TOP 14 - Demi-finale | Toulouse-Stade Français (demain, 15h00)
On ne s’en lasse pas
Toulouse-Paris, le "choc des Stades": la 2e demi-finale du Top 14, demain (15h00) à Bordeaux, offre un grand classique, au suspens intact, entre deux monstres souvent sacrés du rugby français, avec juste ce qu’il faut d’incertitude sur leur forme à l’heure H. 7 titres entre eux depuis 10 ans, 15 demi-finales consécutives pour Toulouse, 6 pour Paris: mais plus que les riches CV, c’est le désir de rédemption d’une saison cruelle pour Toulouse, pénible pour Paris, qui garantit un furieux enjeu à Chaban-Delmas.
Le Stade Toulousain, auteur d’une spectaculaire première moitié de saison, a laissé des plumes, puis des larmes, au printemps 2008, entre sa cavalerie décimée (Fritz, Poitrenaud, puis Clerc) et l’amer échec en finale d’une belle campagne européenne. Que Toulouse, boosté par un pack retrouvé, un Kelleher "import de l’année", ait réussi sa saison la plus achevée depuis longtemps dans son jeu, n’y fait rien. Le club aux 16 titres nationaux n’a plus gagné de trophée depuis 2005, plus de Bouclier depuis 2001. Une inacceptable éternité. "Cette année a été très longue et difficile", admet Fabien Pelous, retraité en Bleu, mais auteur à 34 ans d’une saison pleine de jus. "Maintenant, il faut aller chercher cette nouvelle finale. Ce serait dommage de sortir en demie alors qu’on a été assez performant sur l’ensemble de la saison".
Paris, champion en titre, ne peut en dire autant, tant son parcours, plombé très tôt par une infirmerie grouillante, a paru heurté, poussif. Manquant tour à tour de maîtrise, ou d’envergure, pour éviter notamment une élimination européenne avant les quarts. Mais Paris est là. Récupérant sur le tard son effectif (hormis Papé blessé gravement lundi au genou), un peu d’autorité et d’efficacité aussi.
Fin de la "génération Guazzini"
Et nourri toujours de cet affectif si marqué, qui voudra un bel adieu à l’entraîneur Fabien Galthié, quittant le banc après trois saisons (remplacé par Ewen McKenzie), et à Christophe Dominici qui raccroche. "Quand on aime les gens, on les aime à l’excès", méditait l’ailier de 35 ans à la veille de son dernier, ou avant-dernier match. "Et si je regarde le bilan de ces dix années, je n’ai pas la sensation que cet excès nous ait fragilisés".
Après Pichot, Auradou, James l’an passé, Dominici, De Villiers, Galthié cette saison: un cycle s’achève pour les acteurs d’une exceptionnelle décennie parisienne. Années folles, qu’un 6e titre, dix ans après le premier de l’ère Max Guazzini, ponctuerait... follement. Mais Paris pourra-t-il mobiliser au final ce qui lui manqua souvent cette saison? Et Toulouse saura-t-il raviver ce qui l’anima si longtemps?
Et un détail, une pénalité manquée, une inspiration d’Hernandez, d’Heymans, voire de Fillol viendra alors sceller le tout. Une certitude: furieuse et débridée comme en 2005 (23-18 pour Paris), ou âpre et haletante comme en 2006 (12-9 pour Toulouse), cette 4e demi-finale de la décennie (avantage Paris 3-1) entre deux grands se connaissant par c¦ur vaudra bien plus qu’une simple rediffusion.
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