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Le JPB > Sports > Football 2008-06-28
Euro 2008 - Finale - Espagne-Allemagne
La "Roja" peut-elle faire le poids ?
·On connaît la force des Allemands habitués des grandes finales, mais quid de l’Espagne ?

Philippe GRELARD

Examen des forces et faiblesses de l’équipe d’Espagne, qui peut compter sur un collectif bien huilé mais doit gérer la pression d’une finale attendue depuis 24 ans, avant son match contre l’Allemagne, demain à Vienne (20h45).

Les plus

Individualités : tous les experts le disent: pas de grande équipe sans grand gardien. Et l’Espagne en a un, avec Iker Casillas. "San Iker" fut le héros de la séance de tirs au but contre l’Italie en quart de finale (0-0 a.p., 4 t.a.b. à 2). Le portier du Real Madrid a détourné deux tentatives des Italiens, volant la vedette à Gianluigi Buffon, jusqu’ici la référence mondiale des gardiens de but. Depuis le début du tournoi, le sélectionneur Luis Aragones entretient des relations "épicées" avec son défenseur Sergio Ramos. Sciemment? En tout cas, le résultat est là. Sergio Ramos a peu à peu pris de l’assurance. Et contre les Russes (battus en demi-finales 3-0), il est carrément monté comme un avant-centre. David Silva est la révélation du jeu espagnol. Le milieu de Valence, 22 ans (18 sélections, 3 buts dont 1 dans cet Euro), fait apprécier sa polyvalence (milieu offensif gauche, axial, mais capable aussi de décrocher à droite) et son jeu difficile à décrypter pour l’adversaire.

Collectif : Aragones est arrivé avec ses idées à l’Euro et s’y est tenu. Le "sage d’Hortaleza" (son quartier madrilène) a opté pour un 4-4-2 immuable. Les titulaires sont toujours les mêmes. Il n’y a que pour le dernier match de la phase de groupes, contre la Grèce, quand l’Espagne était déjà qualifiée, que le sélectionneur de la "Roja" a fait tourner. Cette stabilité tactique a payé et renforce la confiance des Espagnols. "Il n’y a aucune raison de changer parce que nous allons affronter l’Allemagne", a ainsi commenté vendredi le milieu remplaçant Santi Cazorla.

Groupe uni : L’équipe d’Espagne a du caractère. Aragones est un grincheux à gros tempérament. Ses joueurs aussi. Il y a eu les prises de bec au début du tournoi entre le sélectionneur et Sergio Ramos, ou encore avec Fernando Torres, qui avait peu apprécié d’être remplacé en cours de rencontre. Mais il n’y a pas eu de crise. Sergio Ramos est aujourd’hui très en vue et Torres claque la main d’Aragones, en signe de complicité, quand il sort. Torres n’est pas aussi décisif qu’attendu (un seul but à l’Euro) mais Aragones le soutient devant la presse en soulignant que c’est un joueur "très, très important pour l’Espagne."

Les moins

La fatigue : Les Espagnols ont un jour de récupération de moins que les Allemands. Et contrairement à la Mannschaft, qui a toujours terminé ses matches dans le temps réglementaire, la "Roja" a dû en passer par la prolongation et les tirs au but pour se débarrasser des Italiens en quarts de finale, par de fortes chaleurs. Les Espagnols ont ensuite mis moins de temps à passer l’obstacle de la Russie, mais leurs jambes seront plus lourdes que celles des Allemands.

La blessure de Villa : Le meilleur buteur de cet Euro (4 buts) s’est blessé tout seul sur un coup franc avant la demi-heure de jeu en demi-finales. Il est difficile d’y voir clair. En sortant du terrain, Aragones avait lâché qu’il ne pourrait pas jouer en raison d’une élongation. Puis, quelques minutes plus tard, en conférence de presse, le sélectionneur s’était fait moins catégorique, affirmant qu’il ne savait pas si son attaquant pourrait jouer ou non la finale. Hier, le buteur de Valence a passé des examens qui ont révélé une "lésion musculaire mineure", selon l’encadrement médical espagnol, qui ne se prononce toujours pas sur ses chances de jouer. Info, intox ? Sera-t-il remis ?

La pression : Cela fait 24 ans, depuis la finale de l’Euro-1984 perdue contre la France de Michel Platini, que l’Espagne attendait ça. La fièvre s’est emparée du pays. Comment les Espagnols, équipe jeune, vont-ils gérer la pression psychologique ? Ils partent désavantagés sur ce plan face à une équipe d’Allemagne qui est rodée et s’est forgée un mental de fer sous la houlette de Klinsmann et de Löw.



L’Espagne s’y voit déjà
Plongée dans l’euphorie après son éclatante victoire (3-0) contre la Russie en demi-finales de l’Euro-2008, l’Espagne se voyait déjà hier championne d’Europe contre l’Allemagne, qu’elle affrontera demain en finale. "Nous sommes les meilleurs !" : la une du quotidien sportif Marca résumait bien l’état d’esprit d’un pays où le football est roi et qui aspire à son premier titre majeur depuis 44 ans. Par la qualité du jeu de la "seleccion", les commentateurs estimaient que la victoire était à portée des Espagnols dimanche, à condition qu’ils répètent les "mesures de la symphonie" interprétée contre les Russes. Rivalisant dans l’hyperbole, les journaux glosaient sur le "match parfait", d’une "grande", d’une "merveilleuse Espagne", dont les joueurs rejoignent enfin au sommet les autres stars du sport espagnol de ces dernières années, les Nadal, Alonso et autres Gasol.

Après des décennies de frustration et d’éliminations déprimantes en quarts de finale des grands tournois, les supporteurs espagnols se disaient en grande majorité convaincus de la victoire demain, selon des sondages réalisés sur les sites internet des médias. "Prudence, nous n’avons encore rien gagné", tempérait cependant Marca, tandis que certains joueurs espagnols, comme Fernando Torres, qualifiaient les Allemands de "favoris" pour la finale.


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