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Pays Basque

La majorité des radios libres seraient en off

25/07/2008

Goizeder Taberna

Les radios libres craignaient déjà la baisse des aides venues du Fonds de soutien à l'expression radiophonique (FSER) pour 2009, aujourd'hui, elles appréhendent la «budgétisation» de ce fonds. Ce qui amènerait l'intégration de ce fonds dans le budget du ministère de la Culture et de la Communication.

La saisie de la Commission du Fonds de soutien pour un avis sur un projet de «budgétisation» du fonds par la ministre de la Culture, a alerté le Syndicat national des radios libres (SNRL). Les aides du FSER feraient «l'objet d'un vote annuel par le Parlement au même titre que les autres crédits du ministère», selon ce syndicat. Au vu de l'annonce d'austérité faite par le président français le 15 juillet, ce projet n'est pas de bon augure pour les radios associatives.

50 % des recettes

«Le Fonds de soutien représente 60 % des entrées d'argent de notre radio», explique Joelle Etchegoyen trésorière de la radio associative Mendi Lilia, située à Mauléon. Le reste vient de la vente de pub, d'annonces et de dons des auditeurs. Pour la Radio Bonne Humeur d'Hasparren cette aide correspond à 50 % des recettes. Pour le reste, l'association a multiplié ses entrées d'argent, créant de nouveaux services. Ces deux radios ne survivraient donc pas sans ce fonds, ni la plupart des radios associatives du Pays Basque qui ne bénéficient pas de soutien populaire suffisant.

Cette fois la SNRL a tiré la sonnette d'alarme avant l'élaboration de la loi. C'est qu'elle voit dans l'annonce de la suppression d'une partie de publicité sur les chaînes de télévision publiques «l'occasion de manoeuvres qui visent à déstabiliser l'architecture du FSER». L'annonce avait été faite le 8 janvier 2008, sans concertation, par Nicolas Sarkozy. Et la réaction des radios associatives avait été immédiate.

Effectivement, une partie des recettes de la vente des publicités des chaînes de télévision revient au FSER. Sans l'argent des publicités du service public, les crédits détachés de ce fonds baisseraient de 30 % pour chacune des radios.

«Pour nous, le tout, c'est d'avoir des sous», explique-t-on à la Radio Bonne Humeur. Cette radio diffuse ses émissions au Labourd, la Basse-Navarre et le sud des Landes. Radio Mendi Lilia, elle, couvre la Soule. «Nous sommes la radio la plus écoutée ici», dit Mme Etchegoyen. Pour les habitants cette radio de proximité est importante, «nous créons des liens entre les personnes et le fait de pouvoir suivre le rugby, la messe ou la rubrique nécrologique est très important», poursuit-elle. Pour l'instant, ce ne sont que des craintes ajoute-on par ailleurs.

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