'un endroit où il avait rencontré deux des farceurs, ses barrières et sa porte complètement brisées.

Un septuagénaire haspandar qui venait de contracter mariage était pour ce fait l'objet d'un charivari ; il avait offert aux charivariseurs une pièce de 5 francs pour qu'on le laissât tranquille. C'est à la suite des libations qu'on fit avec l'argent du septuagénaire que nos jeunes gens avaient décidé de commencer le carnaval comme d'ordinaire on le finit. D'autres habitants s'étaient plaint du tapage fait dans cette nuit près de leurs demeures.

Tout en admettant des circonstances atténuantes, le tribunal correctionnel estima qu'il importait d'infliger aux cinq prévenus une peine corporelle, afin d'empêcher le retour de faits qui ne se reproduisaient que trop souvent dans le Pays Basque. En conséquence, il condamna les accusés à 11 francs d'amende pour tapage nocturne et à 10 jours de prison pour bris de clôtures.

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