Pour SFR, les antennes ne sont pas nocives
·L’opérateur met en avant des rapports de l’OMS. A Saint-Jean-de-Luz, les pourparlers se poursuivent
Alors que 150 "anti-antennes" ont manifesté à Bayonne samedi dernier, SFR défend ses installations. "Ces antennes ne sont pas dangereuses" insiste Jean-Yves Fernandez, responsable SFR de la région sud ouest. "Ce n’est pas nous qui le disons : ce sont des rapports tout ce qu’il y a de plus officiel". Parmi plusieurs études dont le JPB s’est procuré copie, celle de l’Organisation Mondiale de la Santé est la plus explicite : son aide-mémoire sur les champs électromagnétiques et la santé publique affirme que "les niveaux d’exposition aux radiofréquences des stations de base et des réseaux sans fil sont si bas (qu’ils n’ont) aucun effet sur la santé humaine". Même si l’étude ne peut qu’admettre l’existence de l’hypersensibilité électromagnétique et reconnaît les difficultés vécues par les personnes qui en souffrent.
Ecoles
"Nous avons des antennes sur les hôpitaux, pas à Bayonne mais à Pau ou à Bordeaux. Vous croyez que ces établissements accepteraient des antennes sur leurs toits si elles étaient dangereuses ?" demande Jean-Yves Fernandez. A Saint-Pierre-d’Irube, l’implantation d’une antenne à quelques mètres de l’école a fait jaser. "Je comprends qu’on ait peur pour ses enfants. Mais une antenne près de l’école, ce n’est pas dangereux. Je dirais même qu’il vaudrait mieux qu’elle soit plantée sur l’école, puisque les ondes n’émettent pas à la verticale" affirme-t-il. Le rapport de l’OMS constate tout de même que c’est bien à la source que les champs de radiofréquence ont une puissance maximale c’est d’ailleurs pour cela que l’accès à proximité de ces antennes est généralement restreint.
Paranoïa
Et comment expliquer l’inquiétude partagée aussi par les élus ? En 2001, des sénateurs avaient recommandé d’éloigner ces antennes, par mesure de précaution. En 2007, un groupe de parlementaires avait déposé un projet de loi, resté lettre morte, allant dans ce sens. L’OMS pointe du doigt "les annonces dans les médias relatant de nouvelles études scientifiques non confirmées et conduisant à un sentiment d’incertitude". En attendant que ces études soient confirmées, Acotz en alerte défend le principe de précaution. "Moi je ne suis pas un scientifique, je constate que personne n’arrive à prouver avec certitude que ce n’est pas dangereux. Le principe de précaution sert à ça" déclare Philippe Chrestien, membre de l’association qui brandit un rapport Bioinitiative certifiant les effets nocifs.Pour le responsable SFR sud ouest, c’est de la paranoïa. "On parle de cancer, on fait peur aux gens, et on exploite ça. Il faut savoir que l’antenne de la Rhune est plus puissante que l’ensemble de nos antennes sur tout le département*. Mais comme on ne va pas se passer de télévision, on ne dit rien". Il va même jusqu’à soupçonner les riverains de se servir du prétexte sanitaire à des fins plus vénales. "C’est sûr, une antenne à proximité, ça baisse la valeur d’une maison..." * Le rapport OMS indique que l’organisme humain "absorbe cinq fois plus de signaux de la FM et de la télévision que des stations de base". Acotz : le référé contre le maire est reporté de
deux semaines
L’association de riverains Acotz en alerte avait assigné en référé la mairie de Saint-Jean-de-Luz afin d’imposer une réunion contradictoire, avec des scientifiques, pour susciter un débat public. Le référé devait avoir lieu mercredi dernier, mais la procédure a été reportée de deux semaines, suite à la demande des avocats d’Orange et du maire, demande acceptée par Acotz en alerte. En attendant, l’association continue les pourparlers avec la ville. Dans les dix jours, une réunion aura lieu entre le maire, l’association et la société Olano, elle aussi réfractaire à l’installation. "Si cette réunion aboutit à ce que l’on cherche, à savoir le déplacement de l’antenne là où ce n’est pas dangereux, le référé n’aura plus lieu d’être" estime Philippe Chrestien, membre d’Acotz en alerte. Les riverains comptent également demander à Peyuco Duhart de signer un arrêté municipal afin de suspendre le chantier.
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