La nouvelle commission des fêtes de Bayonne s’est réunie pour la première fois samedi dernier. Dans un mois, le roi Léon sera parmi nous et Martine Bisauta, élue de la majorité et membre de cette commission, revient sur la prévention lors des fêtes.
Quel sera le plan de prévention de cette année ?
Cette année, les fêtes se sont préparées dans l’urgence, mais ce qui est certain c’est que la mairie de Bayonne va reconduire la campagne menée l’an dernier, notamment la campagne contre les violences sexistes. Si l’on peut, on va ajouter des améliorations.
C’est le travail mené en collaboration avec les collectifs...
Le Collectif des femmes en Pays Basque avait contacté la mairie pour mener ce type de campagne de prévention, notamment l’idée du badge. A l’issue des événements malheureux de 2006, le maire nous avait contactés. C’est comme cela que les deux collectifs (le Collectif contre les violences sexistes aussi) ont participé à la réflexion sur cette campagne. Et tout le monde s’accorde à dire que la campagne a été réussie.J’espère que cette année on récidive dans le même sens, tout en ayant conscience que la prévention n’empêche pas tout.
Pour cela, ne faudrait-il pas changer l’état d’esprit de la fête ? Les gens viennent "consommer" la fête...
Je m’élève contre cette vision. Ce sont des fêtes organisées à 80% par les Bayonnais. La mairie vient en support logistique.Il est vrai qu’on ne maîtrise pas tout, et qu’on a peut-être commis des fautes de communication. Certaines personnes venues de l’extérieur n’ont pas conscience de ce qu’est un fait festif. Et il faut guider ces gens-là. Nous, nous étions guidés par nos parents.
Il faut aussi, dans un contexte de débridement populaire, savoir comment on prend ses responsabilités. Si je tombe des remparts, c’est peut-être parce que je n’ai pas su gérer l’alcool, et ce n’est pas de la responsabilité de la collectivité. La question de la responsabilité parentale est aussi posée.
Les chiffres des agressions vont-ils être annoncés ?
C’est quelque chose que la mairie ne maîtrise pas. Les plaintes sont déposées au commissariat. Ceux qui pourront donner des chiffres fiables se trouveront du côté du procureur de la République. Mais il n’y a pas de consigne d’omerta à la mairie.
Est-ce que cela vous gêne de gouverner avec un maire qui a parlé de façon légère d’un viol ?
Cela me paraît une question très déplacéeŠ Il est vrai que la première réaction de Jean Grenet avait été de dire qu’il fallait que les femmes aient un comportement adapté par rapport à la fête et non provocant. Certes les collectifs l’ont cloué au pilori.Depuis, nous avons eu des échanges sur ce thème. Et quand on voit que le maire a validé toutes les propositions du collectif, je pense que, si à un moment donné le propos a été maladroit, depuis, le maire de Bayonne a largement redressé la barre. Il est comme tout élu ici, soucieux qu’on puisse poursuivre les fêtes dans le meilleur des cadres possibles. Il y a eu une plainte personnelle contre lui. C’est donc une chose qu’il faut comprendre humainement.
Les caméras seront de la fête?
Ce sera le même dispositif que l’année dernière. Je n’ose imaginer ce qui se passerait s’il y avait un blessé grave à un endroit qui était sous-contrôle vidéo et qui cette année ne l’aurait pas étéŠ Ceci dit, je ne peux que regretter la quasi-obligation de la sécurité accrue, mais nous devons protéger les gens qui viennent faire la fête par tous les moyens possibles.
Quel bilan faites-vous des premiers mois à la municipalité ?
Nous sommes encore dans la mise en place d’une délégation qui n’existait pas. Mon premier chantier sera une charte de participation citoyenne qui est à penser entièrement. Ce qui est certain c’est que c’est passionnant.
Avez-vous fait des concessions ?
Si au bout de trois mois je devais faire des concessions, c’est que je me serais énormément trompée.