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Culture

Aurelia Arkotxa a rejoint les rangs d'Euskaltzaindia

22/07/2008

Samedi 19 juillet dernier avait lieu à Hendaye la cérémonie d'entrée à Euskaltzaindia de l'académicienne Aurelia Arkotxa.

Accompagnée des académiciens Sagrario Aleman et Jean-Louis Davant, Aurelia Arkotxa a fait son entrée dans la salle de réception de la Mairie d'Hendaye où elle a prononcé son discours intitulé «Lisières».

Comme elle l'avait annoncé au début de son intervention, Aurelia Arkotxa a fait de son discours d'entrée à l'académie un voyage illuminé par son style poétique particulier : «Je vous propose une promenade le long de la Bidassoa jusqu'à son embouchure, l'espace où confluent Antoine d'Abbadie et Pierre Loti, le marin errant ; Unamuno ; les marionnettes grotesques de Hitler et de Franco tirées d'un vieux film de propagande, Lancre et ses akelarre...».

Hendaye et l'eau pour source d'inspiration du discours

Pour commencer elle s'est référée aux circonstances historiques qui ont fait la personnalité d'Hendaye : «depuis le Paléolithique Hendaye a toujours regardé vers l'extérieur, ici se sont croisés des guerriers, des marchands, des chasseurs ou des pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle».

Elle a aussi fait ressurgir du passé des faits plus proches datant du siècle dernier.L'arrivée de citoyens venant de l'autre côté de la frontière fuyant la Guerre Civile, la rencontre de Hitler et de Franco, «Hendaye transformée en scène dramatique de personnages grotesques», ou l'attentat du GAL de 1980 dont il ne reste «pas même une plaque commémorative, car tout s'oublie...».

Les personnes rassemblées à la Mairie d'Hendaye ont visité, grâce aux images surgies des paroles d'Aurelia Arkotxa, plusieurs coins de la cité : le port des pêcheurs, la gare, la frontière, la mer... Elle ne pouvait oublier de faire référence à Txingudi «le continuum géographique formé par Hendaye, Béhobie, Behobia, Irun et Fontarrabie».

Un autre aspect qui marque le destin d'Hendaye est la frontière, ou la muga. «Ce sont deux termes que l'on utilise de façon différente, la muga marque la séparation de deux territoires qui est matérialisée par deux bornes. La frontière est quant à elle un concept politique, une géographie définie par la conjoncture politique».

L'auditoire n'a pas seulement découvert des lieux mais également des personnages qui sont venus un jour à Hendaye : Miguel de Unamuno qui vécut ici pendant cinq ans, ou Pierre Loti qui tomba amoureux de cet endroit et à qui il dédia son livre Ramuntxo.

Aurelia a aussi évoqué Pierre de Lancre ; il y aura quatre siècles l'an prochain qu'il séjourna à Hendaye. Envoyé au Labourd par le roi Henri IV pour anéantir la sorcellerie, son action conduisit au bûcher 80 personnes, en majorité des femmes.

À la fin de son discours, Aurelia Arkotxa s'est attardée sur la figure d'Antoine d'Abbadie et son château. Elle a souhaité lui rendre hommage pour «l'intérêt qu'il montra pour les oeuvres écrites en basque ; sans lui des travaux comme ceux du philosophe souletin Egiategi ou du fabuliste d'Urrugne Martin Goyhetche, ayant vécu tous les deux au XVIIIe siècle, auraient été perdus à jamais».

Réponse de Beñat Oihartzabal

Beñat Oihartzabal s'est un peu éloigné des pratiques qui ont cours dans ce genre de cérémonies. Dans son discours, au lieu de répondre directement à Aurelia Arkotxa, il a lu une lettre qu'il a adressée à Johanes Etcheberri, comme s'il s`agissait d'un ami de longue date.

Dans cette lettre Beñat Oihartzabal présentait la nouvelle académicienne au premier poète labourdin connu (17e siècle), parcourant son itinéraire de bascologue, de professeur et de poète. En chemin il s'est aussi souvenu de Gabriel Aresti (son oeuvre intitulée Maldan behera ayant été le sujet de la thèse de doctorat d'Aurelia Arkotxa) et des vers d'Etcheberri, surtout ceux écrits en hommage aux marins et qu'Aurelia a évoqués dans son livre intitulé Septentrio.

Puis Beñat Oihartzabal a expliqué à Etcheberri ce qu'est Euskaltzaindia et l'a informé de la récente déclaration de l'Académie française à propos des langues régionales comme la langue basque ; il a aussi rappelé la position prise à son époque par le poète de Ciboure Etcheberri à propos de l'égalité entre les langues.

Enfin Aurelia Arkotxa a reçu des mains du président d'Euskaltzaindia la médaille et le diplôme qui lui donnent le titre d'académicienne titulaire.

Espace vital d'Aurelia

«L'eau qui surgit du Baztan est l'élément purificateur des villages qui entourent Hendaye».

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