Culture
Les blogueurs russes défendent leur droit d'expression
16/07/2008
Alexander OSIPOVICH
Un blogueur russe condamné pour avoir insulté la police a défendu lundi son droit d'expression en Russie où l'internet, dernier îlot de liberté, est devenu la cible du ministère de l'Intérieur soucieux d'accroître le contrôle des sites «subversifs».
«Je ne pense pas que j'aie commis un crime», a déclaré au cours d'une conférence de presse à Moscou Savva Terentiev, musicien de Syktyvkar (nord) condamné à un an de prison avec sursis après avoir écrit dans son blog qu'il détestait les policiers, appelant à les brûler vifs «comme à Auschwitz».
Son avocat, Vladislav Kosnynev, a qualifié cette condamnation d'»illégale et infondée» annonçant qu'il en avait fait appel lundi et se disant prêt à aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg, le cas échéant.
Savva Terentiev a admis que ses commentaires étaient «assez forts», sans pour autant vouloir revenir sur les termes qu'il avait utilisés.
Au procès, le procureur Lada Louzan a qualifié les déclarations de Savva Terentiev d'»acte d'extrémisme, puisque l'objet de l'incitation au crime était des individus exerçant des fonctions qui visent à protéger l'ordre et les lois».
«Personne n'a prouvé en justice que les commentaires (de Savva Terentiev) avaient été dangereux pour la société», a réagi lundi Anton Nossik, blogueur et figure de l'internet russe. Il a par ailleurs dénoncé comme étant «absurdes» les tentatives de la police de contrôler le web.
Le ministre russe de l'Intérieur Rachid Nourgaliev a appelé vendredi les députés à amender la loi sur les médias pour qu'il soit reconnu qu'internet est un média, ce qui permettrait de sanctionner les internautes pour la publication d'informations «extrémistes», démarche que les citoyens n'entendent pas.




